Un terrain communal sème la discorde à Eclépens

EntreprisesLe groupe Orllati reproche aux autorités de lui avoir refusé une parcelle qui lui permettrait de s’implanter à Eclépens via le rail.

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Le projet était solidement ficelé, fin prêt pour la mise à l’enquête publique. Souhaitant étendre ses activités, l’entreprise Orllati, active dans le domaine de la construction, a acheté l’an dernier un vaste terrain dans la zone industrielle d’Eclépens en vue de s’y implanter. L’objectif? Créer un centre de traitement des terres polluées. Un emplacement d’autant plus stratégique qu’il permettrait à la firme de se raccorder au rail pour transporter les matériaux traités sur place. Erigé au rang de site d’intérêt cantonal dans le cadre de la politique des pôles de développement (PPDE), ce secteur est en effet amené à accroître le transport ferroviaire plutôt que par camion.

Mais voilà, les desseins du groupe, basé à Bioley-Orjulaz, se trouvent aujourd’hui dans une impasse. Car, pour se raccorder à la ligne des CFF et créer sa propre infrastructure ferroviaire à proximité de son terrain, Orllati lorgnait une seconde parcelle, propriété de la Commune d’Eclépens. Cette dernière en a décidé autrement: en septembre dernier, le Conseil communal validait la vente de ce lopin à Cridec – pour un montant de 187 000 francs.

Transaction sur les rails

C’est que cette société spécialisée dans la valorisation des déchets, établie depuis belle lurette à Eclépens, souhaite elle aussi développer un centre de traitement des terres polluées. Pour réaliser cette extension, prévue aux abords du site actuel, Cridec a donc souhaité racheter la fameuse parcelle convoitée par Orllati. Validée par l’organe délibérant, la transaction est désormais sur les rails.

«Ce que nous déplorons, c’est que la Commune ait favorisé Cridec, qui n’est pas raccordée au rail, et ne compte pas le faire avec son nouveau projet, réagit Miguel Sanchez, responsable Gravière et décharges chez Orllati. De plus, les plans du futur centre de Cridec touchent à peine le terrain que nous convoitions. Leur extension était donc tout à fait compatible avec la création de notre infrastructure ferroviaire.» Selon lui, les deux projets ont leur place dans la zone industrielle. «Nous sommes favorables à la concurrence, assure-t-il. Les deux centres de traitement des terres polluées pourraient coexister sans problème. Le marché est largement suffisant.» Un point de vue partagé par Cridec? La question restera ouverte: contactée, la direction n’a pas souhaité nous répondre.

Preuve que ce dossier est particulièrement sensible, la Municipalité d’Eclépens joue la carte de la prudence. Claude Dutoit, syndic, restera laconique: «Nous avons reçu une demande de la part de Cridec – qui est un excellent partenaire – pour le rachat de cette parcelle. C’est pourquoi nous nous sommes engagés avec eux. Le groupe Orllati nous a effectivement soumis une contre-offre, mais elle était nettement plus basse.» Le chef de l’Exécutif n’en dira guère davantage sur les coulisses des opérations.

Maintenant que la vente de la parcelle est scellée, le groupe Orllati pourra-t-il concrétiser son centre de traitement des terres polluées? «Nous avons envoyé un courrier à la Commune, dans lequel nous leur demandons de céder le terrain à Cridec avec un droit de passage pour notre entreprise, reprend Miguel Sanchez. Mais, pour l’heure, nous n’avons reçu aucune réponse.» A cela, Claude Dutoit répond sans tergiverser: «Le Conseil a approuvé la vente de ce terrain tel quel. Désormais, on ne peut rien faire de plus.» (24 heures)

Créé: 19.10.2015, 16h03

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