Les villages voient la vie en roses pendant l'abbaye

La CôteLe tir parvient encore à mobiliser les citoyens qui célèbrent leurs rois et décorent les rues avec des milliers de fleurs en papier.

A Ballens, Julien Croisier et Sylvain Goy ont chapeauté la confection de plus de 15000 roses en papier pour l'abbaye qui aura lieu dès le 21 juillet.

A Ballens, Julien Croisier et Sylvain Goy ont chapeauté la confection de plus de 15000 roses en papier pour l'abbaye qui aura lieu dès le 21 juillet. Image: Sébastien Bovy

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Le district de Morges n’est pas prêt d’envoyer valser l’une de ses plus anciennes traditions: les abbayes. Durant plusieurs jours, les fines gâchettes se battent devant la cible pour devenir roi du tir – et d’une certaine manière régner sur le village de manière symbolique et surtout éphémère – lors d’une fête qui mobilise étonnamment une frange bien plus large que les seuls passionnés.

Tous les trois ou quatre ans, selon le rythme choisi, c’est l’occasion de convaincre les néophytes de se lancer, de rassembler les familles, ou, pour ceux qui ont déménagé, de revenir au bercail. Surtout de montrer au monde entier que sa commune est la plus belle. Et pour y arriver, chaque comité d’organisation rivalise de créativité à l’exception d’un point immuable: les roses en papier – où à partir de bouteilles en PET – à «aguiller» sur les sapins disposés sur le chemin du cortège.

«Nous avons préparé 15 000 roses.»

Depuis des mois, les petites mains s’activent dans tous les coins, comme à Ballens où l’ancienne salle de classe a repris vie pour l’abbaye qui aura lieu du 21 au 23 juillet. «Nous avons préparé 15 000 roses, explique Didier Roch, abbé-président. Les hommes s’occupent de couper et friser le papier et les dames du pliage.» Un travail qui a commencé en décembre et qui a duré un soir par semaine pendant plusieurs mois. «Nous avons posé des affiches pour annoncer les horaires, mais c’est principalement le bouche-à-oreille qui permet de recruter.»

Car si l’on retrouve souvent les mêmes têtes aux manettes de l’organisation, ces fêtes revêtent une importance capitale à peine affichée, mais bien réelle, celle d’entretenir la cohésion du village et d’intégrer des nouveaux citoyens qui ne sont pas toujours intéressés par la vie locale. Il est parfois piquant de voir, par exemple, des citoyens installés au bord de leur piscine réaliser qu’il y a une fête dans leur village au moment où le cortège et la fanfare passent à grand bruit devant leur jardin.

Cohésion en toile de fond

La cohésion sociale, l’intégration, le vivre-ensemble figurent d’ailleurs en tête du hit-parade des discours des syndics, députés ou préfets, personnalités aussi indispensables que les bricelets lors de la partie officielle. «Il y a des gens de tous les âges, entre 15 et 90 ans, mais nous avons le plaisir de voir les jeunes particulièrement impliqués cette année», se réjouit Sylvain Freymond, à la tête de la décoration du côté de Montricher où le tir est une véritable institution. Qui l’est encore plus cette semaine, puisque la société accueille le Grand tir des abbayes vaudoises.

Une tradition bien ancrée

Mais la décoration de la cantine et des rues n’a rien d’un hobby de vacances, puisque c’est souvent ce dont les gens se souviennent une fois la fête terminée, avec un sens aiguisé de la critique. À Apples, qui vient de boucler trois jours de liesse, Magda Gonçalves a osé relever le défi sur le thème du cinéma, et les commentaires glanés à l’ombre des lettres géantes formant un «Applywood» plus vrai que nature laissent deviner qu’elle a parfaitement rempli la mission. «Cette métamorphose éphémère du village fait partie de la tradition et on voit qu’il tient à cœur aux habitants de la conserver.» Là aussi, la Société de jeunesse, les ami(e) s et les mamans n’ont pas compté leurs heures.

Pour un élément commun à tous les villages concernés par la dizaine d’abbayes prévue dans le district de Morges en juillet: la bonne humeur contagieuse dans cet environnement où le tir n’est qu’un prétexte pour se rassembler finalement loin du stand. (24 heures)

Créé: 10.07.2018, 17h20

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