Privé de vache, un boucher fait le buzz

NyonAlexandre Bailly avait installé une statue de vache devant sa boucherie nyonnaise. Il a dû l’enlever.

Le chevalet étant autorisé, c’est sur ce dernier qu’Alexandre Bailly a expliqué l’absence de sa vache.?

Le chevalet étant autorisé, c’est sur ce dernier qu’Alexandre Bailly a expliqué l’absence de sa vache.? Image: Gilles Biéler

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Sur Facebook la mauvaise humeur est vive. Derrière son étal, Alexandre Bailly sourit, lui, de la tournure prise par son «affaire». Début novembre, il posait une vache en plastique grandeur nature devant sa boucherie, rue de la Gare à Nyon. Mais jeudi dernier, la police venait exiger qu’il l’enlève. «Ils m’ont expliqué que cette installation ne respectait pas le règlement communal», explique le commerçant.

«Ce règlement date de 1966, iL est dépassé, admet le commandant de la police de Nyon Région Olivier Rochat. Il n’autorise que les chevalets, pour autant qu’il y ait eu une demande d’autorisation.» Comme le boucher n’avait rien demandé et qu’une vache n’est pas un chevalet, la statue n’entrait pas dans le cadre. «On ne peut pas se permettre de faire des exceptions, ça créerait un précédent. Une vache, c’est sympa, mais on fait quoi si le boucher concurrent veut installer un veau, si la fleuriste veut planter un arbre? On ne peut pas leur refuser ce qu’on a accordé à un autre.» La situation désole David Pernet, président de la Société industrielle et commerciale de la ville. «La Municipalité, à commencer par le syndic, ne cesse de nous dire que c’est aux commerçants de trouver des idées pour séduire la clientèle. Mais quand l’un de nous se bouge, on lui met des bâtons dans les roues.»

Un cas anecdotique, mais qui «illustre une problématique à laquelle on doit répondre, assure le syndic Daniel Rossellat. On ne peut faire de reproche à personne. Pas plus aux commerçants qui trouvent des solutions qu’à la police qui fait son job.» La pierre est donc dans le jardin des politiques. «Le travail est en cours, assure Daniel Rossellat. Mais nous devons trouver des solutions applicables et équitables.» Un véritable nœud gordien, tant les objectifs divergent. Ainsi Olivier Rochat plaide pour un texte plus restrictif, «pour libérer l’espace public et assurer une circulation piétonne plus fluide». Très loin de l’animation commerçante défendue par Daniel Rossellat. Qui, comme ses collègues, ne peut donc rien pour la vache de Monsieur Bailly. «Si les pouvoirs politiques veulent que l’on applique d’autres règles, qu’ils les changent», conclut le commandant. Un pouvoir partagé, entre l’exécutif et le législatif, à qui dans tous les cas reviendra le dernier mot.

Créé: 01.12.2015, 18h46

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