Petite entreprise familiale, Chaillot Bouchons joue dans la cour des grands

VinFondée en 1902, la société fabrique désormais elle-même ses produits au Portugal et les traite à Saint-Prex.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une odeur persistante de liège embaume le béotien en visite chez Chaillot Bouchons, à Saint-Prex. Dans le vaste local de l’usine, des centaines de bouchons sautillent les uns après les autres dans de vastes bacs. Installée depuis dix ans dans la zone industrielle du Glapin, cette entreprise familiale fondée en 1902 a pour mission de contrôler, de nettoyer, de marquer et de traiter des dizaines de millions de petits cylindres chaque année. Son leitmotiv: limiter autant que possible le goût de bouchon.

Contrôler le processus
Pour combattre les caprices du liège – dont une molécule provoque ce fameux goût désagréable – l’usine a récemment passé la vitesse supérieure. «Nous souhaitions contrôler la production depuis le début du processus afin de garantir la qualité de nos produits, relève Vanessa Druz, directrice adjointe de Chaillot Bouchons et fille du patron, Marc-Antoine Druz. Nous avons donc créé une société à Porto, où nous confectionnons les bouchons à partir de plaques de liège venues du sud du Portugal.»

Depuis juin dernier, les bouchons estampillés Chaillot sont donc confectionnés en deux temps. Au Portugal, les employés percent le liège à l’aide de tubeuses pour en extraire des obturateurs bruts de taille, de toutes dimensions. Ces produits sont ensuite acheminés par camion sur le site de Saint-Prex et séparés en lots de 50 000 bouchons. Ceux-ci sont alors méticuleusement passés au crible, en partenariat avec la HES-SO du Valais. Des spécialistes scrutent le liège à l’affût de la molécule responsable du goût de bouchon (TCA), qui risque de gâcher les arômes du nectar.

«Si l’un des lots présente un taux supérieur à la valeur acceptable selon la norme fixée par la charte des bouchonniers-liégeurs, nous l’éliminons», indique la directrice ajointe. Toutefois, malgré ces vérifications soigneuses, entre 2% et 5% des bouteilles de vins sont souillées par le goût de bouchon, comme le confirme Gilles Cornut, président de la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV).

Après avoir passé ce contrôle, les rescapés passent par toutes sortes d’étranges machines avant de terminer leur parcours dans un goulot de bouteille en verre. Première étape: le lavage. Une solution aqueuse alimentaire pose un léger filtre sur le bouchon, permettant ainsi d’éviter les remontées de liquide dans le liège. Propres comme des sous neufs, les obturateurs sont ensuite marqués – à l’encre alimentaire, au feu ou encore au laser. Enfin, une dernière étape habille le liège d’une couche de paraffine et de silicone afin que le bouchon se glisse aisément dans la bouteille, avant de faire «plop» au moment du débouchage précédant la dégustation du nectar. «Lorsqu’on ouvre une bouteille de vin, on ne se rend pas compte de tout le travail qu’il y a derrière le bouchon!» sourit Vanessa Druz en guise de conclusion.

Créé: 10.01.2015, 14h40

Un verre de vin sans goût de bouchon

Vignerons et viticulteurs n’ont qu’une seule hantise: que le nectar qu’ils préparent soigneusement pendant dix-huit mois au moins ne soit souillé par un infâme goût de bouchon. «En Suisse, environ 2% à 5% des bouteilles présentent ce problème», relève Gilles Cornut, président de la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV) et directeur technique d’Uvavins. Une solution novatrice pourrait permettre aux amoureux de la vigne de dormir sur leurs deux oreilles à l’avenir. Le bouchon «diam», fabriqué à partir de poussière de liège assemblé, est garanti 100% sans goût de… bouchon et n’est pas plus onéreux. «Il s’agit d’un procédé de haute technologie», résume Vanessa Druz, directrice adjointe de Chaillot Bouchons, précisant que l’entreprise saint-preyarde est distributrice de ce produit pour la Suisse. Le bouchon en liège simple ne disparaîtra pas pour autant. Question d’attachement aux traditions. Quant aux produits en plastique, ils sont certes moins coûteux mais peu prisés pour les vins moyen et haut de gamme.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.