Elle vit sa passion aux commandes du BAM

BallensKassandra De Giuli est une des deux mécaniciennes du petit train vert. Elle raconte sa passion d’un métier plutôt masculin.

Si elle appréhendait les débuts, Kassandra De Giuli est à l’aise dans sa cabine de pilotage.

Si elle appréhendait les débuts, Kassandra De Giuli est à l’aise dans sa cabine de pilotage. Image: Christian Brun

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Mécanicienne de train. Une profession que l’on n’a pas l’habitude de décliner au féminin. Et pourtant de plus en plus de femmes décident de se lancer dans cette formation. C’est le cas de Kassandra De Giuli, qui conduit depuis plusieurs mois le petit train vert (dit le BAM, pour sa ligne Bière-Apples-Morges) qui fait partie du réseau MBC. «J’ai choisi de travailler dans les transports publics car je pense que c’est un métier qui a de l’avenir. On peut automatiser les trains au maximum, mais il faudra toujours l’homme derrière», développe la jeune femme de 29 ans. Avant de renchérir: «La deuxième raison est que j’avais besoin de faire un métier où je me sentais utile. Si un matin je ne me lève pas, ce sont des dizaines de personnes qui ne peuvent pas rejoindre leur travail.»

«C’est un job de rêve»

Quant au choix de piloter le train régional, c’était une évidence pour Kassandra De Giuli. «Au départ j’avais vu une offre aux CFF. J’en ai parlé avec mon papa, qui travaille pour les MBC, et il m’a dit qu’ils cherchaient des personnes pour le BAM. Comme je me suis déplacée avec ce transport public toute mon enfance, je n’ai pas hésité longtemps», confie-t-elle. En effet, avant d’habiter Ballens, la mécanicienne a également vécu à Montricher et à Bière, deux villages desservis par la ligne. Après avoir été décoratrice d’intérieur dans un premier temps, la jeune femme voit ce métier comme un renouveau. «C’est vraiment un job de rêve.»

«Comme je me suis déplacée en BAM toute mon enfance, je n’ai pas hésité longtemps»

De caractère timide, Kassandra De Giuli craignait de ne pas se faire sa place dans ce milieu presque uniquement masculin – seules deux femmes sont mécaniciennes de train pour les MBC. «Finalement, l’équipe est vraiment incroyable et je crois que je préfère même ne pas être trop avec des filles, avance-t-elle en souriant. Je pense que les femmes ne se tournent pas vers ce métier parce que le terme mécanicien donne l’impression qu’on va mettre les mains dans le cambouis toute la journée. Mais, aujourd’hui, conduire un train, c’est plus technologique que mécanique.»

Assise dans sa cabine de l’automotrice du petit train vert, Kassandra De Giuli semble comme un poisson dans l’eau. «Train 114 au départ de Morges», annonce-t-elle à la centrale, avant d’expliquer: «Maintenant, c’est plus que l’heure et les feux sont verts, donc je vais y aller. Dans quelques mètres, je vais faire un test d’efficacité des freins pneumatiques. C’est ce qu’on appelle un geste métier.»

Il faut rester attentif

Le trajet à travers la campagne du pied du Jura a beau être idyllique, la mécanicienne ne se laisse pas déconcentrer. «Il faut pouvoir anticiper et rester attentif. À la signalisation, à la vitesse, aux demandes d’arrêt… et à ceux qui ont oublié d’appuyer sur le bouton pour demander à monter! Parfois, on les remarque trop tard et on ne peut donc pas risquer de freiner, malheureusement. Ils doivent attendre le prochain», ajoute-t-elle.

À la gare de Morges à 10h50, Kassandra de Giuli a vingt minutes de pause avant de conduire les voyageurs en direction de Bière. Plus que quelques allers-retours avant la fin de la journée pour celle qui l’a commencée à 5 heures. Le sourire ne décolle pas de ses lèvres: elle a trouvé sa voie, c’est certain.

Créé: 29.07.2019, 06h56

Une formation de sept mois

Transporter des centaines de personnes au quotidien n’est pas un métier facile. De nombreuses aptitudes sont requises et il faut passer des tests psychotechniques et médicaux avant d’entrer en formation (elle dure sept mois). Au bout de trois mois, les aspirants passent un examen intermédiaire, avant de rouler pendant les quatre suivants avec un mécanicien titulaire, ce qui prépare aux tests finals (théoriques et pratiques). Pour rester toujours à niveau, les pilotes doivent repasser des examens tous les cinq ans.

Malgré toutes ces précautions, est-ce facile de se dire que l’on transporte autant de monde? «J’essaie de me détacher d’une possible appréhension, dit Kassandra De Giuli. Je me dis que, si je respecte toutes les prescriptions et les protocoles, je n’ai pas de souci à me faire.» Mais la peur de l’accident n’est jamais loin. «Une fois, il y avait un groupe d’enfants qui se poussait au bord des voies et l’un d’entre eux a lâché son téléphone puis a tendu la main pour le rattraper. Il ne s’est rien passé, car j’étais plus loin, mais c’était angoissant de voir ça.»

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