Passer au contenu principal

Le voilier le plus titré du Léman est enfin restauré

En travaux à Versoix, le «Fleur Bleue» est aussi âgé que le Bol d’Or. Il sera l’une des vedettes du Musée du Léman de Nyon.

A 94 ans, le navigateur genevois Henri Schmid est venu mercredi à Versoix assister à une étape importante de la restauration de ce bateau de course, un monotype Lacustre, menée par le chantier naval Philippe Durr pour le compte du Musée du Léman à Nyon.
A 94 ans, le navigateur genevois Henri Schmid est venu mercredi à Versoix assister à une étape importante de la restauration de ce bateau de course, un monotype Lacustre, menée par le chantier naval Philippe Durr pour le compte du Musée du Léman à Nyon.
PATRICK MARTIN
Ce bateau a une valeur exceptionnelle, car il a été lancé en 1939, en même temps que le Bol d'or qui fête cette année sa 80e édition.
Ce bateau a une valeur exceptionnelle, car il a été lancé en 1939, en même temps que le Bol d'or qui fête cette année sa 80e édition.
PATRICK MARTIN
Le «Fleur Bleue», que le marin Schmid surnommait affectueusement le Patriarche, d'autres la Palplanche, a été construit en bel acajou au chantier naval Oester de Rolle.
Le «Fleur Bleue», que le marin Schmid surnommait affectueusement le Patriarche, d'autres la Palplanche, a été construit en bel acajou au chantier naval Oester de Rolle.
PATRICK MARTIN
1 / 6

«Il était difficile à barrer, j’ai d’ailleurs mis trois ans pour apprendre à filer droit!», souffle Henri Schmid, qui fut de 1942 à 1958, puis encore dans les années septante, marin sur le Fleur Bleue, le voilier le plus titré du Léman. À 94 ans, ce navigateur genevois est venu mercredi à Versoix assister à une étape importante de la restauration de ce bateau de course, un monotype Lacustre, menée par le chantier naval Philippe Durr pour le compte du Musée du Léman à Nyon.

Stradivarius du lac

Ce bateau a une valeur exceptionnelle, car il a été lancé en 1939, en même temps que le Bol d’or qui fête cette année sa 80e édition. C’est un monotype Lacustre, une série imaginée en 1938 par Pierre Bonnet, président du Yacht-Club de Genève et le fameux architecte naval Henri Copponex, afin d’offrir un bateau moins cher que le voilier 6mJl et inciter un maximum de navigateurs à participer à la future grande régate entre Genève et le Bouveret. «Pari réussi, car ce bateau, avec sa petite cabine favorisant aussi la croisière, a connu un succès international et est encore construit aujourd’hui. Ce n’est pas pour rien qu’en Suisse alémanique, où il est aujourd’hui le plus répandu, on l’appelle le Stradivarius du lac», relève Jean-Raymond Wehrli, président de l’Association suisse des propriétaires de Lacustres. Alors qu’en 2017, on recensait 268 unités, il navigue encore sur le Léman une petite trentaine de ces bateaux en bois à la ligne effilée, avec leur coque longue (9,50 m) et étroite (1,81 m.).

Le Fleur Bleue, que le marin Schmid surnommait affectueusement le Patriarche, d’autres la Palplanche, a été construit en bel acajou au chantier naval Oester de Rolle. Propriété de Robert Thorens, c’était le numéro 7 de la série. Mais en 1939, il arrive un jour trop tard pour s’inscrire au premier Bol d’Or! Ce qui n’empêchera pas son propriétaire, entrepreneur qui passait sa vie sur le lac, de cumuler les victoires puisque sur les bords du Léman, on lui en attribue 614, ce qui ferait du Fleur Bleue le bateau le plus titré… du monde!

«C’est une magnifique histoire entre des passionnés et un objet qui a permis à tant de jeunes de se former à la voile»

Il y a dix ans, quand Carinne Bertola, alors conservatrice du Musée de Léman, a vu ce bateau de course mythique croupir dans un champ de la campagne genevoise, son sang n’a fait qu’un tour. «On ne pouvait laisser ce voilier emblématique mourir ainsi», note celle qui a longtemps œuvré pour la sauvegarde du patrimoine naval. La famille Thorens lui ayant légué l’objet, le bateau a été stocké au chantier naval du Vieux-Port, à Versoix, jusqu’à ce qu’on trouve les moyens pour le restaurer. C’est grâce à la Fondation créée pour soutenir l’extension du Musée du Léman que les travaux ont pu démarrer afin d’être prêt pour 2018, année anniversaire du Bol d’Or. «Le but de la fondation est aussi d’enrichir les collections du musée, et nul doute que Fleur Bleue sera l’une des vedettes de la future halle qui permettra d’exposer la cinquantaine de bateaux témoignant de l’histoire du Léman», rappelle son président Daniel Rossellat. Le syndic de Nyon voit dans les 200 000 francs qu’il faut réunir pour cette restauration un bon investissement, heureusement partagé par d’autres fondations et donateurs.

Mercredi, toute l’équipe du chantier naval de Philippe Durr, qui réunit artisans mais aussi régatiers amoureux du bois, s’est mobilisée pour retourner la coque enfin rénovée. «C’est une magnifique histoire entre des passionnés et un objet qui a permis à tant de jeunes de se former à la voile», relevait Laurent Chenu, président du Prix du patrimoine naval de la Fondation Bolle.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.