«Il est temps que le Conseil soit mis face à ses responsabilités»

CommugnyLa commune va-t-elle quitter le Conseil régional? Le délibérant votera en juin, sans avoir profité de la séance de mercredi pour en débattre.

La syndique Odile Decré s'est dite très surprise de l'absence totale de réaction du Conseil communal face à la possibilité de voir Commugny quitter le Conseil régional.

La syndique Odile Decré s'est dite très surprise de l'absence totale de réaction du Conseil communal face à la possibilité de voir Commugny quitter le Conseil régional. Image: Vanessa Cardoso

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Le Conseil communal de Commugny est une énigme. Cette assemblée où la longueur de l’hymne national chanté au 1er Août suscite une discussion de quinze minutes n’a pas pipé mot, mercredi soir, à l’heure de débattre d’une éventuelle sortie du Conseil régional. Pourtant le sujet, autrement plus brûlant qu’un feu de joie, agite la commune depuis des mois. Plus encore depuis que ce même Conseil avait, sans grandes discussions là non plus, balayé les nouveaux statuts de l’organe lors de sa séance du 9 mars dernier.

Seulement 5 oui, et 24 non qui bloquent du coup le texte dans toute la région. «C’est aussi la marque qu’à Commugny on ne se laisse pas dicter nos choix, on prend très au sérieux la démocratie», glisse, sourire en coin, Jean-Pierre Rodieux. Président de la commission des affaires régionales – une particularité commugnane – et représentant du Conseil communal à l’assemblée régionale, l’homme assume sans langue de bois les conclusions du quintet qu’il mène, très souvent largement suivies par l’organe délibérant. Ainsi, avant les statuts, le Programme des investissements régionaux (PIR) avait été rejeté en 2013. Tout comme son successeur, le Disren, écarté dans la foulée des nouveaux statuts.

Un silence de plomb

Trois refus qui ont donc convaincu la Municipalité de mettre sur le tapis une sortie du Conseil régional. Mercredi soir, en annonçant l’arrivée prochaine du préavis, la syndique, Odile Decré, avait vivement encouragé le Conseil à s’exprimer. La réponse? Un silence de plomb. Pas un bruit. Rien. «En vingt ans de politique communale, je n’avais jamais vécu ça, avouait ensuite l’élue, interloquée. Je ne sais pas trop ce que ça cache. Pourtant, les membres de la commission, au moins, n’hésitent habituellement jamais à s’exprimer.» «On avait compris que la Municipalité voulait entendre le reste des conseillers, alors on s’est tus», se défend Marc Vittoz, membre de la commission. Et puis il y a aussi un malaise. «On avait le projet de présenter justement une motion pour sortir du Conseil régional. On est surpris.»

«Collaborer, c’est mettre de l’eau dans son vin. Si le Conseil de Commugny n’est pas prêt à ça, tant pis»

«Moi aussi, j’ai été surprise le 9 mars, répond Odile Decré. Franchement, après le résultat, j’étais certaine qu’une motion serait déposée pendant les divers. Ça n’a pas été le cas. Il est pourtant temps que le Conseil soit mis face à ses responsabilités. S’il ne veut plus du Conseil régional, il faut qu’il le dise. Mais pas sans en débattre.» Du côté de l’organe intercommunal, on salue la stratégie choisie par la Municipalité de Commugny. «C’est important pour eux qu’ils puissent savoir sur quel pied danser, indique son président, Gérald Cretegny. La syndique mène une saine réfection. Travailler ensemble, c’est accepter de mettre de l’eau dans son vin. Si ce n’est pas possible pour le Conseil de Commugny, mieux vaut continuer à avancer sans.»

La rupture semble inéluctable

Alors restera, restera pas? La rupture semble inéluctable, quand bien même la Municipalité promet de défendre le maintien: «Nous ne sommes pas forcément tendres avec la région, nous n’hésitons jamais à exprimer nos désaccords. Mais je reste convaincue que nous avons besoin du Conseil régional. Comment nous faire entendre, sur une nouvelle sortie d’autoroute à Versoix ou la gare de Coppet notamment?» En face, la réponse est toute trouvée: «Ces besoins, on les a depuis des décennies, mais rien ne se passe, Conseil régional ou pas», regrette Marc Vittoz, vingt-cinq ans de Conseil au compteur. «Dans tous les cas, on contribue déjà suffisamment par l’impôt, sans avoir besoin d’une couche supplémentaire inutile entre les communes et le Canton», tonne encore Jean-Pierre Rodieux. Alors, oui, en juin, le débat sera chaud. S’il a vraiment lieu.

Créé: 21.04.2016, 20h00

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