Les politiciens du terroir tiennent aussi la vedette sur les planches

La CôteLa saison des pièces de théâtre a repris à Lonay et Denens. André Bugnon et plusieurs élus y jouent les têtes d'affiche.

Alors que l’ancien président du Conseil national André Bugnon (au centre) fait ses débuts au Théâtre à Lonay dans une pièce de Feydeau (photo de g.), l’ex-municipal de Ballens Jan Kocher joue un faux maire face au «vrai» syndic de Denens Bernard Perey, avec la troupe des Hurluberlus de Denens (photo de dr.). Image: PHOTOGRAPHISME.CH/JDM

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A l’image de Bernard Tapie, ministre puis comédien à succès, l’ancien syndic de Saint-Prex et président du Conseil national, André Bugnon, a fait ses grands débuts vendredi soir à Lonay, à la Maison des Pressoirs. «J’ai cette envie depuis l’école, mais la vie m’a jusqu’ici occupé ailleurs», explique celui qui fut l’un des ténors de l’UDC romande et qui joue le rôle d’un maire… socialiste à l’accent très vaudois dans une pièce de Feydeau. «J’ai toujours gardé cette idée dans un coin de ma tête pour la retraite et l’occasion s’est présentée assez vite avec la proposition de la troupe des Branle-Cloches cet automne.»

Mais André Bugnon ne joue pas les stars capricieuses, puisqu’il mouille sa chemise pour faire la promotion des soirées quand il ne doit pas se débrouiller pour dénicher son costume, comme tous les autres acteurs. «C’est un vrai travail d’équipe, et s’il y a certes le mot amateur dans cette aventure, chacun fait le maximum pour que la mayonnaise prenne.»

L’humour à l’intérieur

Tout au long de sa carrière politique, André Bugnon était repérable à son accent et à son sérieux, loin de passer pour le rigolo de service. «Avec mon père lourdement handicapé et des responsabilités venues très tôt sur le domaine agricole familial, j’ai développé un caractère un peu grave qui m’est resté. Mais il y a toujours eu de l’humour en dedans et je suis très heureux de pouvoir l’exprimer et le partager désormais.»

Si la pièce d’André Bugnon – qui tient sincèrement à relever les mérites de toute la troupe – se joue jusqu’au 4 novembre, elle entre dans une concurrence bien amicale avec celle des Hurluberlus de Denens, qui cartonnent depuis quelques années.

«Devant le Conseil général, on ne joue jamais un rôle mais, sur scène, on peut se lâcher et cela donne une certaine convivialité avec les villageois» Bernard Perey

Il faut dire que, là aussi, deux têtes bien connues des assemblées intercommunales se disputent la vedette. Jan Kocher, un ancien municipal de Ballens, est généralement irrésistible avec sa voix de ténor alors que le syndic du village, Bernard Perey, crève l’écran sous la direction de La Castou, la comédienne qui mène son monde d’une main de fer dans un gant… de fer! «Quand on a su que La Castou s’était installée à Denens, mon collègue Philippe Hugli a proposé de monter une pièce avec elle. Ça a été Le destin de Jean-Louis, et ça a bien modifié le nôtre», résume le syndic vigneron.

Car tout le monde s’est depuis pris au jeu, sacrifiant soirées et dimanches pour être à la hauteur d’une réputation qui a fait le tour du district de Morges. «Les six dates ont affiché complet si rapidement qu’il a fallu prévoir une supplémentaire le 2 novembre. C’est à la fois grisant, mais ça donne aussi la trouille», sourit Bernard Perey. «Cette année, pour On choisit pas sa famille, j’ai dit que je voulais un petit rôle, et finalement il y a quand même pas mal de texte à apprendre. Juste avant que le rideau ne se lève, je me demande encore à chaque fois pourquoi je me suis lancé dans une telle galère. Mais dès qu’on entend les rires du public, on ne peut plus s’empêcher d’y retourner!»

Distinguer les deux rôles

Si André Bugnon reconnaît quelques similitudes entre le politicien qui s’exprime pour convaincre et l’acteur, Bernard Perey distingue clairement les deux choses. «Face au Conseil, on ne joue pas un rôle. Il faut au contraire rester soi-même pour expliquer des faits. En revanche, dans le rapport avec les citoyens, ceux qui ne me connaissaient que comme un syndic sérieux m’ont peut-être découvert sous un autre angle. Ça amène de la convivialité et ça permet même parfois d’arrondir les angles!»

Et quand les politiciens ne sont pas sur scène, c’est la politique qui s’y invite: le chœur mixte de Bussy-Chardonney – un haut lieu de l’humour – a choisi la fusion des six communes au programme de ses soirées de novembre. Puis viendront celles de Vufflens-le-Château, avec à la mise en scène la députée Laurence Cretegny.

Créé: 28.10.2017, 12h32

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