En ruine, l’Hôtel Beau-Rivage cherche comment ressusciter

ReconstructionL'ancien fleuron de l'hôtellerie nyonnaise, déstabilisé par un effondrement, n’est bientôt plus que poussière. Faut-il refaire à neuf ou du «faux vieux»?

Côté lac, l'hôtel est au deux-tiers démoli. Un triste spectacle pour le quartier touristique de Rive.

Côté lac, l'hôtel est au deux-tiers démoli. Un triste spectacle pour le quartier touristique de Rive. Image: Jean-Paul Guinnard

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Il ne reste presque plus rien du Beau-Rivage que l’on connaissait depuis le milieu du XVIIIe siècle. Lundi, la façade historique de l’hôtel nyonnais, située face au lac, a été démolie. Une mesure dictée par la sécurité après l’effondrement, le 28 juin dernier, du pan ouest de l’établissement, dont le chantier de rénovation et d’extension attendait une réponse du Canton pour démarrer.

«Depuis cet incident, qui nous a profondément choqués, nous sommes toujours dans les mesures d’urgence pour sécuriser le site. La façade lac a été fragilisée par la chute des gravats et il a fallu couper le toit qui risquait de s’envoler», explique Brahim Dahmani, administrateur de la Société Beau-Rivage.

Car sur le terrain, ce sont des ingénieurs qui sondent, bout par bout, l’état des murs et sols au fur et à mesure qu’on dégage les gravats. L’enchevêtrement des cloisons intérieures, qui reposent parfois sur des cadres de bois et ont été biaisées, fait qu’il a été impossible de conserver la structure. Aujourd’hui, il ne reste debout qu’un pan de mur côté est, et les façades de l’entrée de l’hôtel, en forme de U, du côté de la rue de Rive. Là aussi, bien que l’extérieur semble avoir bonne mine, il faudra voir ces prochains jours si les murs sont assez solides pour être conservés.

Un retard de trois ans

Le problème, c’est le retard qui a été pris. Le propriétaire de l’hôtel, l’homme d’affaires saoudien Mohammed al-Faraj, voulait redonner son lustre à ce fleuron de l’hôtellerie nyonnaise. Il a obtenu un permis de construire qui lui permet de faire une vingtaine de chambres supplémentaires dans l’extension gagnée sur un immeuble contigu démoli l’hiver dernier. Et de rénover le corps ancien de l’établissement en l’entourant au rez-de-chaussée de locaux plus contemporains abritant restaurant, wellness et salles de conférences. «Transformer était incontournable, car les trois premières années d’exploitation, après le rachat de l’hôtel en 2013, ont été déficitaires, des clients se plaignant de l’état de vétusté et de la mauvaise isolation du bâtiment», rappelle son administrateur.

Mais il a fallu attendre pour racheter la «verrue» qui flanquait l’hôtel, modifier les plans car la première version mise à l’enquête, très vitrée, avait suscité une opposition de l’association Pro Novioduno, puis surmonter de nombreuses contraintes imposées par le Canton. Celles notamment du Service immeubles, patrimoine et logistique (SIPaL), qui exigeait la conservation de certains murs intérieurs et de planchers.

Or l’ouverture du chantier, avec des plans remaniés, a montré que l’établissement, fermé depuis 2015, était en très mauvais état. «Et nous attendions depuis des semaines une réponse du SIPaL sur le remplacement de planchers par une dalle de béton quand le flanc ouest s’est effondré», note Brahim Dahmani.

Un gros dilemme

Aujourd’hui, tout ou presque est réduit en poussière. Pour le Canton, il n’y a plus grand-chose à sauver, si ce n’est la façade nord, pour autant qu’elle soit saine. Ce sera au propriétaire de se déterminer sur l’avenir du bâtiment. Il peut rebâtir en respectant le permis de construire délivré, c’est-à-dire en reconstituant la partie ancienne. «Mais ce bâtiment est en note 3, son sort est donc de compétence communale. Reconstruire à l’identique ne serait pas une exigence, comme ce serait le cas pour le château de Nyon, qui est en note 1», se contente de relever Philippe Pont, chef du SIPaL.

Le propriétaire pourrait tout reconstruire à neuf. Il faudrait alors faire de nouveaux plans, ainsi qu’une nouvelle enquête publique. Résultat: le quartier de Rive se retrouverait avec une nouvelle verrue pendant deux ou trois ans. «Le chantier de sécurisation va durer encore une bonne semaine. Et nous aurons une réunion avec la Commune, le SIPaL et les ingénieurs le 7 août prochain pour déterminer quelles sont les options qui se présentent à nous», conclut Brahim Dahmani.

Créé: 18.07.2018, 07h59

Pourra-t-on conserver l’entrée de l’hôtel, côté nord? (Image: JEAN-PAUL GUINNARD)

Des voisins inquiets

Ils ne cessent d’interpeller la Commune de Nyon ou l’administrateur de l’hôtel. Des voisins du Beau-Rivage s’inquiètent de l’état du bâtiment. Certains craignent de voir encore un mur s’effondrer, d’autres se plaignent de la poussière qui, malgré un arrosage constant, fait dépérir les fleurs de leur balcon et les oblige à fermer les fenêtres. Ils cherchent des réponses que personne ne peut leur fournir pour l’instant. «Le travail essentiel est pour l’instant de sécuriser les lieux. Et il se fait avec des précautions extrêmes, non pas à la boule, mais bout par bout, à la pince», rassure Bernard Woeffray, chef sur Service de l’urbanisme à la Ville de Nyon. Et de préciser, en réponse à certaines mauvaises langues, que le propriétaire n’a aucun intérêt à déconstruire un bâtiment ancien auquel il tenait beaucoup.

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