Ze Pinte redonne à l’auberge son âme

L’Esprit des pintesNichée en plein coeur du village, l'Auberge Communale de Signy-Avenex est le seul bistrot de la localité.

Valérie Tachet et Christophe Schneider exploitent l’auberge de Signy-Avenex, pinte communale depuis 1880.

Valérie Tachet et Christophe Schneider exploitent l’auberge de Signy-Avenex, pinte communale depuis 1880. Image: VANESSA CARDOSO

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En ouvrant l’annuaire, on découvre que la commune de Signy-Avenex, 500 habitants, n’a pas d’école mais ne compte pas moins de huit cafés-restaurants! Cette pléthore ne montre pas un goût particulier de ses habitants pour la boisson et la bonne bouffe. En fait, tous ces établissements, sauf un, sont logés dans l’immense centre commercial qui borde la commune et dans le tout nouveau Bowling Hôtel situé juste en dessous. Au village, situé à cinq cents mètres à vol d’oiseau, à l’écart de la grande route, il n’y a qu’un bistrot: l’Auberge Communale, un bel édifice construit en 1814 par le fameux architecte Henri Perregaux. Valérie Tachet et son compagnon Christophe Schneider, qui ont pris les rênes de l’établissement en 2016, lui ont redonné l’esprit et même le nom de pinte villageoise, avec, en sus, une bonne table privilégiant les produits locaux et des plats «faits maison».

«J’aime bien les cafés vivants, l’esprit villageois», explique Valérie Tachet, en tournoyant entre les tables qui se remplissent à midi. Il faut dire que la patronne, bien que d’origine française, est une Nyonnaise de cœur et connaît bien le tissu local, car elle a bossé pendant près de dix-huit ans, jusqu’en 2004, comme serveuse dans cette auberge. Elle tutoie la moitié des clients, dont les nombreux footballeurs qui montent à Signy pour retrouver celle qui tenait la buvette du Stade Nyonnais, où ses deux fils sont aujourd’hui entraîneurs de juniors. «Ce qui est bien, c’est que les gens du village commencent à y revenir», se réjouit la dynamique quinquagénaire (en photo ci-dessous).

C’est que la pinte a quelques atouts: elle est logée en plein cœur du village, dans un bel immeuble orné d’un clocheton, avec un grand parking gratuit juste en face et une belle terrasse (voir la photo ci-dessous) pouvant accueillir en été jusqu’à 60 convives. À l’intérieur, il y a d’un côté le café, avec ses vieilles tables et ses chaises patinées, son haut comptoir, sa télé, la table haute qui accueille le «coin des copains», et surtout la cagnotte que la tenancière a rétablie dès son arrivée. De l’autre côté, il y a la salle à manger, où l’on vient en salopette, en col blanc, en tenue de cycliste ou avec une poussette, des villages voisins ou de Genève, tout aussi prisée à midi pour y déguster le menu du jour mitonné par le chef de cuisine.

Avant de reprendre Ze Pinte avec sa compagne, Christophe Schneider, dit «Kiki», a longtemps tenu le Bœuf Rouge à Crassier et est connu loin à la ronde pour ses plats mitonnés, dont la langue aux câpres, servie à la pinte tous les premiers jeudis du mois, ou des classiques comme les rognons de veau ou le jambon à l’os et gratin, servis tous les dimanches.

Certes, les mentalités ont changé. Les vieux du village n’y sont plus installés chaque samedi et dimanche devant un verre de blanc. «Sauf moi, car tout me plaît dans ce bistrot. L’accueil chaleureux et son décor, sympa dedans comme dehors», complimente Raymond Blanchard, un Signéran retraité de chez Caterpillar. Il est attablé au bistrot avec Guillaume Tecon, l’un des vignerons du village, qui vient de livrer son vin à la pinte. «On est tous ravis de l’accueil et de l’ambiance que Valérie a créés ici. En plus, tout y est fleuri, propre et sympathique», commente le jeune viticulteur.

«On doit être là pour les gens du village comme pour les gens de passage»

Si, dans la journée, le client se fait parfois rare, la patronne tient à ouvrir de 7h30 à 23h. «C’est un choix car on doit être là pour les gens du village comme pour les gens de passage, que ce soit des employés ou des randonneurs à pied ou à vélo», estime Valérie Tachet, qui n’oubliera pas de sitôt la tornade qui a passé par sa terrasse il y a deux ans. «Curieusement, les verres sont restés sur les tables, mais les parasols ouverts ont été emportés à des dizaines de mètres de hauteur. On en a retrouvé un plus tard au cimetière!»

Claude Molteni (au centre sur la photo ci-dessous), de Dully, est devenu tellement accro à ce bistrot qu’il vient y manger deux ou trois fois par semaine. Avec son épouse, mais aussi avec des copains. «C’est bientôt le seul village de la région qui a gardé pour son auberge cette atmosphère de pinte, avec une cuisine bien de chez nous, alors que d’autres se transforment en gastros ouverts seulement à l’heure des repas. Ici, c’est vivant et, comme au Paléo, on y retrouve un tas de gens qu’on n’a pas revus depuis longtemps!»

(24 heures)

Créé: 19.05.2019, 10h10

Ze Pinte

Rue des Fontaines 36

www.zepinte.ch

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