«On produit du ciment de manière exemplaire»

EclépensLe Canton défend le sommet du Mormont. Holcim est sous le feu des critiques. Son directeur répond aux attaques.

François Girod dirige la cimenterie d’Eclépens qui emploie 115 personnes. L’exploitation de l’usine a démarré en 1953.

François Girod dirige la cimenterie d’Eclépens qui emploie 115 personnes. L’exploitation de l’usine a démarré en 1953. Image: Christian Brun

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La volonté du gouvernement vaudois de ne pas toucher au sommet du Mormont, inscrit à l’inventaire fédéral des paysages (IFP), oblige le cimentier à revoir ses plans. L’entreprise, présente depuis 1953, qui doit trouver des alternatives, est dans le viseur des défenseurs du Mormont. Après la prise de position du Grand Conseil, il y a dix jours, François Girod, directeur du site, sort de sa réserve.

Comment avez-vous pris le vœu des autorités vaudoises?
–On s’attendait à ce que ce soit difficile d’exploiter le sommet du Mormont. Ce dernier est un symbole pour la région et les préoccupations de la population ne nous laissent pas indifférents. En revanche, nous n’avions pas prévu que 80% du Grand Conseil soutienne ce vœu.

Holcim va-t-elle revoir ses plans pour ne pas exploiter le haut de la colline, protégé?
–Nous devons mener des réflexions quant à notre avenir. La Confédération doit prochainement se déterminer sur le caractère stratégique de la production locale du ciment. Elle fera une pesée d’intérêts pour savoir s’il est justifié ou non d’exploiter à l’intérieur de l’IFP. Notre volonté est de trouver une solution qui soit socialement la plus responsable. Et de favoriser la production locale.

Espérez-vous que ce rapport puisse faire changer d’avis le Canton sur cette question?
–Il est trop tôt pour le dire. En tout cas, cette étude déterminante va influencer notre industrie.

Votre société peut-elle se passer de ce secteur?
–Nous avons aujourd’hui une vision à moyen terme. Exploiter à l’intérieur de l’IFP nous permettrait de produire du ciment à long terme.

L’Etat vient de mettre à l’enquête le secteur de la Birette, à La Sarraz. Combien de temps cette zone vous permettra-t-elle d’assurer vos besoins?
–L’exploitation de cette zone représente la continuité de nos activités. La zone est d’ailleurs inscrite dans le plan d’affectation cantonal de 1999. En produisant quelque 800 000 tonnes de ciment par année, nous nous projetons jusqu’en 2029.

N’avez-vous pas l’impression d’avoir bénéficié jusque-là d’un régime de bienveillance qui n’existe plus aujourd’hui?
–C’est vrai que les opposants sont aujourd’hui plus nombreux qu’avant. Toutefois, nous avons toujours joué cartes sur table. Certains ont pris conscience de l’importance de nos activités en matière de production de ciment, mais également en matière de valorisation des déchets et de récupération de chaleur. Mais, pour produire du ciment, nous avons besoin de matières premières. Chaque année, le canton de Vaud accueille 10'000 personnes supplémentaires et le domaine de la construction y est dynamique. Par ailleurs, nous sommes conscients que nous laissons une empreinte paysagère. Mais, en contrepartie, nous produisons du ciment de manière exemplaire. Grâce au recours à des combustibles de substitution (bois de déconstruction, pneus usagés, boues d’épuration séchées, etc.), qui évite d’utiliser des combustibles fossiles, notre empreinte de CO2 est l’une des plus faibles du monde dans le secteur. Et certains écologistes et de nombreux scientifiques louent nos innovations techniques et nos efforts en matière de développement durable.

Que répondez-vous à ceux qui affirment que la Suisse pourrait se passer de ciment?
–Pour construire des ponts, des routes, des barrages ou des infrastructures comme le M2, par exemple, il est impossible de se passer de ciment à l’heure actuelle.

L’importation de ciment est-elle envisageable?
–Ce serait un choix de société irresponsable. Selon nos calculs, il faudrait 60'000 mouvements de camions par année pour couvrir les besoins en ciment uniquement pour la Suisse romande. Quant aux déchets que nous valorisons dans la cimenterie, il faudrait les exporter.

Quelle est la situation actuelle de la branche en Suisse?
–C’est un secteur qui fonctionne bien. Suite à l’optimisation et à la rationalisation de notre industrie, il ne reste que six cimenteries dans le pays contre une vingtaine il y a vingt ans. A elles seules, elles couvrent 90% des besoins du pays. Je suis convaincu qu’il est essentiel de continuer à produire localement.

Créé: 24.06.2015, 10h03

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