La présidente de l’Usine à Gaz répond aux critiques

NyonMonique Chevallay Piguet, à la tête de l’association qui gère la salle de spectacle, défend la gestion du lieu culturel. Interview.

Présidente de l’Association de l’Usine à Gaz de Nyon, Monique Chevallay Piguet est confiante en l’avenir.

Présidente de l’Association de l’Usine à Gaz de Nyon, Monique Chevallay Piguet est confiante en l’avenir. Image: Vanessa Cardoso

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Elle préside l’Association de l’Usine à Gaz depuis cinq ans. Monique Chevallay Piguet y travaille en coulisses, comme bénévole, depuis plus de treize ans. Alors que le Conseil communal tarde à se prononcer sur un crédit de 16 millions de francs pour construire une deuxième salle de spectacle et des bureaux, qu’une interpellation demande à la Ville de remettre au concours la gestion des lieux, nous avons voulu savoir ce qu’elle répond à ces défis et critiques.

L’interpellatrice Roxane Faraut Linarès estime que le futur centre culturel mérite une nouvelle gouvernance. Cela vous choque?
Demander la mise au concours de l’exploitation de l’Usine, c’est une remise en cause très sévère de notre association, qui avait été, je le rappelle, créée à la demande de la Municipalité de l’époque. C’est même insultant, car on ne trouve pas partout les compétences que nous mettons à disposition de la Ville de Nyon.

Mais certains pensent qu’il faudrait redynamiser l’association.
Elle n’a pourtant cessé de s’adapter à l’évolution du monde culturel. Au début, il y avait des bénévoles et un comité qui assumait l’organisation des spectacles. Il y avait peu de soirées. Elle s’est professionnalisée au fil du temps. Son directeur, Pierre-Yves Schmidt, a su donner sa place à l’Usine, alors que l’offre et le nombre de salles se multipliaient en Suisse romande. Aujourd’hui, on en est à 65-70 soirées par année. Il est vrai qu’avec les subventions – on gère un lieu communal –, l’Usine s’est institutionnalisée et a quitté le côté alternatif des débuts, ce que d’aucuns regrettent. Mais on a eu à cœur, en vingt ans, de professionnaliser son exploitation, d’améliorer les conditions de travail pour le personnel fixe (4,5 EPT), de devenir un lieu de formation pour des stagiaires et de résidence pour des artistes.

Qui sont ses membres?
Nous sommes 120 membres actifs et cotisants, dont une quarantaine très engagés dans le bénévolat, sans compter des membres de soutien. Un nombre stable, mais avec du renouvellement (25 nouveaux l’an dernier pour une quinzaine de départs). Et nous avons trois jeunes trentenaires au comité.

L’association fait ce qu’elle veut, comme elle veut?
Nous sommes liés à la Ville par convention. Il y en a eu trois. La première, il y a vingt ans, était très basique. La troisième, en 2013, marquait l’entrée de la Région dans le financement de l’Usine. Avec le directeur, Pierre-Yves Schmidt, je rencontre très régulièrement le municipal et la cheffe du Service de la culture.

L’Usine propose un programme très éclectique. On vous l’impose?
Non, c’est la ligne artistique voulue par notre directeur, pour cette salle unique dans la ville, que de s’adresser à différents publics. C’est une richesse, mais c’est aussi contraignant. Tout ce que nous impose la politique culturelle régionale, c’est le professionnalisme, la prise de risque, le soutien à la création.

Dans sa réponse à l’interpellation, la Municipalité réitère sa pleine confiance à votre association.
C’est très satisfaisant, car ce soutien très franc de la Ville témoigne du travail qu’on fait avec elle depuis des années.

Mais elle imposera une nouvelle convention et un cahier des charges précis à atteindre.
Nous n’avons pas attendu l’interpellation pour y réfléchir. On y travaille déjà avec le comité de l’Usine, la Ville et la Région. On a présenté un budget additionnel il y a deux ans déjà, car il faudra du personnel supplémentaire pour gérer deux scènes, sur le plan technique comme pour la communication, et éventuellement un adjoint au directeur pour gérer deux salles.

Certains disent qu’il faudrait du sang neuf pour faire évoluer la programmation.
Avant les débats sur la construction d’une deuxième salle, on n’avait jamais de critiques! Maintenant, chacun y va de son commentaire. Roxane Faraut Linarès, par exemple, trouve nul qu’on fasse des spectacles d’humour, qui sont pourtant de qualité. Mais l’essentiel des reproches porte sur les musiques actuelles, le peu de dynamisme pour aller chercher des découvertes. On peut certainement faire mieux, mais on ne peut être pointu sur toute la ligne. L’extension de l’Usine permettra justement d’amener des spectacles de théâtre de plus d’envergure dans une salle assise confortable, de 229 places au lieu de 160, et de développer l’ancienne salle pour les musiques actuelles, avec des concerts debout. Notre idée est d’y enlever les gradins pour avoir une plus grande capacité d’accueil. Quant au sang neuf, on ne peut que constater le bon travail accompli par notre directeur. Je ne vois pas en quoi un zapping tiendrait face à l’expérience d’un professionnel rodé. Et du sang neuf, on en a mis chaque année dans l’Usine.

Créé: 07.12.2015, 07h50

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