Le rock fait revivre «Le Petit Prince»

SpectacleLa Troupe artistique de Gimel (TAG) et des écoliers du village interpréteront le célèbre conte d’Antoine de Saint-Exupéry dans un opéra rock inédit.

Trente-deux élèves de Gimel interprètent le Petit Prince alors que l'aviateur est joué par les membres du TAG.

Trente-deux élèves de Gimel interprètent le Petit Prince alors que l'aviateur est joué par les membres du TAG. Image: Chantal Dervey

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Antoine de Saint-Exupéry se retrouve coincé en plein désert du Sahara «à mille milles de toute terre habitée». Son avion est tombé en panne. Quelque chose s’est cassé dans le moteur. Au lever du jour, après avoir passé une première nuit sur le sable, il est tiré de son sommeil par une voix d’enfant. Un petit garçon blond, muni d’une épée et d’une longue cape bleue, lui demande: «S’il vous plaît… dessine-moi un mouton!» C’est le Petit Prince , personnage phare d’un des livres les plus célèbres du monde.

Septante-deux ans après, l’histoire n’a pas pris une ride. La Troupe artistique de Gimel (TAG) a décidé de l’exploiter sous toutes ses coutures pour son nouveau spectacle, qu’elle présentera dès le 30 mai. Et de retranscrire le conte le plus fidèlement possible. Tout en dépoussiérant quelque peu le manuscrit, en lui donnant un rythme résolument plus rock.

Dès le début de cet opéra inédit, la magie opère. Sur scène, les 30 membres du TAG – dirigés une fois encore par le truculent Jean-François Robellaz – se retrouvent sur un banc de sable blanc. Casque d’aviateur en cuir sur la tête, Saint-Exupéry fait face à l’hélice de son avion et tente de réparer son engin. Les premières notes résonnent dans ce gigantesque hangar transformé pour l’occasion. Et la rencontre avec le Petit Prince – interprété par 32 élèves de l’école de Gimel – ne se fait pas attendre. L’aviateur retombe lentement dans le monde de l’enfance. Chants, musique et chorégraphies viennent ponctuer ce spectacle, orchestré à merveille par huit musiciens professionnels qui jouent en live.

Le TAG innove. Et partage la vedette avec de jeunes danseurs et chanteurs qui ne tardent pas à insuffler une véritable âme d’enfant. «Ce spectacle est encore plus décoiffant que les précédents, s’enthousiasme Jean-Frédéric Berthoud, président du TAG, qui, comme tous les membres de la troupe, a troqué son complet-cravate pour un costume d’aviateur. Nous retrouvons une dynamique extraordinaire grâce à la présence des enfants.»

Il aura fallu près de trois ans pour écrire, composer et imaginer cet opéra rock, mêlant tour à tour classique, chants grégoriens et musique dance. Pour parvenir à relever ce sacré défi, Jean-François Robellaz a pu compter sur sa fille Manon, son frère Guy, sur Gérald Heim ainsi que sur Javier Rosa, fidèles membres du TAG qui ont eu la patience de fabriquer une pièce home made.

Les divers tableaux prennent vie

La touche de naïveté et la fraîcheur des enfants donnent une énergie incroyable à cet opéra. «En tant qu’adulte, il ne faut pas oublier l’enfant qui sommeille en nous. C’est vraiment le message que nous souhaitons faire passer», précise Jean-François Robellaz. Le pari semble réussi.

Tour à tour, la scène – amovible – se transforme. Les différents tableaux prennent vie. Un carrousel fait son apparition, tout comme les célèbres planètes imaginées par Saint-Exupéry. «Le spectacle compte une vingtaine de chansons», précise Javier Rosa, narrateur vedette.

Dans sa longue épopée, le Petit Prince fait des rencontres sur lesquelles il porte un regard naïf et souvent critique. Tous les ingrédients y sont: le roi, le buveur et le vaniteux, le baobab, l’allumeur de réverbères, le businessman, en passant par le géographe ou encore les roses. Roméo, l’un des enfants du spectacle, interprète en solo la chanson Dessine-moi un mouton alors qu’il donne la réplique à ses petits camarades et aux adultes du TAG qui dansent sur scène. «Comme le Petit Prince, ce n’est pas toujours facile d’apprendre des choses aux plus grands», glisse-t-il, le regard plein de malice. (24 heures)

Créé: 18.05.2015, 11h02

Infos pratiques

Gimel, salle des fêtes
Sa 30 et di 31 mai, ve 5,
sa 6, di 7, ve 12, sa 13
et di 14 juin à 20 h 30
www.letag.ch

D’un chœur mixte villageois aux comédies musicales

C’est en 1988 que Jean-François Robellaz, enseignant à Gimel, reprend la direction du chœur mixte du village. Il souhaite dynamiser le répertoire. Petit à petit, la mutation opère. Neuf ans plus tard, le chœur classique devient la Troupe artistique de Gimel (TAG). La volonté du directeur est clairement d’initier des jeunes à l’art vocal, à la comédie musicale et à la danse. En 1996, «Rat’ Time» est la première comédie musicale interprétée par le TAG. Elle raconte comment une colonie de rats essaie de trouver sa dignité humaine. Puis «Mektoub» est présenté au public. Cette comédie est directement inspirée du best-seller de Paolo Coelho «L’alchimiste». En 2002, le troisième spectacle, intitulé «Ombre et lumière», voit le jour. Avec la comédie «Le monde est fou» jouée trois ans plus tard, le sujet est plus sérieux. Elle raconte l’histoire d’une jeune fille qui se retrouve dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide. Puis, en 2007, «Rat’ Time» est réadapté avant que «A +», un opéra rock, soit joué en 2011. Sur scène, on retrouve 40 comédiens.

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