Un père de famille adultère accusé de viol risque le renvoi

JusticeUn homme d’origine portugaise aurait fait subir l’enfer à une femme rencontrée à la sortie d’un club à Nyon.

Le Tribunal d'arrondissement de La Côte doit faire toute la lumière sur une affaire de viol.

Le Tribunal d'arrondissement de La Côte doit faire toute la lumière sur une affaire de viol. Image: Alain Rouèche-Archives

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Pour un voisin, il s’agissait d’un bruit sinistre, d’un gémissement de douleur. Pour le trentenaire qui comparaissait lundi devant le Tribunal pénal de La Côte, à Nyon, il n’y a eu que des cris de plaisir. La plaignante, qui l’accuse de viol, estime avoir dit «stop» à son agresseur en des mots fermes, alors que celui-ci a entendu des encouragements. La Cour doit trancher entre deux versions diamétralement opposées et parsemées de part et d’autre de contradictions. Au terme de la journée d’audience, la défense plaidait pour l’acquittement et la libération du trentenaire, alors que le Ministère public requérait une peine de 5 ans de détention et une expulsion du pays.

Versions divergentes

L’affaire débute une nuit de janvier à la sortie d’un club à Nyon. Un père de famille qui doit se marier dans l’année propose à une noctambule allant dans la même direction de faire du chemin ensemble. La suite dépend de qui la raconte. Pour la plaignante, l’homme aurait réussi à entrer dans son immeuble et l’aurait poussée à l’intérieur de son appartement avant de lui arracher ses vêtements, de la violer et de la frapper. Durant son calvaire, elle aurait tenté de se réfugier dans les toilettes, mais le prévenu aurait subtilisé préalablement les clés pour l’en empêcher.

Pour celui qui est sur le banc des accusés, c’est la plaignante qui l’aurait invité à monter dans son appartement. Il reconnaît l’acte sexuel, qui aurait été consentant. «À aucun moment il n’y a eu forçage», insiste-t-il. Cet électricien pense que la plaignante lui en veut car en partant il lui aurait dit qu’ils ne se reverraient pas. Elle aurait aussi inventé l’agression car, en couple depuis dix-huit mois, elle aurait eu de la peine à avouer sa tromperie à son ami.

Couverte d’hématomes

Restent les hématomes sur le corps, les fesses, les bras et le visage de cette femme. La médecin légiste, qui l’a examinée quelques heures après les faits, a relevé des ecchymoses fraîches. Appelé comme expert, le Pr Tony Fracasso a témoigné à la barre, précisant que les lésions constatées et leur distribution laissaient à penser à une agression, mais que la probabilité que la victime se les soit elle-même infligées ne pouvait pas être exclue.

L’accusé a été arrêté trois semaines après les faits et il est en préventive depuis le 25 janvier. Il s’est présenté au tribunal entravé par des chaînes aux pieds. Et un bras en écharpe causé par une agression en prison. Celle-ci fait suite à une première agression qui s’est déroulée sous les douches après qu’un codétenu a appris pourquoi il était en prison.

L’homme possède un double visage. Celui d’un être fragile quand il parle de sa souffrance d’être éloigné de sa petite fille et de sa femme qu’il aime tant et qui lui a pardonné. Fragile aussi quand il évoque en sanglots l’agression sexuelle qu’il a subie à 16 ans. Mais il est aussi capable de s’énerver, s’en prenant à la procureure quand celle-ci lui pose des questions qui ne lui plaisent pas. «C’est vous qui me pourrissez…» lance-t-il à la magistrate avant d’être arrêté par son défenseur. Il possède aussi un casier judiciaire bien rempli, avec six condamnations en six ans pour des délits liés notamment aux stupéfiants et à la route.

Traumatisme durable

La nuit du début de l’année a marqué profondément la plaignante. Alors qu’elle était ouverte et souriante, elle est depuis sous antidépresseurs et cherche à regagner un peu des kilos qu’elle a perdus depuis. «Elle a peur de tout, souligne son compagnon. Elle est devenue claustrophobe et agoraphobe.» Elle a quitté son appartement où elle ne pouvait pas retourner sans accompagnant. Elle a aussi jeté tous les meubles lui rappelant la nuit où elle a croisé le chemin de celui qui voulait la raccompagner chez elle pour plus de sécurité.

Le jugement sera lu mercredi.

Créé: 14.10.2019, 21h49

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