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Les vélibs prolifèrent plus vite que les voies cyclables

L’offre de vélos en libre-service est en forte hausse mais les infrastructures restent lacunaires. PRO VELO LaCôte s’impatiente.

Raphaël Charles, président de Pro Velo LaCôte, se réjouit de voir des améliorations, notamment ici au pont Farbel, l’un des points noirs historiques du réseau cyclable.
Raphaël Charles, président de Pro Velo LaCôte, se réjouit de voir des améliorations, notamment ici au pont Farbel, l’un des points noirs historiques du réseau cyclable.
PATRICK MARTIN

Le nombre de stations de vélos en libre-service (vélibs) va connaître un boom dans le district de Nyon. Le réseau passera de 13 à 27 points relais cet été, puis à 50 en 2020. L’offre concerne surtout les pendulaires qui veulent rejoindre leur lieu de travail, souvent depuis une gare. Cet essor est salué par les cyclistes et tous les partisans de la mobilité douce. Mais dans cette région où le taux de motorisation est le plus élevé du canton, les aménagements pour améliorer et sécuriser la circulation des deux-roues restent très insuffisants.

12% du potentiel aménagés

Une étude réalisée par Région de Nyon en 2017 a identifié un potentiel de 315 km de voies cyclables, dont seulement 12% sont aménagés. Pro Velo LaCôte pointe surtout du doigt le manque de continuité des itinéraires destinés aux cyclistes. Son président, Raphaël Charles, rappelle avoir créé la section en 1999 avec un autre Pranginois dans le but de revendiquer une liaison continue entre Nyon et Gland. «Dix ans après, il n’y a toujours rien de fait, constate-t-il. Les verrous du pont Farbel, côté Gland, et du tunnel de l’Etraz, côté Nyon, n’ont pas été supprimés. Et des cas comme ceux-là, il y en a plein d’autres.»

Au niveau de ces deux points noirs, les choses bougent… lentement. Municipal responsable de la Mobilité à Gland, Michael Rohrer précise que l’aménagement du passage entre Prangins et Gland, dans la continuité du chemin longeant l’aérodrome, fait partie des mesures d’agglomération du Grand Genève cofinancées par la Confédération. Ces travaux sont compris dans un paquet de mesures à réaliser d’ici à 2022.

«Nous sommes prêts, ajoute Michael Rohrer. Nous n’attendons plus que la validation des répartitions financières de la part de Prangins.» Il explique qu’il a fallu du temps pour avoir l’accord du Canton et de l’agriculteur propriétaire, qui ne voulait pas de chiens dans ses champs (le chemin sera aussi pédestre). Puis enfin, pour s’entendre sur le cofinancement. Du côté de Nyon, le délai de réalisation de la passerelle qui franchira la route de l’Etraz est fixé à 2025. «Mais dans l’idéal, nous aimerions la terminer en 2021 ou 2022», indique la municipale nyonnaise Roxane Faraut Linares, visiblement motivée.

Associée à l’étude sur le réseau cyclable régional, Pro Velo LaCôte a eu l’occasion d’en relever les lacunes, tant sur le plan pratique que sécuritaire. Désormais, ses membres aimeraient qu’on passe de la planification aux choses concrètes. «Nous avons donné nos priorités, pour un maillage cohérent à l’échelle du district, signale Raphaël Charles. Et nous avons fait d’autres propositions pour les localités. Mais les volontés politiques ne sont pas les mêmes partout.»

Alternatives au site

Pionnier de la mise en place des vélos en libre-service, Lucas Girardet, fondateur de VéloPass (devenu PubliBike) en 2010, connaît bien ces problèmes. «Le développement des vélibs devrait aller de pair avec l’aménagement des réseaux cyclables, mais les collectivités publiques sont coincées par les normes VSS (ndlr: qui concernent la route et les transports) qui rendent les travaux compliqués et coûteux.» Le président de Pro Velo LaCôte sait qu’il faut trouver des alternatives aux voies en site propre, souvent impossibles à réaliser. «On doit améliorer la formation des usagers pour une meilleure cohabitation et mieux signaler les passages les plus dangereux, estime-t-il. On aimerait aussi un effort accru des transports publics. Le train Nyon - Saint-Cergue, par exemple, pourrait avoir un wagon pour les vélos.»

Suite à la votation du 23 septembre 2018 pour la promotion des voies cyclables en Suisse, Pro Velo LaCôte attend un soutien plus marqué des politiques. En plus de la route Suisse, des voies cyclables dignes de ce nom pourraient être aménagées entre Nyon et Crassier, le long du pied du Jura, entre Coppet et Rolle, sur l’axe Jura-lac… et sur les routes qui mènent aux écoles. Raphaël Charles sait qu’il faudra encore de gros coups de pédale pour qu’on réalise l’entier des 315 km du réseau.

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