Avec «Splotch!», le vivier de la BD romande sera morgien

MorgesCinq jeunes auteurs ont lancé un journal de bande dessinée, qu’ils veulent accessible à tous.

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C’est au fond d’une cour, face au château de Morges, que Splotch!, le jeune magazine de bande dessinée romand, a installé son antre. En passant la porte de ce petit atelier, impossible de ne pas plonger immédiatement dans l’univers de ce trimestriel imprimé sur papier journal. De grandes étagères bleues, pleines à craquer de BD en tous genres, côtoient des planches à dessin, des crayons et des pinceaux, éparpillés aux quatre coins de la pièce.

Au milieu de ce joli capharnaüm, plusieurs piles de numéros de Splotch! sont entassées. «L’idéal serait qu’ils trouvent preneur», lance dans un large sourire Henri Mayer, rédacteur en chef, béret sur la tête et large écharpe orange autour du cou. A seulement 24 ans, le Morgien est à l’origine de cette «pataugeoire de bande dessinée», créée officiellement il y a une année. Pour faire le grand plongeon, il a pu compter sur quatre autres auteurs romands, qui exercent tous un métier à côté de leur passion.

Nouveaux talents

Ici, pas de vedettes du neuvième art, mais des autodidactes bien déterminés à montrer tout leur talent. Avec une seule devise: créer un vivier de la BD en Suisse romande sous l’onomatopée splotch! «C’est cool et c’est un nom très typé pour cet univers, poursuit l’artiste. Avec ce journal, le but est de mettre à disposition des jeunes dessinateurs un support leur permettant de partager leurs créations avec le public. En échange, les lecteurs peuvent découvrir de nouveaux artistes locaux.»

C’est d’ailleurs en constatant le manque d’un tel support en Suisse romande qu’Henri Mayer a décidé de créer Splotch! Au départ, rien ne prédestinait pourtant cet éducateur à Saint-Prex à se tourner vers le monde de la bande dessinée. «J’ai appris le dessin sur le tard, il y a quatre ans. Je m’imposais huit heures de dessin par jour. Puis j’ai vécu ma première expérience de BD, mais je n’avais pas le niveau pour aller chez un éditeur. Et il n’y avait pas de journal dédié au monde de la BD, comme le faisait Pilote en France jusqu’à la fin des années 1980.»

«Nous voulions quelque chose de ludique et de populaire»

Un manque aujourd’hui comblé par Splotch!, disponible sur abonnement et qui vient de sortir son sixième numéro fin septembre. Le tout en s’adressant à un large public, où l’humour potache côtoie notamment des univers d’aventure et estudiantins. «Nous voulions quelque chose de ludique et de populaire, à l’opposé d’un fanzine, publication souvent orientée anarchiste, voire trash, qui est réalisée par des initiés pour des initiés», note encore Henri Mayer.

Un avis partagé par Aurélie Tièche, Lausannoise qui vient d’obtenir son bachelor en bande dessinée à l’Ecole supérieure des arts de Saint-Luc, en Belgique: «Nous voulons montrer que nous pouvons raconter des histoires sans forcément choquer le public.»

Cherche abonnés

Tiré à 200 exemplaires et imprimé en France, Splotch! peut compter sur une centaine d’abonnés. «Il nous en faudrait 140 pour pouvoir rentrer dans nos frais et payer l’impression, ajoute le rédacteur en chef. L’idée serait d’avoir suffisamment d’abonnés pour trouver des locaux et rémunérer les auteurs, même s’il est très dur de vivre de la bande dessinée en Suisse.» Enfin, pour gagner encore en visibilité, un nouveau site Internet sera mis en ligne à la fin du mois et des exemplaires du premier numéro seront distribués sur la place de l’Europe, à Lausanne.

Créé: 14.10.2015, 09h33

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