La culture morgienne sur le gril

SubventionsMercredi au Conseil , la politique culturelle 2016-2020 avait passé la rampe… avant qu’un élu ne sollicite un nouveau débat.

La Ville de Morges soutient de nombreuses institutions et manifestations culturelles, comme le Livre sur le quais.

La Ville de Morges soutient de nombreuses institutions et manifestations culturelles, comme le Livre sur le quais. Image: ALAIN ROUÈCHE - A

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Conseil communal de Morges est chatouilleux lorsque l’octroi de subventions culturelles revient sur le devant de la scène. Alors que l’augmentation du coup de pouce financier au Livre sur les Quais avait provoqué de vifs débats au sein du délibérant il y a deux ans, la nouvelle politique culturelle fignolée par la Municipalité pour les cinq ans à venir a suscité moult discussions, mercredi soir.

Rapport de minorité

C’est que la commission chargée d’étudier le préavis n’a pas réussi à accorder ses violons: un rapport de majorité conseillait de valider le texte – en émettant néanmoins un vœu –, tandis qu’un rapport de minorité exhortait à le rejeter. A la clé, 173'000 francs de subventions annuelles supplémentaires.

Au terme d’une heure de débat où les arguments ont fusé comme autant de répliques, le document a été approuvé. Puis, coup de théâtre. A peine le résultat annoncé, Baptiste Müller, président du groupe PLR au Conseil, a sollicité un second débat. Une requête approuvée par la majorité de l’assemblée. Conséquence: un nouveau vote aura lieu lors de la prochaine séance. Retour sur une soirée riche en suspense.

Le nœud du problème

Au cœur des débats? Le rôle de la Commission consultative des affaires culturelles (CCAC). Composée de représentants des institutions subventionnées, ne présente-t-elle pas un risque de conflits d’intérêts? s’interrogent les signataires du rapport de minorité. Ces derniers souhaitent en effet que les groupes politiques intègrent cette commission (lire ci-contre) et que sa mission ne se concentre plus uniquement sur les subventions extraordinaires. Un avis que partagent d’ailleurs les signataires du rapport de majorité et émis dans son vœu. «Mais de là à renvoyer tout le paquet à la Municipalité, il ne faut pas pousser!» réagissait le Vert Philippe Beck.

Alors que Jean-Hugues Busslinger (PLR), rapporteur de la minorité, étayait ses arguments, Vincent Jaques a sorti un atout de sa manche. «Nous avons décidé lundi, en séance de Municipalité, d’intégrer les partis à la CCAC», a annoncé le syndic, fier de son effet.

Le motionnaire voulait l'équité

Mais les griefs soulevés par le rapport de minorité ne s’arrêtent pas là. Pour ses membres, il est nécessaire d’établir des critères précis quant à l’octroi des subventions. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’allait la motion déposée en 2014 par Richard Bouvier, qui a mené la Municipalité à rédiger ce préavis. «Lorsque j’ai rédigé cette motion, mon souci principal était l’équité, a souligné l’élu PLR. Là, on ne fait pas de pas concret en ce sens.»

Du tac au tac, Vincent Jaques a repris la parole: «Une clé de répartition, c’est une notion mathématique qui est impossible à dupliquer dans le milieu de la culture, d’autant plus que le paysage évolue sans cesse!» Malgré tout, l’Exécutif a fait un pas en rédigeant une série de directives, à la demande de la commission. Le syndic a alors sorti une nouvelle carte de sa manche: «Nous avons adopté ces directives en séance de Municipalité!»

Hausse des subventions

Ces deux points réglés, reste le nerf de la guerre. Car le préavis propose une hausse des subventions de l’ordre de 3%. «J’ai le sentiment que ma motion a servi d’alibi pour augmenter ces subventions», a tonné Richard Bouvier. «On ne peut pas dire que les finances communales sont mauvaises. Ici, on parle de soutenir l’accès à la culture, c’est essentiel», a rétorqué le POP Jean-Bernard Thuler.

Au terme de ces vifs échanges, les arguments municipaux ont réussi à convaincre une majorité des élus mais ont remis en évidence l’éternel clivage gauche-droite. Alors que la droite a massivement rejeté le texte, Batiste Müller, arguant que «la Municipalité a apporté des éléments nouveaux», a demandé la tenue d’un second débat, en juin. Retour à la case départ.

Créé: 12.05.2016, 17h28

Dialogue avec les partis

La commission consultative des affaires culturelles (CCAC), composée de représentants des institutions, s’est retrouvée au cœur des débats. La commission chargée d'étudier le préavis estime en effet que les groupes politiques devraient l’intégrer. Lundi, la Municipalité décidait d’accéder à cette requête.

Mais qu’en pensent les acteurs concernés? Yvan Schwab, conservateur du Musée Forel, livre son sentiment: «Cela nous permettrait d’établir un dialogue entre les partis et les acteurs culturels. En revanche, il ne faut pas que la CCAC devienne un terrain de lutte politique.» Un avis que ne partage pas la conservatrice de la Maison du dessin de presse. Citée dans le rapport de majorité, Charlotte Contesse affirme que la commission «tient sa force et son efficacité du fait qu’elle est exclusivement composée de personnes connaissant bien le fonctionnement des institutions culturelles».

Articles en relation

Morges veut étoffer ses coups de pouce culturels

Finances La Ville entend octroyer 173 000 francs de subventions annuelles en plus dans le cadre de sa politique culturelle 2016-2020. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.