A Sévery, la politique est d'abord celle de la chaise vide!

ElectionsSix personnes ont pris part au second tour dimanche dans le petit village. Qui aimerait bien être dispensé de cette lassante corvée.

Le syndic de Sévery Fabrice Marendaz estime qu'il est inutile d'organiser un dimanche d'élection lorsqu'il n'y a pas de candidat.

Le syndic de Sévery Fabrice Marendaz estime qu'il est inutile d'organiser un dimanche d'élection lorsqu'il n'y a pas de candidat. Image: Florian Cella

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C’est désormais un rituel dans le petit village de Sévery, quasi chaque dimanche de votations fédérales. Le bureau électoral attend que quelqu’un se présente pour reprendre un fauteuil municipal presque toujours disponible depuis plusieurs années, mais personne n’ose plus venir au bâtiment de la commune. «C’est l’assurance d’être piqué. Les membres du bureau pensent alors à vous pour le second tour car il faut bien mettre un nom», glisse cet habitant croisé au match de foot l’après-midi.

«Je suis un peu déçue de l’Exécutif, qui pourrait mieux vendre la fonction à sa population»

Un constat sans doute correct puisque des 31 bulletins reçus par la poste pour le premier tour, il n’en restait plus que six au second, ceux du personnel politique engagé pour l’occasion. Dans ces villages à Conseil général, le deuxième tour se dispute en effet dans la foulée du premier et les citoyens ont perdu le goût de s’y aventurer. Celui qui termine en tête – même sans s’être porté candidat – est officiellement élu, mais Frédy Rittener (deux suffrages tout de même…) a confirmé qu’il enverrait sa lettre de démission aussitôt averti de son «triomphe». «Cela devient un sketch», se désole Andrea Arn, préfète du district de Morges. «D’un côté, je peux comprendre la lassitude de la Municipalité, mais de l’autre, j’observe qu’on trouve des solutions partout où un tel cas se présente. Je suis un peu déçue de l’Exécutif qui pourrait mieux «vendre» le poste à sa population, surtout avant la fusion au sein de Hautemorges, où il s’agira de se faire entendre.»

«Nous ne voyons plus d’intérêt à organiser un vote où personne ne participe»

«Je ne fais plus de porte-à-porte, car les gens sont censés connaître notre situation qui se répète et il appartient à chacun de prendre ses responsabilités», nous confiait Fabrice Marendaz, syndic et homme à tout faire dans cette commune de 243 habitants. Président du Conseil général, Christian Michaud n’est pas davantage d’humeur à prolonger la farce. «Dimanche soir, j’ai écrit à la préfecture pour dire que nous ne souhaitons plus organiser d’élections complémentaires tant que nous n’aurons pas trouvé un volontaire. Cela nous fait perdre du temps, de l’argent, sans parler de la motivation.»

Un message bien reçu par la préfète, qui prône le compromis. «La loi est claire: une commune a 90 jours pour trouver quelqu’un et Sévery n’y échappe pas. Maintenant, je ne vais pas les harceler pour qu’ils organisent des élections en dehors des week-ends réservés aux échéances fédérales. Mais de mon point de vue, une solution doit être trouvée d’ici à l’automne.»

Dans les communes voisines bientôt unies par la fusion, on ne s’inquiète pas… pour le moment. «Cette situation nous interpelle, mais nous pensons justement que la future organisation à six va régler ces problèmes puisqu’il y aura besoin de moins de monde pour occuper ces postes qui ne suscitent plus l’intérêt», espère François Delay, président du comité de pilotage et syndic de Cottens. «La vie sociale ne va pas disparaître avec la fusion et il faudra encore des citoyens motivés dans les six communes pour organiser des manifestations et animer les sociétés locales. Nous devrons bien communiquer sur ce plan en espérant qu’une fibre se réveille afin de conserver une âme et des lieux de rendez-vous dans chaque village.» (24 Heures)

Créé: 21.05.2019, 07h49

Deux villages dans l’attente

Si Sévery va devoir se plier à la loi et recommencer l’exercice, deux petites communes du district espèrent aussi trouver une bonne âme d’ici le mois de juin. À Cottens, Daniel Vuille, dernier arrivé, a été contraint de jeter l’éponge pour des raisons de santé mais le syndic François Delay est confiant.

Du côté de Vaux-sur-Morges, Charles-Antoine Valsesia vient, lui, de remettre sa démission pour le 31 juillet bien qu’il adore la fonction. «J’aurai alors 80 ans et je crois que c’est le moment de passer la main. Je sais que la recherche d’un successeur sera difficile, mais on finit toujours par trouver.»

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