[Vidéo] De la carrière au béton, l'itinéraire du gravillon

La CôteEntre Apples et Gland, la production de la carrière des Délices transite uniquement par le rail.

Découvrez tout le parcours des gravillons, de la carrière au béton. Vidéo: Anetka Mühlemann/Gilles Biéler


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Il est 7 heures ce vendredi matin, sur les hauts d’Apples. Tandis que le soleil grimpe au-dessus du Léman et des champs, une imposante pelleteuse commence à grignoter l’immense carrière des Délices, exploitée depuis juillet après plus de dix ans de gestation. D’ici à quinze ans, 1,6 million de mètres cubes de terre en auront été extraits.

Directement déposée sur un tapis roulant, la terre traverse en un savant labyrinthe des centaines de mètres de structure afin d’être secouée, triée, lavée. Avant d’être répartie en sept catégories, de la boue aux graviers les plus grossiers. La première, sans intérêt jusqu’à nouvel avis, se retrouvera au fond du trou. Quant aux autres, ils prendront le train. «Passé l’extraction et jusqu’à la livraison à Gland, jamais un camion n’aura été utilisé», indique fièrement Nicolas Richard, responsable des projets de développement durable chez Ronchi, qui coexploite la gravière et transforme les matériaux en béton sur son site glandois de la Ballastière.

«Plusieurs millions de francs»
Un pari sans carbone à «plusieurs millions de francs» et lourd d’incidences sur la conception des sites de production et d’extraction. Ici donc un dédale de tapis roulant traitera, en pleine production, 2000 m3 de terre chaque jour ouvrable. Le bruit est assourdissant, la partition – encore en finition – semble pourtant réglée à la demi-croche. Et les efforts de durabilité sont au diapason. Ainsi l’eau utilisée pour les différents bains et machines à laver les graviers (les mêmes que pour les habits, mais en dix fois plus grand – et solide) est recyclée après avoir été débarrassée de toute trace de boue.

Le système, presque entièrement automatisé, est ainsi fait que trois personnes suffiront à faire tourner cet immense cirque à ciel ouvert. Sous les imposantes zones de stock, des trappes non moins impressionnantes permettent ensuite aux différents graviers traités d’être acheminés vers les wagons fraîchement acquis par les Transports de la région Morges-Bière-Cossonay (MBC). Un convoi, justement, attend son départ. Pour l’instant seulement rempli de sable dans trois de ses sept wagons, il pourra à plein («il faut encore quelques semaines de réglage») et en trois voyages faire chaque jour le job d’une cinquantaine de camions. Soit une centaine de rotations en moins pour les voisins et les émissions de CO2.

Dans les entrailles de la cathédrale
«En fait, dans l’histoire, on économise essentiellement des rejets de gaz carbonique», admet Nicolas Richard. A l’heure actuelle, d’ailleurs, vu le cours du brut, le système coûte davantage que les solutions antérieures. Il faut dire qu’il a fallu installer près d’un demi-kilomètre de voie entre Apples et la gravière ou encore aménager entièrement à Gland une gare de transbordement – la «cathédrale» – capable d’avaler chaque jour 900 tonnes de matériaux pierreux.

C’est justement à la Ballastière que débarque le convoi arrivé du pied du Jura après un changement de boggies à Morges (l’écartement des voies n’est pas le même entre le MBC et les CFF). En gare de Gland, une locomotive diesel – qui «à terme sera remplacée par une électrique» – propulse le chargement à la vitesse du pas. En quelques minutes, 150 tonnes de gravier sont délivrées à travers une grille géante. En dessous, les receveurs peuvent contenir 300 tonnes. Et débitent leur contenu sur un tapis filant à vive allure vers un camion-benne monstre. «Pour l’instant, on fait avec. Mais, à terme, le tapis déversera son chargement directement dans la centrale béton.» Alors, le camion malaxeur, qui aura reçu le béton pour se rendre vers son chantier, sera le premier engin motorisé à croiser la route des cailloux depuis leur extraction à la pelleteuse, une demi-journée plus tôt. (24 heures)

Créé: 13.09.2016, 11h30

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