Les infarctus nyonnais pourront être soignés à Genève

UrgencesLe chef de la cardiologie des HUG explique les avantages du récent accord signé entre Nyon et Genève.

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La liberté des patients de se faire soigner où bon leur semble est devenue une réalité en Suisse au début 2012. Cependant la mise en œuvre pratique de ce principe ancré dans la loi sur l'assurance maladie achoppe sur quelques difficultés entre autres sur la question clé: qui paie la facture? Récemment, les ministres de la santé à Lausanne et à Genève ont déclaré qu'ils ne rembourseraient pas des cliniques privées que des patients avaient choisies.

La question est cruciale voire vitale pour les patients victimes d'un infarctus, qui habitent à proximité d'un centre hospitalier mais dans un autre canton, ce qui est le cas des Vaudois de la région de Nyon. Afin de leur offrir les soins les plus rapides, les HUG et l'Hôpital de Nyon ont signé une convention qui permet depuis le début de cette année de traiter en urgence à Genève les patients domicilié entre Versoix et Nyon, victimes d'infarctus et qui étaient jusqu'à présent obligatoirement dirigés vers Lausanne. Un patient de Mies conserve toujours le choix d'être hospitalisé à Lausanne s'il en émet le vœu. L'accord, précise les HUG, pourra être étendu aux patients qui souffrent de trouble du rythme cardiaque ou d'une maladie qui nécessite l'assistance d'une sorte de cœur artificiel.

150 à 200 patients Vaudois par an

Le professeur François Mach, chef du service de cardiologie des HUG, est prêt à accueillir quelque 150 à 200 patients de plus par année au boulevard de la Cluse: «C'est très important pour les patients qui sont ainsi assurés que leurs artères seront débouchées rapidement et pour la qualité générale que le service peut rendre à la population genevoise.» En effet, cette qualité est notamment dépendante du nombre d'interventions par année et par l'expérience et la routine qu'acquièrent ainsi les équipes médicales et infirmières qui se relaient 365 jours par an et 24 heures sur 24.

François Mach rappelle que le plateau technique de l'Hôpital cantonal est l'un des deux ou trois meilleurs d'Europe. 80% des artères sont débouchées en moins de 90 minutes. Cela tient à plusieurs facteurs dont la proximité et la mise en œuvre de cardiomobiles qui embarquent un médecin urgentiste.»

L'autre élément clé du succès d'une prise en charge en cas d'infarctus c'est la bonne réaction des patients. François Mach rappelle combien il est vital de réagir très vite à toute douleur inhabituelle dans la poitrine - à gauche ou à droite - avec une sensation de serrement, de brûlure et persistant quelques minutes. Il faut appeler le 144.

En Suisse, rappelle le service de presse des HUG, une personne succombe à un accident cardiaque toutes les 20 minutes en moyenne. Chez l’adulte, l’infarctus du myocarde demeure la principale cause de mortalité.

(24 heures)

Créé: 02.04.2014, 20h34

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Pas de convention pour les patients de France voisine

Les patients de France voisine ne bénéficient pas d'une convention leur offrant le même avantage que celle qui lie désormais les HUG et l'hôpital de Nyon dans le domaine des urgences cardiaques. «C'est seulement au cas pas cas que Genève traite des infarctus dont souffre des habitants de France voisine», indique François Mach. Les HUG n'en reçoivent qu'un par semaine en moyenne. Ces patients sont généralement dirigés vers Annecy qui dispose d'une bonne salle de cathétérisation ou vers Grenoble. La question des coûts est au cœur du problème. Le plateau d'Annecy facture environ trois fois moins cher la prise en charge d'un infarctus. (JFM)

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