Pourquoi le syndic de Nyon tait ses intentions

Elections communalesTancé par la droite, Daniel Rossellat briguera-t-il un troisième mandat?

Daniel Rossellat fait la tournée des popotes avant de se décider.

Daniel Rossellat fait la tournée des popotes avant de se décider. Image: DOMINIC FAVRE/KEYSTONE

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Fin 2008, il décrochait la syndicature de Nyon sans avoir grimpé les échelons traditionnels de la politique locale. Sept ans plus tard, Daniel Rossellat, qui a été brillamment réélu en 2011, fait face à une troisième élection. Va-t-il se représenter? Rien n’est moins sûr, car la situation au sein de la Municipalité à majorité de gauche est tendue, les rapports avec un Conseil communal à courte majorité de droite sont compliqués et, ces derniers mois, certains dossiers – celui des feux, la faillite du Luna Classics ou le raté qui a entouré le sauvetage de la télévision régionale au Conseil régional – ont suscité des critiques tant dans la population que parmi les élus.

Entre deux chaises

Récemment, Daniel Rossellat a démenti avec humour, dans la presse locale, une rumeur persistante selon laquelle Michel Platini lui proposait un poste de choix à Zurich s’il était élu président de la FIFA. Lui-même laisse planer le doute puisqu’il n’annoncera que fin octobre, après avoir fait la tournée des partis et dressé un état des lieux, s’il se représente ou non. Mais, pour la plupart des observateurs locaux, il devrait rempiler. «Il donne l’impression d’être indécis après cette année qui fut difficile. Mais je pense qu’il ne lâchera pas car il a de nombreux chantiers ouverts à terminer», estime Robert Jenefsky, président du Parti indépendant nyonnais (PIN).

Sans parti mais proche des Verts, le big boss de Paléo jongle entre droite et gauche. Il avait été élu à l’Exécutif contre un radical avec l’appui des socialistes et, dans la foulée, à la syndicature contre une députée socialiste chevronnée avec l’appui des radicaux. Une victoire insolente pour celui qui se voulait un rassembleur après le vide d’une année laissé par Alain-Valéry Poitry, le syndic démis de ses fonctions par le Canton pour avoir eu la mauvaise idée d’aller habiter à Prangins.

Aujourd’hui, il peut se targuer d’avoir débloqué certains grands chantiers de la ville, trouvé des partenariats public-privé pour relancer des projets, équilibré les comptes et engagé avec la plate-forme de gauche une politique d’incitation aux logements abordables. Plutôt gestionnaire pragmatique que politicien, Daniel Rossellat n’a jamais caché qu’il était socialement à gauche, économiquement à droite. En 2011 déjà, il espérait un rééquilibrage des forces à la Municipalité. Mais c’était compter sans le pataquès survenu au deuxième tour avec le PLR, qui avait laissé l’alliance de droite sur le carreau.

En février prochain, après cinq ans de règne de la majorité rose-verte, le centre droit, avec cinq candidats qui partent unis, semble avoir de vraies chances de reconquérir au moins trois sièges sur sept. Un scénario qui ne déplairait pas à Daniel Rossellat, lui qui aime planer au-dessus de la mêlée et jouer l’arbitre. Sans compter que cela détendrait les rapports de force avec la majorité de droite au Législatif.

Le jeu des majorités

Cette dernière pourrait même gagner la majorité à l’Exécutif, et alors revendiquer la syndicature. Un cas de figure qui serait piquant pour Daniel Rossellat, qui ne se sent à l’aise que dans cet habit. «Mais je ne crois pas à un raz-de-marée de la droite qui affiche des alliances avec l’UDC, avec le risque pour ses nombreux candidats de se biffer parmi», estime Alexan­dre Démétriadès, président du Parti socialiste nyonnais. Et de penser que le syndic a tout intérêt à continuer, ne serait-ce que pour gérer les dossiers importants lancés avec la plate-forme de gauche. «Si Rossellat devait se retirer, on viendra avec les candidats qu’il faut.» Un défi ambitieux sachant que la gauche, qui part pour l’instant à trois – les socialistes Fabienne Freymond Cantone et Stéphanie Schmutz, ainsi que le Vert Olivier Mayor –, devra déjà trouver la parade pour conserver le siège de Claude Dupertuis, le popiste qui n’a plus guère de soutien depuis que sa formation a été gommée du Conseil communal. (24 heures)

Créé: 17.10.2015, 09h23

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