Le meurtrier d’Ashleigh risque 12 ans de prison

JusticeLe procès du jeune homme accusé d’avoir étranglé sa compagne en octobre 2014, à Morges, s’est achevé mercredi à Nyon.

Les parents d'Ashleigh attendaient le procès avec impatience.

Les parents d'Ashleigh attendaient le procès avec impatience. Image: Philippe Maeder

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Douze ans de prison. Mercredi, devant le Tribunal criminel de l’arrondissement de La Côte, à Nyon, le procureur Xavier Christe a requis une lourde peine à l’encontre du jeune homme accusé d’avoir étranglé sa compagne, Ashleigh Jenny. Le drame est survenu dans la nuit du 27 au 28 octobre 2014 dans l’appartement de la jeune femme de 25 ans, au cœur de Morges.

Dans son réquisitoire, le magistrat a brossé le portrait d’un homme furieusement jaloux, enclin à des violences domestiques et dénué de remords. «Pour le Ministère public, il n’y a pas de traces de regrets ni d’excuses. Le prévenu n’a exprimé des regrets que trois mois après le drame, et je doute de la sincérité de sa démarche», a-t-il soutenu.

«Comportement abject»

Revenant sur la nuit du drame, Xavier Christe a insisté sur la violence du geste: «Il a tué Ashleigh Jenny avec ses propres mains. Elle s’est débattue, elle a souffert. Le prévenu a fait preuve d’un comportement abject.» Le procureur a ainsi soutenu l’infraction commise par dol direct. Autrement dit, l’accusé était conscient que son acte provoquerait le décès de la jeune femme.

Restait à établir le degré de responsabilité du prévenu. Selon l’expert-psychiatre appelé à la barre mardi, le jeune homme souffre d’un trouble de la personnalité marquée par un trait paranoïaque et narcissique ainsi que d’un trouble lié à l’usage de substances psychoactives – en particulier l’alcool. Sur la base de cette expertise, le procureur a admis que «la responsabilité du prévenu était diminuée de manière moyenne».

Rebondissant sur les propos de Xavier Christe, l’avocat des parents d’Ashleigh Jenny, Me Patrick Mangold, a dépeint l’accusé comme un «mâle dominant qui ne supporte pas que sa femelle s’émancipe et qu’elle dise non à la violence». D’un ton péremptoire, il a plaidé un «crime machiste». «De mon point de vue, le prévenu devrait se défendre pour assassinat aujourd’hui devant ce tribunal, a-t-il affirmé. Et j’espère que mon confrère n’aura pas l’audace de plaider le crime passionnel!»

Piqué au vif, Me Gilles Monnier, défenseur du prévenu, a rétorqué: «Non, je ne plaiderai pas le crime passionnel. Mais certains éléments doivent être recalibrés, sans pour autant être niés.» L’avocat a reproché à la partie adverse de réduire son client à un «tyran domestique». «Ce tableau ne correspond pas à la réalité de l’instruction. On parle d’une relation entre deux personnes qui s’aimaient. Oter cette dimension du dossier, c’est passer à côté.» Et d’énumérer les facettes positives du caractère du prévenu, tant dans sa vie privée que professionnelle. «Le papa d’Ashleigh a dit lui-même qu’il avait une bonne opinion de lui!»

Au terme de cette affaire tragique, un point reste en suspens. Quel traitement faut-il prescrire à l’accusé? Selon l’expert, une prise en charge en institution, telle que la Fondation Les Oliviers, au Mont-sur-Lausanne, serait bien plus efficiente que des soins ambulatoires en milieu carcéral. Ce type de lieu, ouvert sur l’extérieur, est-il adapté à un patient coupable de meurtre, dont le risque de récidive a été évalué comme élevé? C’est là le nœud du problème. Pour la défense, il s’agit de l’unique ressource qui permettra au détenu de s’en sortir. «Nous échouerons dans la réinsertion si nous parquons mon client aux EPO», a-t-il insisté.

L’accusé sera fixé sur son sort lundi. Au terme de l’audience, il s’est exprimé, d’une voix faible: «Je regrette du fond du cœur, je ne me pardonnerai jamais .»

Créé: 08.06.2016, 13h09

Me Gilles Monnier défend le prévenu, accusé de meurtre. (Image: Philippe Maeder)

Les parents d’Ashleigh sont représentés par Me Patrick Mangold. (Image: Philippe Maeder)

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