Le prix du courant dépasse-t-il les bornes?

Mobilité électriqueAux stations de recharge pour voitures nyonnaises, le prix du kWh peut varier du simple au double. Certains râlent et veulent la gratuité.

A Nyon, il faut généralement débourser entre 25 et 50 centimes par kW/h pour charger sa voiture électrique à l'une des bornes de la ville.

A Nyon, il faut généralement débourser entre 25 et 50 centimes par kW/h pour charger sa voiture électrique à l'une des bornes de la ville. Image: LDD / Michel Perret

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«C’est un peu l’arnaque!» Il y a quelques mois, le propriétaire d’une voiture électrique haut de gamme faisait part de sa surprise via les réseaux sociaux après avoir rechargé son véhicule à l’une des nombreuses bornes de charge publiques de Nyon. Il s’est plaint d’avoir dû payer près de six fois le prix de base du courant électrique (situé à environ 25 centimes le kilowattheure). Qu’en est-il vraiment?

Du simple au double

Après vérification sur place, auprès de la commune et du fournisseur des stations de recharge, l’entreprise lausannoise Green Motion, il s’avère que le propriétaire en question a sans doute commis une erreur d’appréciation. À Nyon, il faut généralement débourser entre 25 et 50 centimes par kWh. Un montant bien inférieur à celui indiqué par le conducteur. À certains endroits, comme au parking de la Duche ou au Gymnase cantonal, le courant est même gratuit. À noter qu’il faut 30 à 80 kWh pour «faire le plein» d’une voiture électrique.

«Si une majorité de nos utilisateurs sont satisfaits des tarifs, il est vrai que nous recevons chaque mois quelques plaintes de ce genre, reconnaît François Randin, directeur de Green Motion. Certaines personnes voudraient que l’énergie soit gratuite. Mais elle a un prix.» Ce dernier reste bien moindre que celui de l’essence, mais une grande disparité de tarifs existe dans chaque commune et chez les privés. «Il y a de tout en la matière», confirme François Randin.

Plusieurs sociétés sont présentes sur le marché. Soit elles vendent leurs bornes aux communes qui touchent ensuite les redevances et décident de la politique de prix. Soit elles paient les coûts d’installation et choisissent elles-mêmes les montants qu’elles encaissent. Dans ce cas, certaines surtaxent ceux qui ne sont pas clients chez eux.

À ce petit jeu, certaines collectivités, comme Nyon, préfèrent garder la main. D’autres optent pour la sous-traitance. C’est le cas de Rolle, par exemple, qui projette d’installer une borne financée par Romande Énergie. «Le processus décisionnel peut être long et certaines communes n’ont pas le budget pour financer ces stations. Raison pour laquelle nous leur proposons souvent de tout payer nous-mêmes. Ensuite, libre à elles d’accepter ou non», explique François Randin.

D’autres projets sont en cours à Gland et à Morges, notamment. La Société électrique intercommunale de La Côte (SEIC) a aussi conclu un partenariat avec Green Motion. À Nyon, deux nouvelles places de parc sont en train d’être équipées dans le parking Bel-Air. En 2018, dix-huit emplacements seront ainsi disponibles dans la ville. «La densité de bornes à Nyon est nettement supérieure aux autres lieux où nous travaillons en Suisse», constate François Randin avec satisfaction.

Gratuité envisagée

Cette situation est cohérente avec la politique de développement de la ville en matière de mobilité électrique. Elle a d’ailleurs été récompensée en début d’année pour ses efforts. Sur les sites équipés de bornes par les Services industriels (SI), le prix du kWh est de 25 centimes, auxquels il faut ajouter 1 franc de frais fixe par recharge. C’est ce franc qui a induit en erreur notre propriétaire. «La gratuité a été envisagée, mais n’a pas été retenue. Il est normal que ceux qui consomment participent», précise le municipal Vincent Hacker. Thierry Magnenat, directeur des SI, abonde: «Le prix est aussi un peu plus élevé car il s’agit de courant vert.»

Les travaux des deux stations de recharge installées au parking de Rive et au Petit-Perdtemps, par exemple, ont coûté à la Ville près de 120'000 francs. Après trois ans d’utilisation, l’investissement porte ses fruits, selon les chiffres fournis par la Municipalité. La fréquentation des deux bornes est en constante augmentation: sur le premier trimestre de l’année en cours, la consommation mensuelle a été de 417 kWh, soit 17% de plus qu’en 2016. (24 heures)

Créé: 26.12.2017, 17h53

Manque de concertation

Indispensables pour développer la mobilité électrique, les stations de recharge se multiplient dans le canton comme ailleurs en Suisse. Mais leur installation se fait souvent dans le désordre et sans concertation cantonale ou nationale. C’est ce que regrette Pierre Dessemontet, géographe et municipal des Énergies à Yverdon-les-Bains. Dans un postulat déposé fin novembre au Grand Conseil, il souhaite la mise en place d’une «politique cantonale en matière de bornes de recharge des véhicules électriques». «Aujourd’hui chaque privé peut faire ce que bon lui semble. Résultat: l’implémentation des bornes est parfois peu cohérente», déplore-t-il. Une position que ne partagent pas les opérateurs privés, qui n’attendent pas le politique pour mailler le territoire. Aujourd’hui, le nombre de bornes de recharge est estimé à 12 000 dans tout le pays.

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