La piscine-patinoire de Coppet gelée par les normes antibruit

Installations sportivesAttendu depuis huit ans, ce projet scolaire et public est miné par recours et mises en conformité.

Des voisins craignent le bruit des cannes de hockey, dans la future patinoire de Coppet.

Des voisins craignent le bruit des cannes de hockey, dans la future patinoire de Coppet. Image: LDD

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Il y a treize ans, Coppet était la première Commune de La Côte à installer une patinoire saisonnière dans le parc du château. Le succès fut tel que ses élus songèrent bientôt à en construire une fixe dans le cadre de l’extension des installations sportives du Collège de Terre Sainte, à Coppet. C’était en 2011.

L’idée était de construire à côté de l’école des Rojalets une piscine couverte de 25 mètres, qui manque cruellement aux écoliers de la région, et une patinoire couverte semi-enterrée de 800 m2 de glace, avec un petit pavillon pour l’accueil et la cafétéria. Les neuf Communes de Terre Sainte réunies au sein de l’Arsco, association propriétaire des bâtiments des écoles secondaires, avaient adhéré à ce beau projet scolaire et public. Mais aujourd’hui elles s’impatientent, car oppositions et recours bloquent toujours cette réalisation devisée à près de 20 millions de francs.

En 2014, tous les services de l’État avaient pourtant donné leur feu vert au projet. L’année suivante, la Municipalité levait les oppositions à l’enquête publique, mais des voisins, craignant le bruit occasionné par l’exploitation de ces installations, ont fait recours au Tribunal cantonal. Ils réclamaient des restrictions dans les horaires d’exploitation, une étude acoustique plus fouillée que celle produite par les autorités ainsi qu’une étude sur la mobilité et la qualité de l’air.

«Les études ont montré que les bâtiments projetés remplissaient les critères de la loi sur le bruit, mais que les terrains extérieurs connaissaient des dépassements de valeurs dans certaines plages horaires»

En 2016, la Cour de droit administratif et public estimait que le projet était conforme à la zone d’utilité publique, mais qu’il fallait réaliser une étude acoustique sur l’ensemble du site, qui englobe le centre sportif et scolaire existant, soit deux terrains de football, utilisés le soir notamment par le FC Terre Sainte, et un terrain en dur pour le basket. L’Arsco a donc retravaillé son projet et établi un règlement d’utilisation, avant de remettre les plans à l’enquête publique en 2017. Cette dernière a de nouveau suscité des oppositions. «Les études ont montré que les bâtiments projetés remplissaient les critères de la loi sur le bruit, mais que les terrains extérieurs connaissaient effectivement des dépassements de valeurs dans certaines plages horaires vers le chemin des Sports», relève François Keller, nouveau municipal de Coppet, qui a hérité du dossier il y a un peu plus d’une année.

Dans ce contexte, une nouvelle synthèse des services de l’État a conduit à des restrictions d’utilisation sur l’ensemble du site. «Elle limitait l’utilisation de la piscine jusqu’à 20 heures au lieu de 22 heures, sauf en cas de manifestations occasionnelles, refusait une utilisation publique le matin de 6 à 8 heures, interdisait le hockey sur la patinoire le dimanche, etc.», explique le municipal. Pour Jean-Claude Trotti, président d’Arsco, il n’était pas envisageable de restreindre à ce point l’utilisation d’un projet tant attendu par les écoles et la population à cause de terrains annexes aménagés il y a plus de vingt-cinq ans.

Éviter le mur antibruit

L’association a fait recours, comme la Commune de Coppet. Le Canton ayant finalement accepté d’assouplir les horaires, l’Arsco a retiré son recours en décembre dernier. Les installations pourront être utilisées jusqu’à 22 heures la semaine et jusqu’à 20 heures le dimanche, avec une vingtaine d’événements en soirée par année. Mais Coppet a maintenu le sien, car demeure le problème de bruit de la zone goudronnée du centre sportif. «Pour l’assainir totalement, il faudrait construire un mur de 6 mètres de haut et de 120 mètres de long au bord du chemin des Sports! Une mesure totalement disproportionnée, ce que la législation reconnaît», relève François Keller. Un allégement des valeurs limites de planification d’installations bruyantes peut être demandé s’il correspond à un intérêt public prépondérant et que des mesures sont prises. Si l’État entre en matière, la Municipalité pourrait soumettre cette demande à l’enquête publique. Et motiver de nouvelles oppositions… (24 heures)

Créé: 10.02.2019, 17h12

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