Une «tour de contrôle» gérera le trafic dans l’agglomération Lausanne-Morges

VaudLes acteurs de l'agglomération vont se coordonner pour fluidifier la circulation à travers les chantiers annoncés.

Le goulet d'étranglement de Crissier

Le goulet d'étranglement de Crissier Image: Odile meylan

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Les autorités de l’agglomération Lausanne-Morges se sont mises d’accord pour mutualiser et coordonner leurs équipements de gestion du trafic. Lundi, elles ont présenté la «véritable tour de contrôle» qui centralisera les informations en temps réel sur la fluidité de la circulation, dès 2020. Les automobilistes coincés quotidiennement dans les embouteillages de la région doivent probablement se demander pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt.

Pour l’instant, un crédit d’étude de 5 millions de francs permettra de «finaliser le projet». Il va être traité par le Grand Conseil prochainement. Tout comme la demande d’autorisation pour conclure une convention avec l’Office fédéral des routes afin de gérer le trafic sur l’autoroute.

«C’est un projet d’une grande complexité stratégique et politique», a souligné la présidente du Conseil d’État, Nuria Gorrite. Présente en tant que cheffe du Département des infrastructures, elle a énuméré la multitude d’acteurs qui vont devoir s’accorder: les 26 communes de l’agglomération, le Canton, la Confédération, quatre polices différentes, les Transports publics lausannois et ceux de Morges.

Cette «tour de contrôle» prendra ses quartiers sur les hauts de Lausanne, dans les futurs locaux de l’ECA. Cet outil reliera les feux de signalisation, les caméras, les panneaux d’information et autres capteurs de toute l’agglomération. Cette mise en commun vise à fluidifier le trafic. Mais une gestion intelligente peut sauver des vies, selon Béatrice Métraux. La conseillère d’État, responsable de la police cantonale, a indiqué: «Le principal avantage de cet outil, pour nous acteurs de la sécurité, réside dans la réduction des accidents et une plus grande réactivité des secours, qui seront informés en temps réel.»

«Une vague de travaux»
Le contournement de Lausanne voit passer quelque 110'000 véhicules par jour. Le réseau routier déjà congestionné est quotidiennement perturbé par des accidents. Près de 2000 ont été recensés en 2017 dans l’agglomération. «À l’avenir, le trafic ne va pas diminuer. Celui des véhicules motorisés individuels tout comme celui des transports publics vont augmenter», a prévenu le municipal lausannois de la police, Pierre-Antoine Hildbrand.

S’ajoute à ce constat une «vague de travaux gigantesques» qui déferlera ces prochaines années sur la région. Notamment sur la ceinture autoroutière de Lausanne, mais aussi, avec la requalification de nombreuses routes, la refonte de la gare de Lausanne, les travaux sur le LEB, etc. Il devient donc urgent de se doter d’un outil qui permette de rediriger en temps réel les flux de véhicules en cas de perturbations. Les usagers seront tenus au courant par le biais de panneaux d’information, des applications ou des inforoutes.

Il n’a pas échappé à la présidente du Conseil d’État qu’une application comme Waze ou Google offre déjà ce genre de services aux automobilistes à la recherche d’itinéraires alternatifs plus fluides. «Ces applications peuvent tout à fait envoyer le trafic dans une zone résidentielle, ce qui ne correspond pas à la volonté politique, note Nuria Gorrite. Il faut garder le trafic là où les autorités ont décidé qu’il doit être. C’est une question de souveraineté.»

L’outil qui sera mis en place aura l’avantage de pouvoir prendre des mesures pour prioriser les flux de véhicules sur les déviations choisies, en jouant sur la synchronisation des feux, par exemple. Pour ce faire, 120 scénarios de gestion du trafic en cas de perturbation seront établis par les autorités politiques. C’est là que les choses se compliquent. Ces 120 options devront au préalable être admises par les 26 communes. «C’est touchy de décider où reporter le trafic», relève Nuria Gorrite.

Une convention entre les communes devrait être signée l’année prochaine. Le coût de ce projet s’élève au total à 27,6 millions de francs. La Confédération y contribuera à hauteur de 35%. Le reste revient en grande partie au Canton.

Créé: 25.06.2018, 23h39

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