Quand le slam rassemble seniors et adolescents

MorgesL’écart générationnel n’a pas empêché petits et grands de monter sur scène ensemble.

Vidéo: FABIEN GRENON

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Slamer, c’est jouer et se mélanger!» Repris en duo par Ambre, 13 ans, et Françoise, d’une soixantaine d’années son aînée, ces quelques mots résument à la perfection le spectacle auquel ont pu assister une quarantaine de personnes dans les Caves de Couvaloup, à Morges, mercredi après-midi. Sous la conduite de l’artiste Narcisse, une dizaine de poètes en herbe ont fait étalage de leurs talents d’écriture.

Le fruit d’un travail réalisé lors de trois ateliers intergénérationnels d’une heure et demie organisés dans le cadre des Salves poétiques. «Cela a été génial de voir des jeunes et des moins jeunes collaborer spontanément, a déclaré Narcisse. J’ai découvert des enfants et des vieux un peu bizarres, mais tous ensemble ils ont été adorables.» (Rire.)

«Les vieux font la fête; les jeunes font la teuf avec les meufs»

Après avoir répété – un brin stressés – leurs textes en coulisses, les apprentis slameurs sont entrés en scène. En solo, duo ou trio mélangeant petits et grands, ils ont récité leurs vers devant une assemblée conquise. Micro à la main, les participants ont multiplié avec humour les références à l’écart générationnel existant entre eux. À l’image de Soraya, 12 ans, et Susannah, 70 ans, qui ont interprété «Les vieux vus par les jeunes, les jeunes vus par les vieux», texte illustrant le fossé qui sépare parfois les enfants de leurs grands-parents: «On envoie des WhatsApp», «Nous, on envoie des lettres», «C’est quoi des lettres?» «Les vieux font la fête», «Les jeunes font la teuf avec les meufs».

Cette belle initiative, décrite par la municipale responsable de la cohésion sociale Sylvie Podio comme un moyen de «créer des ponts entre jeunes et moins jeunes», a aussi été l’occasion d’écouter des compositions plus profondes. Florian Morel, fils de la membre de l’Exécutif morgien, a notamment épaté la salle avec un texte sur la liberté: «Libre, je suis libre. Non, je me libère. J’ai tracé tout ce que je savais sur les pages de mes journées, j’ai donné tout ce que j’avais mais la roue n’a pas tourné. J’ai écrit à en tarir mon encre, il ne me reste plus que mes larmes. J’ai voulu si vivement lever l’ancre, à présent je rends mon âme.»

Créé: 04.04.2019, 19h09

Articles en relation

Fabien Marsaud alias Grand Corps Aimable

Interview Par une nouvelle mystérieuse gymnastique, le slameur adapte son livre de Mémoires d’années béquilles et se convertit au cinéma avec «Patients». Plus...

Grand Corps Malade réunit la famille

Interview Thiéfaine, Aznavour, Bohringer, chanteur, comédien, conteur… Il y a de tout dans «Il nous restera ça», album choral du slameur. Plus...

Grand Corps Malade s'invite dans le métro parisien

Musique Le slameur s'est invité mercredi après-midi dans une station du métro parisien pour un concert d'une heure où il a présenté quelques titres de son nouvel album qui paraît vendredi. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.