Le verrier Vetropack prévoit des ventes en recul

IndustrieLe franc fort et la concurrence européenne mettent l’exploitant du site de Saint-Prex sous pression.

Image: Vanessa Cardoso

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Comme d’autres entreprises suisses actives dans l’industrie lourde, Vetropack a subi de plein fouet l’appréciation du franc depuis la levée du taux de change plancher le 15 janvier dernier. Consolidant ses comptes dans la monnaie helvétique — bien que ne réalisant plus que 11% de ses ventes en Suisse — le producteur valdo-zurichois de bouteilles et de bocaux a vu ses recettes plonger de 12,4% à 273 millions sur les six premiers mois de l’année.

Par contre, s’il était calculé en devises locales, son chiffre d’affaires aurait fortement augmenté et se serait apprécié de 5,8%. Cependant, ces développements positifs à l’étranger n’auront pas réussi à compenser le recul des ventes calculées en franc.

Ukraine sous contrôle

Les fluctuations de devises s’avèrent également cruciales pour les ventes de Vetropack sur son marché historique — la Suisse, où il a maintenu une capacité de production avec sa fonderie de verre à Saint-Prex, sur La Côte. Le franc fort a en effet rendu meilleur marché les produits importés, comme ceux du français Saint-Gobain et de l’américain Owens Illinois.

Autre grand soucis du verrier, la guerre civile en Ukraine, où il détient une fabrique. «La demande du marché a diminué, mais Vetropack a pu répercuter à ses clients la forte hausse des coûts ( ndlr: qui en résulte)», a précisé lors d’une rencontre en tête à tête hier à Bülach Claude Cornaz, le directeur et membre de la famille propriétaire majoritaire.

Saint-Prex exigera 10 millions

Pourtant, ces défis ne changent rien à la stratégie de Vetropack concernant son site de Saint-Prex et ses 200 employés. «En l’état actuel, la vanne de fusion de Saint-Prex devrait pouvoir fonctionner sans problème jusqu’en 2017 ou 2018, selon l’état du matériel réfractaire. Nous n’aurons la visibilité nécessaire (ndlr: sur son état et sur les investissements à consentir) qu’en 2016», a ajouté Claude Cornaz. Le groupe dit vouloir tout faire pour maintenir une activité industrielle en Suisse. Une nouvelle vanne «coûte de 10 à 15 millions de francs et a en général une durée de vie de dix ans», a-t-il encore ajouté.

Outre le recul des ventes consolidées en franc, le résultat opérationnel a aussi souffert d’une perte de valeur de liquidités en euro. Il a reculé au total d’un quart de sa valeur. Au final, le résultat net du groupe s’en ressent fortement et a chuté de moitié à 14,2 millions.

Fin d’année tendue

Cette mauvaise passe devrait se poursuivre sur la deuxième moitié de l’année. Vetropack, qui emploie 3014 collaborateurs, prévoit un chiffre d’affaires et un résultat annuel inférieur à ceux de 2014.

L’intégration sur cinq mois de la nouvelle fabrique acquise en Italie n’arrivera pas à compenser les effets du franc fort. Un passage à vide que le groupe va pouvoir supporter grâce à ses reins financiers solides.

Créé: 25.08.2015, 07h55

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