Rachetée après la faillite, Luna cherche preneur

TolochenazFriderici a acquis la structure de l’ancien Festival Luna Classics. Le transporteur la met en location, et en vente.

En 2014 à Nyon, Luna avait fait une grosse impression
sur la place du Château.

En 2014 à Nyon, Luna avait fait une grosse impression sur la place du Château. Image: ALAIN ROUECHE

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La dernière fois qu’on a pu admirer Luna, c’était en août 2014 sur la place du Château à Nyon. Après avoir rayonné deux ans à Saint-Prex, la sphère avait conquis le public nyonnais par sa superbe et un programme de concerts de jazz et de musique classique de haut vol. Mais le proverbe chinois «plus on s’élève et plus dure sera la chute» a pris tout son sens lorsque la faillite du Festival Luna Classics a été prononcée en mars 2015. Depuis, on n’a plus revu la bulle gonflée nulle part. La spectaculaire infrastructure scénique est restée à l’abri des regards dans les locaux de l’entreprise Friderici à Tolochenaz, où elle a l’habitude d’être rangée entre deux festivals.

Il a fallu que Patrick Bréchon, conseiller communal à Rolle, propose à la Municipalité de la louer à l’occasion du 700e en 2019 pour qu’on ait de ses nouvelles. «Je l’imaginais dans la cour du château. Ça aurait eu de la gueule. J’ai fait venir des spécialistes pour vérifier si c’était possible. Elle rentrait pile-poil. Malheureusement, la Municipalité n’en a pas voulu», regrette-t-il. Syndic de Rolle, Denys Jaquet juge cette idée utopique: «Faire des travaux dans la cour du château pour l’arrimer est irréaliste. La mise en œuvre est trop compliquée, et trop coûteuse.»

Droit de rétention

Louer Luna n’est visiblement pas une mince affaire. Alors pourquoi Friderici, dont la vocation n’est pas de commercialiser des infrastructures de spectacle, a racheté Luna? «À cause de la faillite, on n’a pas été payé pour le transport et le stockage de ce matériel, explique Clément Friderici, directeur. On a eu une grosse perte. Acquérir cette structure était le seul moyen de récupérer quelque chose. Aujourd’hui, on la met en location, et en vente. On aimerait qu’elle revive. Ce qui nous intéresse surtout, c’est de continuer à commercialiser notre savoir-faire.»

L’Office des faillites précise que Friderici a usé de son droit de rétention: le loueur, qui n’a pas été payé, est prioritaire dans le rachat de l’objet loué. Il a pu faire valoir ce droit puisque aucune autre offre d’achat n’a été présentée. Suite au dépôt de bilan de la société organisatrice du Luna Classics, l’Office des faillites de La Côte a recherché des acheteurs. La vente de la structure, prototype de salle amovible réalisée par l’EPFL, estimée à 2,9 millions de francs, aurait permis de rembourser la dette du festival, évaluée à 1,8 million en 2015.

«En plus des concerts, elle aurait pu être utile à Visions du Réel, au Festival des Arts vivants, et à diverses manifestations qui ont lieu durant l’été en ville»

La Ville de Nyon, qui avait accueilli Luna en 2014, faisait partie des principaux créanciers pour un montant de 160 000 francs. La Municipalité a étudié l’éventualité de l’acheter. «En plus des concerts, elle aurait pu être utile à Visions du Réel, au Festival des Arts vivants, et à diverses manifestations qui ont lieu durant l’été en ville, relate le syndic, Daniel Rossellat. Mais on n’aurait pas pu cacher le château durant plusieurs mois, et la monter à Rive, au bord du lac, ce n’était pas possible à cause des éventuels coups de tabac. Et pour la louer, il faut 200 000 francs par année.»

Le boss du Paléo, au carnet d’adresses bien garni, a aussi fait des démarches à titre personnel pour trouver des acheteurs. «Avec l’aide d’un expert en structures de spectacle, on a préparé un dossier que j’ai envoyé à plusieurs contacts. Mais quand ils voyaient le coût des 14 voyages en camion pour le transport, plus les frais pour le montage et le démontage et ceux de stockage, ils étaient découragés.»

Philippe Gudin, ancien directeur du Rosey encore actif pour animer la vie culturelle du campus de l’école internationale basée à Rolle, s’était sérieusement intéressé à Luna. «Elle aurait servi de Théâtre d’été. Mais j’ai renoncé parce que c’était trop complexe et trop cher. Dommage car c’était un projet un peu dingo mais magnifique.» À voir, si séduisante soit-elle, Luna n’est pas près de pouvoir redéployer ses charmes un jour.

Créé: 07.05.2018, 07h58

En chiffres

2,9 millions de francs, c’était la valeur à neuf de la structure Luna élaborée à l’EPFL.

1,8 million de francs, c’est l’estimation du montant global de la dette (annoncée en 2015, mais non confirmée par l’Office des faillites de la Côte aujourd’hui) laissée par le festival Luna Classics.

130 mille francs, c’est le prix que Friderici a proposé à Rolle pour le transport, montage, démontage et location de Luna durant sept mois (90 000 francs sans les gradins).

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