Swissquote choisit Gland pour tripler ses effectifs

GlandMarc Bürki reste où tout a commencé. À l’étroit dans ses locaux, la plus grande banque en ligne de Suisse va bâtir un nouveau complexe pour accueillir 1700 employés.

Le patron de Swissquote Marc Bürki a une vue plongeante sur le terrain qui accueillera le futur nouveau complexe.

Le patron de Swissquote Marc Bürki a une vue plongeante sur le terrain qui accueillera le futur nouveau complexe. Image: VANESSA CARDOSO

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En 1990, Marc Bürki et Paolo Buzzi, fraîchement sortis de l’EPFL, louaient un dépôt de peinture au chemin du Ruttet, à Gland. C’est là qu’ils ont créé Marvel Communications SA, une entreprise spécialisée dans les logiciels et les applications dédiées à la finance. Cette société a ouvert la voie à Swissquote, devenue la première banque en ligne de Suisse. Aujourd’hui, la société compte plus de 600 employés, dont 500 travaillent au siège, resté à Gland. Et c’est toujours dans cette même petite ville que Marc Bürki et ses associés prévoient de construire un nouveau complexe ultramoderne, qui permettra à Swissquote de tripler ses effectifs.

«Nous avons pu racheter les parcelles voisines, d’une surface d’environ 10 000 m2, ce qui représente une excellente opportunité, car nous sommes déjà coincés dans nos locaux et nous nous sentons bien à Gland, déclare Mark Bürki. La proximité de la gare et d’autres services, qui se sont développés en même temps que nous, sont de précieux avantages et nous sommes quand même à la campagne.»

Un projet ambitieux

Le projet de construction du nouveau bâtiment est ambitieux. Marc Bürki attend avec impatience les différentes versions architecturales présentées au premier trimestre 2019 dans le cadre d’un concours. Quatre entreprises de construction vont présenter quatre projets proposés par quatre bureaux d’architectes eux-mêmes sélectionnés par Swissquote. La société s’est engagée à commencer les travaux cinq ans après son achat du terrain à la Ville de Gland, soit au plus tard en 2021, pour une durée d’environ deux ans.

«On a fait le premier bâtiment à une époque où les affaires étaient encore tourmentées. On a voulu créer un bâtiment bétonné qui représentait la solidité de l’entreprise. Après, on a fait un second bâtiment entièrement vitré, ouvert et transparent. Il est devenu emblématique. On aimerait un geste architectural significatif pour ce nouveau projet. J’ajoute que nous voulons même créer un écosystème dans le domaine de la fintech. On va s’entourer de start-up qui vont entrer en symbiose avec Swissquote.»

C’est également dans les aménagements intérieurs que les architectes devront faire preuve d’imagination. «Cette nouvelle génération d’employés que nous appelons les milléniaux a une autre manière de travailler, remarque le patron de Swissquote. Ces gens sont plus mobiles et collaborent au sein de petites équipes cocréatrices. Ils ont besoin d’espaces collaboratifs de travail. Les structures du bâtiment devront être adaptées.» Le projet comprendra aussi un auditorium, des salles de conférences et un restaurant d’entreprise.

Le premier coup de pioche n’est pas prévu pour demain. Il faudra déjà démolir les anciens bâtiments de la SEIC (Société Électrique Intercommunale de La Côte). D’autre part, le règlement du plan d’affectation sera modifié puis passera dans les services du Canton. Il y aura enquête publique et vote du Conseil communal. Mais Thierry Genoud, municipal chargé de l’Urbanisme, est optimiste. «La collaboration avec Swissquote est excellente. Il y a chez eux une envie de faire quelque chose de bien et même de remarquable, tant au niveau de l’architecture que des aménagements extérieurs et de la mobilité.»

Marc Bürki confirme que ce dernier point est au cœur de leurs préoccupations. Le CEO de Swissquote ajoute qu’il a toujours pu compter sur le soutien des autorités communales. «Le syndic Gérald Cretegny est un support très important pour nous, car c’est quelqu’un qui a une vision pour sa ville.» De son côté, Gland a tout à gagner de conserver le siège d’une société qui figure parmi les 100 meilleurs contribuables du canton de Vaud.

À terme, les trois bâtiments pourront accueillir 1700 employés, soit 1200 de plus qu’aujourd’hui. «Nous avons évalué ces besoins en observant notre croissance ces dix dernières années. Nous arriverons progressivement à ce nombre de collaborateurs, annonce Marc Bürki, toujours confiant en l’avenir. C’est une success story qui se confirme d’année en année, en Suisse et dans le monde. On n’a jamais douté qu’on pourrait y arriver, notamment parce qu’on a gardé une mentalité de start-up, avec des collaborateurs hypermotivés.»

Créé: 21.02.2019, 06h51

Sucess story

1990 Création de Marvel Communications SA à Gland par Marc Bürki et Paolo Buzzi

1996 Création de la plateforme financière Swissquote

2000 Licence bancaire

2001 Cotée à la Bourse suisse

2002 Rachat de Consors

2003-2013 Consolidation et rachat d’entreprises

2014 Partenariat PostFinance

2015 Partenariat international avec Manchester United

2018 Rachat de Internaxx Bank au Luxembourg. La 2e banque dans le groupe Swissquote a l’ambition de devenir le pôle de développement Européen du groupe.

2018 Chiffre d’affaires record de 214 millions de francs. 25 milliards confiés par plus de 300 000 clients. Bureaux à Gland, Zürich, Berne, Londres, Luxembourg, Malte, Dubaï et Hongkong.

«J’aime l’authenticité du terroir vaudois»

Derrière le grand patron parti de rien, exemple de réussite insolente, il y a un homme qui aime la région de la Côte par-dessus tout. Marc Bürki, 57 ans, habitant de Mont-sur-Rolle, nous dit son profond attachement pour ce coin de pays.

Quand vous êtes à Gland, sortez-vous en ville?

Je passe 50% de mon temps professionnel à Gland. Pratiquement chaque midi, avec mon ami de l’EPFL et co-fondateur Paolo Buzzi ainsi que Michel Ploog, notre responsable financier, nous allons manger au restaurant.

Avez-vous une activité dans votre commune?

Je n’en ai malheureusement pas le temps. Encore moins depuis que je suis entrée dans le Conseil des EPF (NDLR. Écoles polytechniques fédérales) pour soutenir la recherche.

Pratiquez-vous des loisirs dans la région?

Quand je rentre de Dubaï, une cité extravagante, j’aime retrouver l’authenticité du terroir vaudois. Je vais me balader, faire des grillades au bord du lac avec mon fils de 17 ans. Et je m’adonne à ma passion, le pilotage, depuis La Blécherette. Survoler le lac Léman quand il y a un coucher de soleil, c’est magique.

Puisqu’on parle terroir, êtes-vous amateur de chasselas?

Bien sûr, il y a toujours une bouteille au frais. Je suis un amateur de vin, avec modération, et plutôt éclectique.

Allez-vous au Paléo festival?

Oui. Je fais partie de ceux qui ont connu Colovray. Puis j’y suis allé avec mon fils. J’aime son côté multigénérationnel.

Que pensez-vous du développement effréné de l’arc lémanique?

J’ai un rapport étrange avec la croissance de la région. D’un côté je la subis, et d’un autre côté, quand je la compare avec Hongkong, par exemple, où je me rends souvent, je relativise et je me dis que nous avons une formidable qualité de vie avec cette combinaison de services, d’offres culturelles, de croissance économique et de nature qu’il y a chez nous.

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