A la Pomme d'Or comme à la maison

ApplesÀ la (re)découverte des bistrots emblématiques de notre canton. Après une longue parenthèse chinoise, le restaurant a retrouvé son âme de village.

Antonio et Maria Pereira ont redonné des couleurs à la Pomme d'Or grâce à un sens de l'accueil de tous les instants.

Antonio et Maria Pereira ont redonné des couleurs à la Pomme d'Or grâce à un sens de l'accueil de tous les instants. Image: Odile Meylan

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Qu’on soit habitant d’Apples ou simplement de passage, on peut difficilement manquer l’Auberge de la Pomme d’Or. Avec sa belle façade aux volets verts, sa terrasse ombragée et son coquet balcon fleuri surmonté d’un toit en bois, l’établissement situé au cœur du village éveille la curiosité et incite à la découverte. Là, à l’heure où sonnent les douze coups de midi, les tables du bistrot se remplissent petit à petit par des ouvriers du coin, des habitués et des novices venus commander le plat du jour, tandis qu’affluent les écoliers en quête d’une pizza à emporter. Et c’est dans une salle comble que les serveuses se fraient un passage, chargées d’assiettes généreusement remplies.

À la tête de ce lieu depuis 2016, on trouve António et Maria Pereira, qui ont su conserver l’âme traditionnelle de ce bistrot vaudois tout en y apportant une touche de leur pays d’origine, le Portugal. Ainsi, au menu, les mets de la région ou la fondue côtoient volontiers les spécialités de fruits de mer, le bacalhau ou les poissons grillés. C’est avec l’aide de son chef de cuisine, Fabien, qu’António Pereira renouvelle régulièrement sa carte, en s’adaptant aux envies et aux saisons. «Je suis libre de proposer ce que je veux, se réjouit Fabien. La carte est élaborée et équilibrée, tandis que le plat du jour a conservé un prix très avantageux. On utilise essentiellement des produits frais et très peu de surgelés.»

À la Pomme d’Or depuis bientôt une année, le chef a rapidement trouvé sa place au sein de cette petite équipe de cinq personnes qui s’appliquent à faire tourner les lieux. Selon Fabien, pas besoin de chercher très loin la raison du succès de l’endroit. «Les gens viennent ici pour António», affirme-t-il en souriant, tandis que son patron peine à accepter le compliment. «C’est un coin calme; j’aime être à la campagne, répond celui-ci avec simplicité. Les gens me connaissent et je m’entends bien avec tout le monde.»

Cette vie de bistrotier, António est tombé dedans il y a longtemps. Nombreux sont ceux qui se souviennent de l’époque où il tenait le Fruit Bar, à Étoy, lieu incontournable pour la communauté portugaise, fermé en 2009, comme l’affirme Luca Barbi, un habitant de Vufflens-le-Château. «Je le connais de cette époque; c’est beau qu’il soit arrivé ici, raconte cet ancien chauffeur, fin connaisseur et amateur de bistrots traditionnels. Les pintes de village ont tendance à disparaître et peu de gens essaient de faire revivre ces endroits comme à l’époque. Mais j’ai l’impression que la jeune génération revient peu à peu à la terre et se réconcilie avec cette simplicité.»

«Les membres de la jeunesse sont tout le temps fourrés ici, ils ont même relancé la cagnotte»

Entre son restaurant, les buffets servis pour des événements spéciaux et les cinq chambres d’hôtes que lui et sa femme tiennent à l’étage, António Pereira ne compte pas ses heures de travail. Et s’il affirme se reposer le mardi, son seul jour de fermeture, on a du mal à le croire. Mais bien loin de s’en plaindre, ce bosseur dans l’âme tient la baraque toute l’année et rend vivant ce lieu historique, avec la générosité qui le caractérise. Il a notamment relancé la cagnotte, avec l’aide de la Jeunesse d’Apples. «C’est surtout eux qui s’occupent de ça, indique-t-il. Ils sont tout le temps fourrés ici et s’y sentent à la maison; ça leur arrive même de se servir seuls des bières à l’étage.»

Au bar, à l’heure de l’apéro, on retrouve ceux qui ont été séduits il y a longtemps par cette ambiance familiale et sans prétention, comme Ganael Gómez, dit «Gana», qu’António pointe du doigt en affirmant qu’il est «le pire client». «C’est devenu rare de trouver une telle ambiance dans une auberge de village. António est proche des gens et capable de beaucoup de choses. Après, tout le monde n’adhère pas; certains viennent une fois, se reçoivent une tarte à la chantilly sur la tête pour leur anniversaire et on ne les revoit pas, s’amuse-t-il. Ce côté surprenant, c’est un plus.» Entendant l’anecdote, António rigole et rappelle que la monnaie de sa pièce lui a été bien rendue. «Le jour de mon anniversaire, je me suis fait entarter par tous ceux que j’avais entartés.»

Créé: 19.01.2020, 10h55

Le lieu



Hôtel-restaurant de la Pomme d’Or
Rue d'En Haut 32
1143 Apples
Tél:021/800-32-35

restaurant-lapommedor.ch

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