La Journée de la Terre nourricière au gymnase d'Yverdon

ReportageSept gymnasiens du Nord vaudois se sont mobilisés pour éveiller la conscience écologique de leurs camarades. Une action originale, entre stands de dégustation d'insectes et de sensibilisation

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Depuis 2009, la date du 22 avril a été officiellement choisie par l’Organisation des Nations Unies comme Journée de la Terre nourricière. Aujourd’hui, 22 avril 2015, le réchauffement climatique ne cesse de menacer la vie sur terre, les ressources tendent à s’épuiser face à une population toujours croissante. A cela s’ajoute le gaspillage alimentaire, la surconsommation de viande et la négligence des habitants de la planète.

Sensibilisés par leur enseignant Christian Henchoz durant des cours de géographie sur la mondialisation et l’alimentation, sept étudiants du Gymnase d’Yverdon ont décidé en septembre dernier, de s’unir derrière l’acronyme E.S.C (Education au Service de la Communauté) et de monter un projet pour agir en toute conscience écologique au sein de leur gymnase. Ils ont investi depuis leur temps libre et toute leur énergie. Voilà comment la Journée de la Terre nourricière est arrivée au gymnase d’Yverdon.

Dans le programme de cette journée, une partie officielle s’est tout d’abord tenue dans la cour du gymnase. Tous les élèves se sont retrouvés et ont assisté aux discours du directeur Jean-François Gruet, de l'enseignant Christian Henchoz et des sept « éducateurs en herbe », accompagnés d’un concert du groupe de musique de l’école. Puis les événements se sont enchainés dans les couloirs de l'établissement, où différents stands étaient installés. De la dégustation d’insectes à la dégustation de tartes faites à base de fruits de saison, en passant par des stands d’apiculture et de prévention sur le gaspillage alimentaire, autant de points de rencontre avec une communauté gymnasiale engagée.

Christian Henchoz, «l’élément déclencheur»

Tous les membres du groupe E.S.C, ont mentionné « les cours de Monsieur Henchoz » lorsque la question sur la nature de leur engagement dans ce projet était posée. Après avoir toujours été sensibilisé à la nature mais aussi après avoir été choqué par certains comportements à l’égard de cette dernière, l’enseignant Christian Henchoz propose depuis quelques années déjà des cours sur la mondialisation et l’alimentation à ses élèves. « Se sont des sujets auxquels les jeunes répondent activement », observe-t-il.

Dans son discours d’hier, lors de la cérémonie officielle, il citait l’écrivain turc Sait Faik Abasıyanık : « La nature apprend à l’homme à nager lorsqu’elle fait couler son bateau. » Il parvient à prouver à ses élèves qu’il est facile d’apprendre à nager, et qu’il suffit de bonne volonté pour agir et améliorer les conditions environnementales de la planète. « La mondialisation et l’alimentation restent des sujets risqués , ajoute-t-il. Le but n’est pas de donner des solutions concrètes sur ce qu’il faut faire ou pas au XXIème siècle pour régler les problèmes environnementaux mais plutôt de présenter aux élèves des alternatives pour qu’à leur tour, ils agissent dans de bonnes directions. » Pour ce faire, Christian Henchoz a alimenté ses cours avec les portraits de grands personnages qui ont sut faire la différence à travers leurs actions à l’égard de la planète. Robin Cornellius (fondateur de la marque Switcher) ou Yvon Chouinard (fondateur de l’entreprise Patagonia) font partie de son répertoire.

Les cours qu’il a offert à ses élèves ont propulsé sept d’entre eux dans différentes ambitions qui les ont mené à la mise en place de la Journée de la Terre nourricière au gymnase. Ils ont présentés des exemples d’actions concrètes qui ont entrainés d’autres étudiants motivés à participer au programme. Le but ? Pousser à la réflexion et inciter la communauté gymnasiale à concevoir davantage d’actions semblables dans le futur. Mélanie Montone et Lauranne Gallou ont mises sur pied « Recyclons la communauté. » en proposant une campagne de sensibilisation, par le biais de vidéos et d’affiches. Jean Renevey et Lucie Corset ont eux décidé de proposer un stand de dégustation avec de la nourriture à base de vers de farine. Et Justine Greim, ainsi que Clémence Giroud et Alicia Saybouakhao se sont donné l’objectif de planter des arbres fruitiers pour par la suite, distribuer des fruits gratuitement pendant les pauses.

Les insectes : l’alternative en phase de séduction

Une autre idée originale est celle de Lucie Corset (18 ans) et Jean Renevey (19 ans). Ensemble, avec l’aide de Nicolas La Croix (apprenti cuisinier habitant de Baulmes), ils ont décidé de présenter un stand, où des vers de farine étaient transformés en sablés aux olives et au parmesan ou bien mêlés à un délicieux chutney mangue-ananas. « J’ai dû réaliser en 2ème année un exposé sur la nourriture du futur. C’est là que j’ai été sensibilisé à la surconsommation de viandes et que j’ai décidé d’agir en 3ème année dans le cadre de ce projet », confie Jean, qui depuis a réduit sa propre consommation de viande à trois fois par semaine. «Il faut enlever le tabou autour de la consommation d’insectes, dans d’autre cultures ils sont consommés régulièrement, pourquoi pas chez nous ? » ajoute Lucie.

Avec leur dégustation qui a séduit plus d’un curieux, ils ont souhaité faire découvrir une alternative qui a aussi un apport protéique et qui est bonne pour la santé. Alors pari réussi ? Le sourire aux lèvres, Jean lance, satisfait :« C’est magnifique de voir ce projet aboutir et de prouver que c’est possible si on fait preuve de bonne volonté. »

Du côté du corps enseignant et des autres étudiants, la dégustation d’insectes était pour beaucoup une première. Prisca Lehmann enseignante d’histoire au gymnase d’Yverdon :« C’est psychologique car si on ne m’avait pas dit, je n’aurais sûrement pas imaginé que ces sablés étaient à base de vers de farine. » Elle confie aussi qu’elle n’est pas encore prête et peut-être pas assez sensibilisée pour faire des insectes une alternative dans son alimentation. Ilan Sueur de Concise et Maxime Jan de Orbe, étudiants, ont eux aussi fait l’expérience. « C’était bon et on oublie qu’il y a des insectes ! »

Prévenir pour mieux guérir

Le long des couloirs, des affiches de sensibilisation et des stands d’informations permettaient aux jeunes de poser des questions. Nina Silva Vicente et Romain Geiser tous deux 18 ans et d’Yverdon, se sont joint au projet du groupe E.S.C.. Le gaspillage alimentaire qui est le thème de leur travail de Maturité a fait l’objet d’un stand.

Ils ont souhaité rendre attentifs leurs camardes sur les chiffres toujours croissants en matière de perte. « Je crois que j’ai été marqué dès l’instant où mes parents ont commencé à me dire: finis ton assiette ! » raconte Romain. Ce sont c’est les charriots de la cafétéria qui ont marqué Nina « Il reste toujours beaucoup d’assiettes pleines, et c’est pas normal qu’autant de nourriture finisse à la poubelle. »

Le duo, ne compte pas s’arrêter là. Ils prévoient de faire des tournus dans les classes yverdonnoises de 3ème et 4ème année, et d’initier les jeunes enfants à des gestes simples mais qui auront, ils l’espèrent, un grand impact. « Plus tôt ça commence, mieux c’est», ajoutent les deux jeunes ambitieux. D’autres étudiants se sont aussi joint à l’organisation de cette Journée de la Terre nourricière. Ainsi, des stands d’apiculture, de fabrication de fromage étaient par exemple installés. Un film tourné dans une ferme bio de la région était diffusé en boucle et des parts de tarte aux fruits de saison étaient chaleureusement distribuées.

Un journal, une force supplémentaire

Le groupe de rédaction du journal du gymnase «L’Oeil et la Plume» a également sorti un numéro pour fêter son cinquième anniversaire. L’enseignante de français Anne Rogivue, était fière de présenter la nouvelle maquette qu’elle qualifie de véritable plateforme pédagogique intra et extra muros. Distribué dans l’enceinte du gymnase mais aussi à la libraire L’Etage à Yverdon, « L’Oeil et la plume » permet aux gymnasiens et aux enseignants de s’exprimer et de tenir regroupées toutes les activités du gymnase. Ainsi, grâce à une nouvelle rubrique culturelle et la création du « Dossier de l’œil (Un gymnase au-delà des murs) », le gymnase d’Yverdon voit ses horizons s’élargir.

Les sept jeunes du groupe E.S.C, précisent : « On a lancé le projet pour qu’il dure sur le long terme afin que de nouveaux projets soient crées par de futurs gymnasiens. » Un début exemplaire, qui montre que la jeunesse et l’éducation sont une force lorsqu’on parle de bel avenir. (24 heures)

Créé: 22.04.2015, 16h47

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