Les travailleurs de rue se déploient dans les villages

La CôtePlusieurs communes des districts de Morges et Nyon ont choisi cette année de faire appel à des éducateurs sociaux de proximité.

L'équipe d'éducateurs d'Espace Prévention, avec Gérald Magnin, Anthony Richard, Olivia Strübi et Siro Balestra, présente son équipement qui lui permet d'aller à la rencontre des jeunes.

L'équipe d'éducateurs d'Espace Prévention, avec Gérald Magnin, Anthony Richard, Olivia Strübi et Siro Balestra, présente son équipement qui lui permet d'aller à la rencontre des jeunes. Image: Patrick Martin

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Le monde a changé. Les villages sont aussi touchés par les actes d’incivilité. À Saint-George, le grand sapin de Noël avait été coupé au milieu de la nuit, en décembre, par une poignée de jeunes qui l’ont laissé au milieu de la route au centre du village. Quelques kilomètres plus loin, à Le Vaud, des départs de feu sur le site scolaire ont, entre autres, mis les nerfs des autorités à fleur de peau. Pour reprendre le contrôle de la situation, les deux Municipalités ont opté pour la prévention. Un travailleur social de proximité (TSP) aura la mission d’aller au contact des jeunes pour prévenir ces comportements.

À Le Vaud, une convention sera passée avec Espace Prévention, partenaire actif sur les districts de Nyon et de Morges, pour l’engagement d’un TSP à 15%. Le Conseil communal de Saint-George votera un préavis au mois d’avril pour un 10% supplémentaire.

Un grand nombre de familles

La situation de Le Vaud est particulière. D’abord parce qu’elle accueille sur son territoire un grand nombre de familles. Mais aussi car son site scolaire – 250 élèves – est un lieu de rencontre pour les jeunes des villages environnants. «Ils se sont souvent connus sur les bancs de l’école et ils reviennent ici quand ils sont plus grands», explique Chantal Landeiro, syndique du lieu.

À Saint-George, on avait essayé d’ouvrir un local pour les jeunes du village. Mais l’expérience a dû être interrompue à cause des comportements inadéquats de certains usagers. «Nous n’avons pas les moyens d’engager du personnel pour assurer une présence permanente, regrette Céline Etoupe, municipale de la Jeunesse. C’est pour cela que nous souhaitons pouvoir compter sur un TSP qui soit au contact des 15-25 ans.»

Le cas de ces deux villages n’est pas une exception. D’autres ont franchi le pas depuis quelques années, comme les 9 communes de Terre-Sainte, les 14 autour d’Aubonne et 5 entre Saint-Prex et Yens. Chaque région se partage un 50%. Rolle et sa couronne (9 communes) seront dotées d’un 80% dans le courant de l’année. Préverenges rejoint le mouvement avec un 15%. L’ensemble des TSP est sous contrat avec Espace Prévention, qui gère l’équipe de quatre éducateurs. Cette structure possède l’avantage, pour les communes, d’assurer de petits pourcentages sans rogner sur la qualité de la prestation. «Nous offrons de la flexibilité, note Nicolas Perelyguine, responsable d’Espace Prévention La Côte. Nous sommes là pour aider les communes quand elles rencontrent un problème, tout en jouant un rôle d’observatoire de la jeunesse.»

À la rencontre des jeunes

Espace Prévention est en réalité actif sur pratiquement l’entier des deux districts de La Côte. Il a une mission de sensibilisation auprès des jeunes, avec de la présence à proximité des écoles avec ses bus dans lesquels elle peut accueillir son public cible. Il organise aussi des interventions lors des fêtes au bord du lac en été, les girons et les festivals, avec un dispositif de prévention des risques.

La structure a en plus développé une offre de TSP depuis quelques années. Des suivis individuels sont offerts aux 14-25 ans, ainsi que des aides administratives ou de la médiation familiale. «Nous n’avons pas de mission sécuritaire, précise la TSP Olivia Strübi. Nous allons plutôt conscientiser le jeune sur son comportement, écouter ses revendications et trouver des aménagements pour améliorer la situation.»

Chaque année, les TSP d’Espace Prévention sont en contact avec 6000 jeunes. Si les effets de leur travail sont difficiles à quantifier, les régions qui ont pris ce pari en sont contentes. «Il s’agit d’un complément à l’offre existante sur le plan scolaire», juge Claude Philipona, président de l’Association scolaire Aubonne-Gimel-Étoy. En Terre-Sainte, qui n’a pas de problèmes d’incivilité, le bilan est aussi très positif depuis 2013. «L’éducateur a permis d’intégrer des jeunes dans plusieurs projets», se félicite Stéphanie Emery, présidente de l’association scolaire. Le skatepark de Mies a par exemple été dessiné par les jeunes et sa qualité est reconnue aujourd’hui loin à la ronde.

Créé: 06.02.2020, 08h12

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