Des Sir'Eau qui tiennent très bien l’eau

TerroirsDes fruits, du sucre, les sirops des Pittet sont 100% naturels… et très bons. Visite à Saint-Prex.

Sébastien Pittet au milieu de sa production faite à Saint-Prex, tout artisanalement. Pas de colorant, d’arôme ou de  conservateur: les Sir’Eau se conservent une année sans  problème grâce  à leur stérilisation.

Sébastien Pittet au milieu de sa production faite à Saint-Prex, tout artisanalement. Pas de colorant, d’arôme ou de conservateur: les Sir’Eau se conservent une année sans problème grâce à leur stérilisation. Image: Patrick Martin.

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Inutile de chercher l’usine: les sirops de Sébastien et Chantal Pittet sont concoctés dans un petit atelier de Saint-Prex, et les recettes ont été élaborées dans la cuisine de leur appartement, juste au-dessus. Avec des associations originales, comme ce pomme-gingembre, ce mélange de trois thés, ce mojito bien mentholé ou ces deux versions de cannabis (sans THC, promis, juré!)

Au-delà des noms en jeu de… m’eau – Séb’Eau, Sir’Eau, Cointr’Eau ou Limoncel’Eau – l’histoire de la petite entreprise est née… de la crise de l’imprimerie. Car les Pittet dirigeaient une petite imprimerie à Saint-Prex dont les affaires ont gentiment décliné en même temps que la branche ralentissait. Ils continuent leur activité sur un mode plus simple.

Et puis Sébastien, qui aime faire à manger, a commencé à faire les marchés avec un pote, pour y vendre leurs foies gras roulés. Tandis que Chantal, elle, s’achetait une machine à gazéifier son eau en même temps que des sirops pour l’aromatiser. Grosse déception au goût, grosse déception à la lecture de la composition.

«Je me suis rendu compte qu’il n’y avait que très peu de sirops naturels sur les marchés, je me suis dit qu’il y avait une opportunité à lancer.» Sébastien n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Il tâtonne en 2017, avec l’aide d’un ami œnologue pour l’approche des fruits, les temps de cuisson et quelques autres petits secrets que le colosse ne veut pas partager. Il se renseigne. Trouve des fruits dans des filières les plus courtes possible. Des kiwis à Allaman, des pommes à Etoy, Allaman ou Dully, de la menthe dans le Gros-de-Vaud, des fraises de la région. Pour les citrons jaunes ou les oranges, un voisin sicilien les lui fournit depuis son île. Bien sûr, ananas, citrons verts ou pamplemousse viennent de plus loin. Quand il peut, il se fournit en bio. Mais ce n’est pas facile et c’est souvent cher.

100% naturel

«Au début, j’ai gâché 200 kg de sucre dans mes essais parce que je voulais des sirops qui ont le goût des fruits, mais qui ne soient pas trop doux.» Sébastien mitonne ses recettes, utilise une centrifugeuse pour extraire le meilleur de l’agrume plutôt que le seul jus. «On m’a demandé une linéarité des goûts de mes sirops mais c’est impossible, chaque lot de fruits est différent. Et comme je n’utilise ni arôme ni conservateur…» Des artifices que les Pittet ne supportent pas eux-mêmes quand ils les ingèrent, «ça donne des aigreurs d’estomac».

Les sirupiers concoctent eux-mêmes leurs étiquettes, évidemment, vont chercher les bouteilles à la Verrerie de Saint-Prex voisine, utilisent du sucre suisse d’Arberg. «J’ai fait des tests avec des sucres bruts des îles, mais ça ne marche pas.» Leur production grandit gentiment, en même temps que s’élargit leur réseau de vente. «Nous visons mille bouteilles par mois l’an prochain», explique Sébastien, qui en fait à peu près la moitié aujourd’hui. «On m’avait dit qu’il y avait une saison pour les sirops, mais pas chez mes clients.»

Au goût, l’équilibre est réussi et il n’y a pas besoin d’en mettre beaucoup dans l’eau. Les 17 parfums actuels vont s’enrichir bientôt d’une nouveauté, la poire William. Quant aux deux sirops au cannabis, testés sans THC, «ils sont quand même calmants le soir, avant d’aller se coucher.»

Avec alcool

Sébastien est allé plus loin ensuite en créant des liqueurs avec ses fruits, déclinant le limoncello, l’arancello ou le pamplemousse, avec ou sans vodka. Il s’était amusé à fabriquer un faux Cointreau, une liqueur de menthe et, évidemment, une liqueur au cannabis, qui vient de jeunes Valaisans très entreprenants. Santé!

Créé: 16.09.2018, 12h04

Comment les déguster

www.sebeau-sirops.ch


Egalement en vente à Terre vaudoise, à Lausanne et Pully, à la boulangerie Oberson de Saint-Prex, à Nature en Scène, à Vich, au Petit Marché de Goumoëns-la-Ville, à Moon’s, à Lausanne et Vevey, et dans quelques restaurants.

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