La soif de connaissance plutôt que l’ivresse

MorgesContrairement à certains préjugés, les jeunes ne se rendent pas au salon des vins Divinum pour se saouler.

Acacio Da Fonseca (22 ans) et Julian Crescini (20 ans) font partie de ces jeunes qui aiment découvrir le vin et son univers.

Acacio Da Fonseca (22 ans) et Julian Crescini (20 ans) font partie de ces jeunes qui aiment découvrir le vin et son univers. Image: Sébastien Bovy

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Dressées au cœur du Parc des Sports, à quelques pas seulement de la mythique Fête de la tulipe, les tentes de Divinum font le plein depuis trois jours. La file d’attente s’étend sur des dizaines de mètres et les exposants sont ravis de la fréquentation, qu’ils espèrent encore meilleure que l’an dernier (plus de 15 000 visiteurs payants).

Au milieu de ce joyeux tintamarre caractéristique d’un salon viticole, bon nombre de jeunes déambulent, un verre à la main. «Je suis ici car mon grand-père m’a offert ses entrées à tarif réduit, raconte Acacio Da Fonseca, 22 ans. Je n’étais pas là l’année dernière, mais je me suis déjà rendu à Arvinis à l’époque où la manifestation était encore à Morges.» Avec lui, Julian Crescini, 20 ans. «On a un ami vigneron qui tient un stand, c’est donc la bonne occasion de venir le voir et de boire un verre.»

«Boire un verre», le mot est lancé. Est-ce là le seul but de Divinum pour cette tranche d’âge? Pour Laurent Bally, vigneron au Domaine des Trois Terres, à Morges, les jeunes ne sont pas là uniquement pour «s’alcooliser à moindre coût». «C’est un préjugé, assure-t-il. Ceux qui s’arrêtent à notre stand sont très intéressés par le vin. Ils posent des questions pertinentes et très précises. Il y a évidemment certains groupes qui viennent pour prendre l’apéro après une journée de travail, mais cette situation ne se limite pas à cette catégorie d’âge.»

Découvrir plutôt qu’acheter

Pourtant, avec une entrée relativement bon marché (15 fr. avec rabais et 25 fr. sans), l’occasion est belle de profiter d’une dégustation à bon compte. «Franchement, si on veut juste boire, les bouteilles de vodka dans les grandes surfaces sont moins chères, s’exclame Alice Glanzmann, 25 ans. Pour ma part, je me sentirais mal à l’aise de venir voir des vignerons ici dans le seul but de me soûler.» Un constat partagé par Acacio Da Fonseca: «On n’est pas de grands spécialistes, mais on est curieux. On goûte des choses inédites et on essaie de trouver les vins qui nous plaisent et que l’on pourrait acheter.»

Et c’est là que le bât blesse. Car si Divinum permet aux jeunes de tester leurs papilles et d’effectuer une première approche du nectar favori de Bacchus, ils ne sont pas nombreux à ouvrir leur porte-monnaie. «Je suis encore aux études, explique Sarah Djalo, 27 ans. Du coup, je ne suis pas la meilleure cliente pour les vignerons. Mais je sais que le jour où j’aurai les moyens, je me rattraperai.» Servir les jeunes à son stand sans espérer vendre, un pari sur l’avenir donc? «C’est exactement ça, confirme Félix Pernet, président des Vins de Morges. Ils n’achèteront peut-être rien ces trois ou quatre prochaines années, mais apprennent à déguster et à connaître les produits. Ainsi, plus tard, ils pourront investir en connaissance de cause.» Et Laurent Bailly de compléter: «Ce sont nos clients de demain, c’est aujourd’hui qu’il faut leur faire découvrir les vins qu’ils achèteront par la suite.»

Première rencontre

Divinum est donc l’occasion d’une première rencontre entre les jeunes et la profession. «Cette manifestation n’est pas qu’une question de dégustation, détaille Maxime Blanco, 24 ans. C’est aussi l’occasion de passer un moment agréable entre amis.» Affirmation confirmée un peu plus loin. «J’ai emmené ici mes collègues français, explique Julie Schneiter, 26 ans. C’est l’occasion de faire une sortie ensemble, mais aussi de leur faire découvrir les vins locaux. Et tout ça dans une ambiance très sympathique.» Amitié, partage et découverte: c’est avec ce savant assemblage que Divinum s’attelle à conquérir les amateurs d’aujourd’hui et les connaisseurs de demain. (24 heures)

Créé: 14.04.2018, 16h02

Améliorations réussies

10 avril 2017: alors que le salon Divinum vit ses dernières heures, les exposants sont réunis par les organisateurs pour échanger sur ce coup d’essai. Des retours qui vont s’avérer utiles au moment de préparer le millésime 2018 de la manifestation, puisque douze mois plus tard, les avis semblent unanimes.

Les allées offrent davantage d’espace, l’entrée est plus accueillante et les vignerons semblent tous logés à la même enseigne avec deux tentes de taille équivalente sur un seul étage. Quant au restaurant,il dispose désormais de son propre espace, ce qui lui permet de jouer les prolongations.

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