Les scientifiques se mouillent pour les poissons du Boiron

YensUne équipe de la Maison de la Rivière a parcouru la rivière et effectué des pêches électriques pour recenser la population.

La Maison de la Rivière organise des pêches électriques afin d'étudier la faune piscicole.

La Maison de la Rivière organise des pêches électriques afin d'étudier la faune piscicole. Image: Patrick Martin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Si vous aimez flâner le long du Boiron, vous avez peut-être pu les apercevoir sillonner le cours d’eau à la mi-juillet. Des chercheurs de la Maison de la Rivière de Tolochenaz, accompagnés d’étudiants et de jeunes venus donner un coup de main, se sont mouillés afin de poursuivre le suivi biologique du milieu naturel.

«On fait passer un courant électrique qui induit une nage forcée car les muscles des truites se contractent. Elles vont ainsi se diriger vers une anode où nous les capturons»

De l’eau jusqu’aux genoux, armée de bottes, d’un moteur ressemblant à celui d’une tondeuse à gazon et de filets, c’est du côté de Yens que la fine équipe recensait les poissons mardi 9 juillet. «On fait passer un courant électrique qui induit une nage forcée car les muscles des truites se contractent, détaille la collaboratrice scientifique de la Maison de la Rivière Aurélie Rubin. Elles vont ainsi se diriger vers une anode où nous les capturons.»

Placés dans un seau, les poissons reprennent peu à peu leurs esprits avant d’être mesurés, pesés et parfois marqués. Des échantillons sont également récoltés et Aurélie Rubin coupe les nageoires adipeuses des truites afin de ne pas les compter à double. Elles sont ensuite remises à l’eau. «Le but n’est évidemment pas de vider la rivière», sourit la collaboratrice scientifique. En quelques heures, quelque 250 spécimens passent sous la loupe des experts. «Au total, nous analysons quinze secteurs différents durant une semaine. Mais c’est sur ce tronçon d’une centaine de mètres que nous recensons le plus d’individus», affirme Aurélie Rubin.

Ainsi, l’évolution des populations est scrutée année après année depuis 1999. «Contrairement à ce qui est fait dans de nombreux cours d’eau vaudois, aucun repeuplement n’est réalisé dans le Boiron, précise Aurélie Rubin. Dans la partie haute de la rivière, la qualité de l’eau a toujours été bonne donc les effectifs se maintiennent. Dans la zone du milieu, on a pu constater une très belle amélioration avec de plus en plus de poissons grâce à une meilleure qualité de l’eau. On est en revanche plus inquiets pour ce qui est du bas. Les populations y survivent, mais beaucoup de jeunes meurent de la maladie rénale proliférative. Elle est causée par un parasite et apparaît surtout en été ainsi qu’en automne avec la hausse des températures.»

Renaturation bénéfique

Si, dans l’ensemble, le cours d’eau et ses habitants se portent plutôt bien, c’est également grâce aux nombreux travaux de renaturation qui y ont été réalisés. Notamment dans le but de permettre aux truites de remonter la rivière. «Quand le suivi a commencé, le premier obstacle se trouvait à 200 mètres de l’embouchure, révèle Aurélie Rubin. Les poissons revenant du Léman ne pouvaient donc pas aller plus haut. Petit à petit, toutes les barrières ont été éliminées.»

La dernière barricade qui se dressait sur la route des migrateurs a été supprimée il y a peu. «Jusqu’en 2018, un barrage de 3 mètres de haut impossible à franchir créait une séparation entre les truites vivant dans la partie située en amont et les adultes qui remontent la rivière pour s’y reproduire, explique la chercheuse. L’année passée, une rivière de contournement a été aménagée. La question est désormais de savoir jusqu’où vont aller les géniteurs venus du lac. Pour cela, nous réaliserons une étude en hiver. Nous marquerons les truites afin de les suivre et d’observer où elles se reproduisent.»

Les maladies remontent

L’ouverture complète du cours d’eau présente cependant un important point négatif. «Maintenant que la rivière est libre, la maladie des truites et celle des écrevisses vont également pouvoir remonter, assure Aurélie Rubin. Il y a donc potentiellement un risque de les introduire plus haut.»

Créé: 25.07.2019, 07h26

Articles en relation

Un sentier didactique qui joint l'utile à l'agréable

L'esprit des forêts Le parcours propose une balade familiale le long du Boiron à quelques pas de Morges. Plus...

Des agriculteurs au chevet de leur cours d’eau pollué

Demain la Suisse Mené depuis 2005 dans la région morgienne, le Projet Boiron vise à lutter contre les résidus de produits phytosanitaires dans les rivières. Plus...

Le Boiron retrouve des couleurs

Morges Douze ans après la mise en place d’un projet se penchant sur sa santé, la rivière semble s’améliorer sur l’ensemble de son tracé. Plus...

Le ruisseau du Boiron est encore en convalescence

Environnement Le projet visant à lutter contre la présence de pesticides dans le cours d’eau entrera dans sa troisième phase. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 8

Paru le 26 février 2020
(Image: Bénédicte) Plus...