La politique sociale de Morges passe de la théorie à la pratique

CommunautéLa commune veut sortir de ses murs et aller à la rencontre des habitants en développant des prestations dans les quartiers.

Abdelrahman Abu El Hassan est le nouveau visage de la politique de cohésion sociale morgienne.

Abdelrahman Abu El Hassan est le nouveau visage de la politique de cohésion sociale morgienne. Image: Alexandre Grieu

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«La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres.» Ce principe, que l’on peut lire en préambule de la Constitution fédérale, la Municipalité morgienne y est particulièrement attachée. C’est pourquoi elle a souhaité, l’année dernière, mettre sur papier une politique de cohésion sociale. Texte qui lui faisait défaut jusque-là. Soutien aux familles, intégration sociale, prévention de la santé et vivre ensemble sont les quatre domaines autour desquels s’articule la stratégie, approuvée en avril par le Conseil communal.

«Chaque axe comprend plusieurs objectifs tels que l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, le soutien aux proches aidants ou encore la promotion de l’implication des habitants, détaille la municipale en charge du dossier, Sylvie Podio. A l’heure où Morges fait face à son développement et aux défis sociétaux qui l’attendent, l’Exécutif souhaite maintenir une bonne cohésion sociale dans la ville.»

Nouveau délégué

Pour ce faire, la Commune a notamment engagé un délégué en la personne d’Abdelrahman Abu El Hassan. Sa priorité: encourager des activités sur le terrain. «Nous devons faire preuve d’ouverture. Sortir des murs de l’administration afin d’aller à la rencontre des gens», estime-t-il. Evoquée au départ, la possibilité de créer des maisons de quartier ouvertes à toutes les générations – avec la délocalisation des prestations sociales – a rapidement été abandonnée. La Municipalité s’est notamment montrée réticente à l’idée de «réaliser plusieurs infrastructures dédiées exclusivement à ce type d’activités».

A la place, la Ville a opté pour l’utilisation, comme «centre névralgique», de Couvaloup 12, l’espace dont elle a repris à sa charge les activités et qui accueille en ses murs la jeunesse du district depuis 1980. En parallèle, elle compte développer l’offre dans les quartiers de manière ambulatoire en profitant d’infrastructures existantes comme les places de jeux, bas d’immeubles ou terrains multisports.

L’ouverture de salles de gymnastique pour les jeunes les soirs de week-end est également envisagée. Une initiative qu’avait déjà mise sur le tapis le conseiller communal Pierre Marc Burnand au sein de sa motion «Pour des samedis soir athlétiques plutôt qu’éthyliques». «Les adolescents n’ont pas vraiment de lieu où se retrouver en soirée, observe Abdelrahman Abu El Hassan. Certains sortent à Lausanne et d’autres traînent dans la rue par ennui. Leur trouver un endroit est primordial. Ils sont d’ailleurs demandeurs.»

Dénicher un espace destiné à la réception des nouveaux habitants de la commune fait aussi partie des objectifs du délégué à la cohésion sociale: «Nous organisons bien sûr une soirée qui leur est consacrée. Mais nous n’avons pas un lieu d’accueil permanent autre que les guichets de l’administration. Ouvrir une telle structure est actuellement discuté dans le cadre d’un groupe de travail de la Commission d’intégration Suisses-Etrangers. Elle serait destinée aux migrants prioritairement, mais pourrait être accessible à toute personne désirant recevoir des informations.»

Pour les aînés aussi

Les aînés ne sont pas non plus oubliés par la Commune. «Nous avons déjà mis en place un projet intergénérationnel en partenariat avec Pro Senectute Vaud», dévoile Mama Anne Sarr, cheffe du Service cohésion sociale et logement. Chaque premier lundi du mois, les retraités sont invités à passer un moment avec des enfants âgés de 7 à 10 ans, à la cantine scolaire de Beausobre.

Même si la Commune a décidé de redéfinir largement sa politique de cohésion sociale, tout n’est pas à inventer. Comme révélé par une étude, les prestations existantes à Morges sont «nombreuses, tant à l’attention des jeunes que des seniors, voire des adultes en général». «Elles sont cependant lacunaires et peu coordonnées, relève Abdelrahman Abu El Hassan. La population n’est parfois pas au courant des différentes offres. Nous devons donc améliorer la collaboration avec les acteurs et les partenaires sociaux ainsi que notre communication.»

(24 heures)

Créé: 11.10.2017, 19h22

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