«Mon violon est depuis toujours mon plus fidèle compagnon»

MorgesVioloniste connu et reconnu, Gyula Stuller va recevoir la distinction culturelle de la Ville de Morges. Portrait.

Acquis il y a une vingtaine d’années à Lausanne, le violon de Gyula Stuller ne le quitte pratiquement jamais

Acquis il y a une vingtaine d’années à Lausanne, le violon de Gyula Stuller ne le quitte pratiquement jamais Image: Vanessa Cardoso

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En franchissant la porte de l’appartement de Gyula Stuller, situé à proximité du château, le ton est immédiatement donné. A l’étage de son logement aux vieilles poutres apparentes, de la musique résonne avant de se propager rapidement dans toutes les pièces. «Ma femme et mon fils répètent pour notre prochain concert, précise d’emblée ce virtuose à l’apparence frêle, tout en pénétrant dans son bureau transformé en salle de musique. Dans cette maison, il est rare de passer une journée sans que personne ne joue d’un instrument.»

Depuis sa plus tendre enfance, la musique berce son quotidien, il en a fait son métier. Aujourd’hui encore, elle est sa plus grande passion. Et c’est avec un violon et un archet entre les mains que ce Morgien d’origine hongroise excelle. Vendredi prochain, au théâtre des Trois P’tits Tours, celui qui est notamment premier violon solo à l’Orchestre de chambre de Lausanne recevra la distinction culturelle de Morges. Une fierté pour celui qui s’est beaucoup investi pour animer cette ville.

Premier prix à 17 ans

C’est pourtant à Budapest, à des centaines de kilomètres d’ici, que Gyula Stuller a vu le jour en 1962. Son père, psychologue et grand amateur de violon, et sa mère pianiste professionnelle lui ont transmis le virus musical. «Le son du violon a immédiatement résonné en moi et m’a beaucoup touché dès les premières notes. A 3 ans, je voulais déjà apprendre à en jouer mais j'ai dû attendre mes 6 ans pour débuter les cours. Dès le départ, je savais que je voulais en faire mon métier. Mon violon est depuis toujours mon plus fidèle compagnon.»

A seulement 11 ans, il intègre une classe préprofessionnelle puis, six années plus tard, il décroche son premier prix dans un concours international qui lui permettra de se produire à l’étranger.

Chez lui, dans sa salle de musique, assis à une petite table entre deux pianos, Gyula Stuller paraît timide. Une impression accentuée par sa chemise blanche et son pantalon noir légèrement trop grands. Derrière ses lunettes de forme octogonale, ses yeux d’un bleu soutenu semblent petits. Mais l’homme retrouve toute son assurance lorsqu’il désigne du doigt l’un des célèbres musiciens accrochés au mur de la pièce: Tibor Varga, violoniste hongrois à la renommée internationale.

«Lorsque j’avais 23 ans, je suis devenu son assistant, à Sion, après avoir décroché le premier prix du concours qui porte son nom», poursuit le musicien, qui a rapidement dû apprendre le français. Il n’a depuis plus quitté la Suisse et a rencontré sa femme Yukari dans le train. «Nous nous sommes parlés car nous avions tous les deux un étui à violon, confie-t-il. Six mois plus tard, nous nous sommes mariés.» Aujourd’hui, avec leurs deux enfants, Julia et Barnabas, ils viennent de monter un quatuor et se produisent de temps en temps sur scène. La famille a débarqué à Morges en 1998 après avoir notamment vécu à Epalinges et à Lausanne. «Nous avons dû déménager à de nombreuses reprises à cause des voisins qui se plaignaient de la musique. Mais ici, nous n’avons heureusement plus de problèmes.»

Musique estivale

A Morges, Gyula Stuller a fondé il y a huit ans l’Académie musicale, qui permet à des artistes du monde entier de suivre deux semaines de master class en été et de se produire ensuite sur scène. «C’est Eric Voruz, syndic de l’époque, qui m’a demandé d’imaginer quelque chose pour animer le mois de juillet à Morges», précise le violoniste, qui enseigne également à la Haute Ecole de musique à Lausanne depuis de nombreuses années.

Aujourd’hui, il a pourtant décidé de passer le relais au sein de l’Académie musicale. «En somme, ce qui est formidable avec la musique, c’est qu’elle m’ouvre de nouveaux horizons et que je peux autant enseigner que me produire sur scène avec un orchestre ou en solo.»

Créé: 21.11.2014, 12h12

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