Les voitures ne seront pas bannies du vieux bourg de Saint-Prex

PatrimoineLa création d’un parking extra-muros a partiellement résolu le problème du trafic au cœur du bourg. L’Exécutif planche également sur d’autres options.

Certains habitants souhaiteraient que le vieux bourg de Saint-Prex, véritable joyau médiéval, ne soit accessible qu’aux piétons.

Certains habitants souhaiteraient que le vieux bourg de Saint-Prex, véritable joyau médiéval, ne soit accessible qu’aux piétons. Image: FLORIAN CELLA

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Véritable joyau patrimonial, le vieux bourg de Saint-Prex forme un écrin protégé à l’abri du tumulte moderne. A tel point que certains de ses habitants souhaiteraient bannir les voitures, qui tournoient en quête d’une place de parc, de leurs ruelles et venelles médiévales. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 250 automobiles qui passent quotidiennement sous l’Horloge, selon le comptage réalisé par un radar.Pour marquer son ras-le-bol, un groupe de citoyens déposait en 2013 une pétition garnie de quelque cent paraphes, réclamant la suppression de la circulation et du parcage dans le bourg.

Croisé près du café, Robert Ernst, retraité installé depuis sept ans dans la commune, se verrait bien flâner dans des rues réservées aux piétons: «C’est toujours plus agréable dans un village, et cela rendrait les lieux plus touristiques.»

La problématique de la circulation au cœur du bourg est un véritable serpent de mer à Saint-Prex. Au fil des décennies, les autorités ont tenté d’y remédier sans qu’aucune solution ne trouve grâce aux yeux de l’ensemble de la population.

«Solution de second choix»
La Municipalité en place a tenté de remédier à ce casse-tête en aménageant un parking d’une quarantaine de places au Chauchy, à l’ouest du village, en août dernier. «Cela a passablement amélioré les choses, mais ce n’est pas encore suffisant», observe le municipal Roger Burri, précisant que le projet date d’avant la pétition. Et l’élu d’ajouter que des comptages démontrent que les places sont occupées à 95% par des habitants ou commerçants du vieux bourg. Blaise Bonvin, initiateur de la pétition, ne partage pas le même avis. «Un parking en dehors du centre représentera toujours une solution de second choix et ne permettra donc, en pratique, aucune amélioration», lâche-t-il.L’Exécutif devrait-il envisager de suivre les velléités de pétitionnaires et rendre le vieux bourg aux piétons? «Nous n’envisageons pas cette option, affirme Roger Burri. Le risque serait que Saint-Prex devienne une ville fantôme.»

Convaincu par cet argument, Sylvain Vigot, patron du Café-Restaurant Le Vieux Bourg, ne mâche pas ses mots: «Cette proposition est aberrante! Il n’y a plus beaucoup de petits commerces et d’artisans. Alors, rendre le bourg piéton, ce serait le tuer! Cependant, si une telle décision devait être prise, il faudrait trouver d’autres solutions. Il faudrait par exemple offrir une meilleure desserte en bateau et organiser plus d’animations pour animer le bourg. Nous devrions alors nous mettre ensemble pour trouver des idées.»Blaise Bonvin, lui, est catégorique: «La Commune parle du bourg comme possédant un attrait touristique. Mais ce n’est pas possible d’attirer des touristes s’ils doivent sans cesse s’écarter pour laisser passer les véhicules!»

Un geste citoyen
Coincées entre pro- et anti-voitures, les autorités creusent plusieurs pistes mais n’ont pas déniché la solution qui accorderait tous les violons. «Nous envisageons de n’autoriser officiellement que les bordiers dans cette zone, mais nous ne placerons pas un policier derrière chaque automobiliste, indique Roger Burri. Nous comptons résoudre ce problème par le geste citoyen.»

Créé: 16.02.2015, 09h02

Un casse-tête qui ne date pas d’hier

Faut-il rendre le vieux bourg de Saint-Prex aux piétons? La question revient régulièrement sur le tapis. «Les Municipalités successives ne sont pas restées inactives. Elles ont tenté de mettre en place différentes mesures», rapporte Roger Burri, municipal.
Ainsi, dans les années 1980, cet écrin patrimonial a été fermé à la circulation le week-end. La mesure a tenu une dizaine d’années avant d’être abolie. «Les véhicules passaient quand même, il n’y avait pas de contrôle», explique l’élu. A la fin de la décennie, la Commune a mis en place un groupe de travail composé d’habitants et de commerçants. Une démarche qui a conduit à la création d’un parking d’une vingtaine de places à l’est du vieux bourg. Par la suite, le secteur a été marqué par des zones bleues dans le but d’éviter le parcage sauvage. «Depuis lors, habitants et commerçants ont la possibilité d’acquérir des macarons», complète Roger Burri.
Puis plus rien. Dans les années 2000, la question de la circulation est restée en arrière-plan. Jusqu’à la récente réalisation du parking du Chauchy. «Le projet a été initié en 2012, précise Roger Burri. Mais il y a eu de nombreux recours émanant de voisins directs.»

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