Des pianos essaiment à Nyon pour tisser des liens

MusiqueCinq instruments ont été installés aux quatre coins de Nyon, invitant les badauds à entraîner leurs gammes. Une première vaudoise

Cinq pianos d'occasion ont été installés à Nyon, invitant les passants à jouer un morceau.

Cinq pianos d'occasion ont été installés à Nyon, invitant les passants à jouer un morceau. Image: VANESSA CARDOSO

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Cinq pianos sont mystérieusement apparus aux quatre coins de Nyon, samedi. Intrigués, les passants les scrutent, touchent les notes, s’assoient, jouent un petit air ou un morceau grandiloquent.

Des badauds s’arrêtent, écoutent, s’assoient et jouent à leur tour. Naît un moment festif, où règne la convivialité. Quinze jours durant, la ville battra au rythme de ce projet musical éphémère baptisé «Jouez, je suis à vous», qui débarque pour la première fois en terre vaudoise.

Regard nouveau sur la ville

L’idée? Inviter la population à prendre possession de l’espace public à travers la musique, engendrer un regard nouveau sur la ville. Nul besoin de s’appeler Rubinstein, «Jouez, je suis à vous» vise avant tout à créer une émulation populaire autour de l’instrument.

Né en Angleterre, ce projet artistique a conquis le canton de Genève il y a cinq ans, à l’instigation de Happy City Lab (lire ci-contre). «Des banquiers et des Roms ont fait des jam-sessions ensemble», raconte Dan Acher, fondateur de l’association. Cette année, soixante pianos ont été disséminés entre les cantons de Genève, la France voisine et Nyon.

Dans la localité vaudoise, les cinq instruments d’occasion, installés au nord de la gare, à la place du Midi, sur l’esplanade du Château, à la place du Molard et dans le parc de la Villa Niedermeyer, attendent leurs pianistes tous les jours de 9 h à 21 h.

«Nous avons engagé des coursiers pour les bâcher le soir. Et, lorsqu’il pleut, nous comptons sur la population pour les recouvrir», explique le fondateur de Happy City Lab.

«Lorsque Dan Acher m’a contacté, je me suis dit qu’il fallait que la Ville accueille ce projet, s’enthousiasme Olivier Mayor, municipal de la Culture. Il faut que la musique se diffuse dans l’espace public, pas uniquement dans les salles guindées.» Seul bémol, la Ville ne pouvait pas se permettre de débourser les 18 000 francs nécessaires à la réalisation du projet.

La Fondation pour les Arts et la Culture (FAC) a donc pris le relais, via une récolte de fonds. Après Nyon, «Jouez, je suis à vous» pourrait essaimer dans d’autres villes vaudoises. C’est du moins ce que souhaite Dan Acher: «Pour les prochain es éditions, nous visons Lausanne et Montreux.»

«Jouez, je suis à vous» Nyon, jusqu’au 21 juin 2015 jouezjesuisavous.com

(24 heures)

Créé: 08.06.2015, 18h07

Dans le monde entier

L’idée d’installer des pianos d’occasion dans l’espace public a germé dans l’esprit de l’artiste britannique Luke Jerram. De fil en aiguille, le phénomène «Play Me I’m Yours», né à Bristol, a connu un essor mondial.

Depuis 2008, des pianos fleurissent dans les rues, les parcs, les gares, sur les marchés ou encore les ponts, aux quatre coins du globe.

En Suisse, les pianos en ville sont apparus en juin 2011 à Genève à l’initiative de Happy City Lab. Vingt claviers ont alors essaimé dans la Cité de Calvin. Les années suivantes, le projet «Jouez, je suis à vous» s’est étendu à l’ensemble du canton et à la France voisine (Ain et Haute-Savoie).

L’an dernier, ce ne sont pas moins de 45 pianos qui ont été installés en plein air – 60 cette année. A l’issue de la manifestation, les instruments sont stockés, certains sont donnés.

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