La «véto» de Saint-George est accro à la vie sauvage

FauneCatherine Tschanen, vétérinaire mobile, s’occupe autant des chats et des chiens d’ici que des tigres et des éléphants en voie de disparition.

Vétérinaire, Catherine Tschanen réalise aussi des films avec des animaux sauvages.

Vétérinaire, Catherine Tschanen réalise aussi des films avec des animaux sauvages. Image: LDD

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Écouter Catherine Tschanen parler de sa vie consacrée à soigner les animaux, c’est voyager dans des contrées de nature sauvage aux quatre coins de la planète. Ses rencontres avec les loups, les gorilles, les ours, les tigres, les raies manta ou les éléphants ont l’air de sortir d’un film. La «véto» de Saint-George ne tient pas en place. En 2004, de retour en Suisse après des années de travail pour «Vétérinaires sans frontières», elle a été une des pionnières de l’unité vétérinaire mobile pour animaux de compagnie.

La patronne de Mobivet se déplace volontiers dans votre cuisine pour soigner votre chat mais continue à parcourir le monde en tant que présidente de l’association Terre & Faune, qu’elle a fondée en 2001. En partenariat avec des groupements locaux et des ONG internationales, l’association lutte contre l’exploitation et la souffrance des animaux sauvages en Inde, en Thaïlande, au Laos, aux îles Comores, au Kenya et en Tanzanie. En ce moment, Catherine Tschanen développe un important projet de préservation des éléphants d’Afrique vivant à proximité du Kilimandjaro.

Chez cette enfant de Pully, l’envie de devenir vétérinaire est venue très tôt. «À l’âge de 4 ans, je voulais déjà aller sauver les koalas en Australie. Mon lit me servait de radeau et mes animaux en peluche étaient mes assistants. J’avais un pistolet à eau pour tuer les braconniers.» Puis il y a eu la série TV «Daktari» (docteur en swahili), inspirée de la vie d’une des premières Européennes à avoir accompagné les Africains dans la protection des animaux sauvages. Depuis, Catherine a réalisé son rêve de devenir «Daktari Tschanen».

Sous les pattes d’un loup

Fraîchement diplômée de l’Université vétérinaire de Berne, Catherine Tschanen s’est plongée pour la première fois dans la vie sauvage lors d’un programme de réintroduction des loups dans le Caucase. Des loups qu’elle a ensuite retrouvés dans le Grand-Nord canadien. «Pour faire partie de l’équipe qui les étudiait, j’ai fait trois mois de survie en pleine nature avec un Amérindien. Un jour, je me rapprochais d’une tanière quand le chef de meute est venu vers moi en me montrant ses canines. Je me suis couchée pour montrer ma soumission. Le loup a mis ses pattes sur moi pendant cinq minutes et il est reparti.»

Ce genre de grands frissons, cette femme intrépide en a vécu de nombreux autres: en face d’une ourse et ses petits, avec un gorille qui s’est frotté à elle, en présence de babouins, de tigres, ou sous l’eau avec des raies manta… Sans peur? «Je ne peux pas croire qu’un animal puisse me faire du mal. Bien sûr, je ne me mets jamais dans une situation où il peut ressentir une menace. Mais surtout, je communique avec eux. Ils savent que je leur porte un amour inconditionnel.»

Plus que sa passion pour les animaux, c’est le monde sauvage qui captive Catherine Tschanen. «Je suis une grande esthète. Je suis fascinée par l’harmonie qui règne dans la nature. Après des millions d’années, les espèces se sont adaptées à leur environnement. Il y a de la souffrance, mais c’est sublime. En revanche, j’ai de la peine à supporter l’arrogance des humains, qui croient être les meilleurs et avoir tous les droits.»

D’où l’importance que cette femme de 57 ans porte à l’éducation et à la sensibilisation des populations locales, avec lesquelles Terre & Faune collabore étroitement. Elle vient de soutenir la création d’un grenier pour 300 femmes massaï. «Protéger la faune, l’écosystème, et lutter contre le braconnage, cela passe par l’amélioration des conditions socio-économiques des gens.» (24 heures)

Créé: 17.04.2019, 07h33

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