Le tueur d’Ashleigh avait déjà serré le cou d’autres femmes

Homicide à MorgesUn an après la mort de la jeune femme étranglée par son ami, le procureur a bouclé son enquête. Il exclut le meurtre passionnel.

La jeune femme vivait au centre-ville de Morges. Le lendemain du drame, le meurtrier présumé se serait enfui en sautant de la fenêtre du premier étage.

La jeune femme vivait au centre-ville de Morges. Le lendemain du drame, le meurtrier présumé se serait enfui en sautant de la fenêtre du premier étage. Image: Philippe Maeder - A

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Le drame a été découvert il y a un an jour pour jour dans un petit appartement au cœur de Morges. C’est là qu’on a retrouvé le corps d’Ashleigh, décédée une semaine auparavant. Une violente dispute avec son compagnon aurait conduit à la mort par strangulation de la jeune femme de 25 ans. Plus de deux semaines après, l’homme avouait son crime.

Après une année d’enquête, la justice vient d’achever ses investigations. «J’ai entendu le prévenu une dernière fois début octobre. De mon côté, l’enquête est bouclée», confirme Xavier Christe, procureur au Ministère public d’arrondissement de La Côte. Le procès devrait ainsi avoir lieu l’an prochain.

Ashleigh. Cette jeune femme pleine de vie venait de reprendre des études dans l’événementiel juste avant son décès. Depuis quel­ques mois, elle fréquentait un jeune homme de 31 ans, cuisinier dans une maison de retraite de la région morgienne et père d’une petite fille née d’une précédente union.

Avant la nuit du drame, l’homme se serait déjà montré violent avec elle et lui aurait serré le cou à deux reprises. L’enquête révèle aujourd’hui qu’il aurait aussi perpétré ce même type de violences sur d’autres femmes dans le passé. «Il lui est déjà arrivé de commettre des violences au cou précédemment, avec d’autres de ses compagnes», précise Patrick Mangold, avocat de la famille de la victime.

Alcool et jalousie

Pour le couple, tout a dégénéré le 28 octobre 2014, lorsque le trentenaire a étranglé Ashleigh au milieu de la nuit. Ce dernier – jaloux et sous l’emprise de l’alcool – l’aurait surprise en compagnie d’un autre homme dans un restaurant des hauts de Morges quelques heures auparavant. Paniquée, elle a alors tourné les talons et a téléphoné à ses parents. Rejointe par son père, Ashleigh a ensuite décidé de rester dans son appartement et de ne pas aller dormir au domicile familial.

Plus tard dans la soirée, le papa a croisé le prévenu en ville et a tenté de calmer le jeu en allant boire un verre avec lui. Mais l’arrivée de la jeune femme dans le bar a provoqué une nouvelle dispute au sein du couple. En raccompagnant sa fille à son logement, le papa – inquiet – aurait alors fait jurer à sa cadette de ne pas ouvrir à son compagnon si ce dernier revenait.

Le lendemain, il est retourné frapper à la porte de la jeune femme. Et a entendu une voix – qu’il croyait être celle de sa fille – demandant au chien de se taire. Pensant qu’elle lui avait simplement désobéi, le papa est alors rentré chez lui sans insister. Plus tard, il découvrira qu’elle était décédée pendant la nuit et que c’était la voix du meurtrier présumé qu’il aurait entendue. Le prévenu, après avoir passé la nuit auprès de la défunte, aurait ensuite sauté par la fenêtre du premier étage avant de jeter le téléphone portable d’Ashleigh dans le lac.

Le crime n’a été découvert qu’une semaine plus tard, le 4 novembre 2014, au hasard d’une intervention de police dans l’immeuble où vivait Ashleigh. Intrigués par la forte odeur provenant de son appartement, les policiers ont enfoncé la porte, avant de découvrir son corps en état de décomposition sur le lit. Le chien était toujours en vie.

Le compagnon avoue

L’enquête s’est alors tournée vers le compagnon de la victime, qui aurait finalement reconnu son implication dans le décès de la jeune femme. Jusqu’à son arrestation, le 21 novembre 2014, et sa mise en détention provisoire, il aurait continué à aller travailler.

A l’époque, l’avocate du prévenu avançait clairement la piste du meurtre passionnel pour expliquer le geste de son client. Par la voix de son nouveau conseil, Me Gilles Monnier, il fait désormais savoir qu’il souhaite réserver ses déclarations à la procédure qui est toujours en cours.

Aujourd’hui, le procureur fait cependant une tout autre lecture du dossier. «Dans cette affaire, je vais soutenir le meurtre et pas l’assassinat ni le meurtre passionnel, reprend encore brièvement Xavier Christe, qui ne souhaite pas revenir en détail sur l’enquête. J’ai adressé un avis de prochaine clôture aux parties et annoncé la mise en accusation du prévenu. Elles ont jusqu’au 20 novembre pour demander des mesures d’instruction supplémentaires. Si aucun complément n’est requis, je pourrai rédiger l’acte d’accusation avant la fin de cette année.» Le prévenu risque une peine privative de liberté de 5 ans au moins, comme le prévoit le Code pénal en cas de meurtre. En ne retenant pas l’assassinat, le magistrat estime visiblement que l’homme n’a pas tué Ashleigh avec une absence particulière de scrupules et n’a pas non plus prémédité son acte. Il estime également que, au moment de son geste, il n’était pas en proie à une émotion violente que les circonstances rendraient excusable, comme le prévoit le Code pénal en cas de meurtre passionnel.

Quant aux parents de la jeune femme, ils n’ont pas souhaité s’exprimer et attendent le procès avec impatience, mais anxiété. «Ce sera dur sur le moment et ensuite ce sera, je l’espère, une libération. Aujourd’hui, la souffrance est encore très présente», précise enfin Patrick Mangold. (24 heures)

Créé: 04.11.2015, 07h36

Les parents d'Ashleigh ont accepté la publication de la photo. (Image: DR)

Témoignage

Le meurtre d’Ashleigh n’a été révélé que le 27 novembre 2014 par la police, soit un mois après son décès, survenu dans la nuit du 28 octobre. «24 heures» avait alors récolté le témoignage des parents de la victime.

Eprouvés, mais très dignes, ces derniers étaient revenus en détail sur les instants qui ont précédé le drame. Dans l’immeuble où vivait la jeune femme, au cœur de Morges, l’horreur et la consternation dominaient. Sous le choc, des voisins tout comme d’anciens collègues de la jeune femme témoignaient de leur tristesse.

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