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Les reines du tricot à la recherche de débouchés

Les Tricol'euses, connues pour confectionner les bonnets du festival des Hivernales, cherchent de nouveaux débouchés.

«La motivation vient avec le tricot», avertit Aloka Vogel, la cheville ouvrière des Tricol’euses, ce groupe né il y a cinq ans à Nyon. Dans le local de quartier du Reposoir, lundi soir, sept dames jouent de leurs aiguilles avec dextérité. En bout de table, Werner Wild n’est pas en reste. Le seul homme a rejoint dernièrement le mouvement. «Dans ma famille, tout le monde tricotait et je n’ai jamais arrêté.» Au plus grand bonheur de ses camarades. «C’est notre chouchou», avertit Danièle Meier.

«Dans ma famille, tout le monde tricotait et je n’ai jamais arrêté»

L’ambiance est détendue au sein du groupe qui se réunit une fois toutes les deux semaines dans le local mis à disposition par le «Quartier solidaire» Unyon Nord -Est. On discute des malheurs sentimentaux de son médecin tout en ayant les yeux rivés sur son travail. «Il y a aujourd’hui un regain d’enthousiasme après une période plus difficile», explique Aloka Vogel. Nées en 2012 sous l’égide du «Quartier solidaire» Unyon Nord-Est et à l’initiative de Jay Reuter, président des Hivernales, les Tricol’euses ont commencé par faire des bonnets pour l’édition 2013 du festival. En quelques semaines, 160 couvre-chefs étaient confectionnés et le groupe se faisait alors un nom dans la ville. L’année suivante, ce sont 300 bonnets qui sont commandés par les Hivernales, ainsi que 25 écharpes.

Le groupe s’agrandit alors en accueillant des renforts qui ne font pas partie du «Quartier solidaire». Douze membres en constituent aujourd’hui le noyau. «Nous n’avons pas d’obligation de rentabilité et de productivité», nuance Aloka Vogel. Même si la demande augmente, les Tricol’euses restent fidèles à leur principe de bénévolat. Le but de l’aventure était de créer une animation pour les seniors tout en tissant des liens intergénérationnels, comme ce fut le cas avec la confection de pompons par des enfants. «Notre philosophie est: rire, partager et se faire plaisir», insiste Aloka Vogel.

Année difficile

Il n’empêche, l’hiver dernier, le décès d’une tricol’euse et l’hospitalisation d’une seconde, ainsi que le départ de Jay Reuter, qui coordonnait les actions, mettent à mal la structure du groupe. Une phase de réflexion sur l’indépendance par rapport au «Quartier solidaire» nécessitera aussi une médiation de la Ville de Nyon. Cette période a permis de donner un second souffle aux reines du tricot, qui ont des idées plein la tête.

«L’an dernier, nous avions aussi moins de commandes, analyse Aloka Vogel. Ce qui a provoqué une démotivation des troupes.» Lucianne Pfefferle, qui est de l’aventure depuis le début, acquiesce. «Nous n’avons pas peur d’en faire plus. Tant qu’on peut tricoter, on tricote.» Cette veuve confectionne un bonnet tous les deux jours. «J’ai un peu levé le pied car je produisais trop vite», rigole-t-elle.

Les Tricol’euses imaginent aujourd’hui trouver de nouveaux débouchés. «Nous visons par exemple des entreprises qui veulent faire un cadeau équitable à leurs clients», imagine Aloka Vogel. Le monde associatif est une autre cible, comme les jeunes du Club alpin, qui ont commandé cette année 60 bonnets. Ils les ont revendus pour payer une partie de leur voyage dans l’Himalaya. «Notre seule exigence envers nos mandants est qu’ils s’inscrivent dans une démarche équitable et solidaire», remarque Aloka Vogel. «Ce qui nous motive, c’est de tricoter pour les autres, souligne avec malice Lucianne Pfefferle. Et on ne veut pas faire que des chaussettes pour nos petits enfants. D’ailleurs, il faudrait déjà qu’ils les mettent.»

Pour développer leurs activités, les Tricol’euses auront bientôt un logo officiel à apposer sur leur production. Une page Facebook sera aussi créée pour gagner en visibilité. Un moyen qui sera utile pour relancer un appel au don de laine, cette matière première sans quoi elles n’existeraient pas.

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Pour les dons de laine: Aloka Vogel 079 931 09 30

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