À 125 ans, l’EHL louche sur le marché asiatique

LausanneL’École hôtelière de Lausanne célèbre son anniversaire avec ses anciens, tout en préparant un nouveau campus en Asie.

Le 3 février dernier, la toute nouvelle U Arena a réuni 1700 anciens élèves à Paris. Une douzaine d’événements comparables auront lieu cette année, de New York à Pékin.

Le 3 février dernier, la toute nouvelle U Arena a réuni 1700 anciens élèves à Paris. Une douzaine d’événements comparables auront lieu cette année, de New York à Pékin. Image: DR

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En octobre prochain, l’École hôtelière de Lausanne (EHL) célébrera officiellement son 125e anniversaire sur son site du Chalet-à-Gobet. Toutefois, les festivités ont déjà commencé et se poursuivront cette année, dans plusieurs grandes villes du monde. Mais surtout, l’élan international que cultive cette institution va connaître un nouvel essor. Un nouveau campus sera créé par l’EHL sur le continent asiatique. Les détails seront révélés dans les prochains mois.

La nouvelle, à moitié dévoilée lundi par son directeur, Michel Rochat, confirme les ambitions internationales de l’école. Elle avait déjà entamé cette mue en créant une certification qu’elle vend à d’autres écoles hôtelières. Une façon de capitaliser sur sa notoriété, matérialisée par la constitution d’une holding dont les entités assurent la formation, la gestion du campus et les activités internationales.

«Besoins gigantesques»

Mais, pour Michel Rochat, la création d’une vraie antenne de l’EHL en Asie est une manière de suivre le marché du tourisme. «Les besoins en formation sont gigantesques, dit-il. L’hôtellerie et le tourisme forment l’unique secteur où on attend une croissance annuelle de 3 à 4% pour les quinze prochaines années.» Une antenne asiatique permettra de faire un pas dans ce sens, tout en répondant aux attentes des étudiants. «Il y en a beaucoup qui souhaitent faire une partie de leur cursus en Asie et on assurera ainsi leur mobilité, tout en gardant à l’œil la qualité de leur formation», constate le directeur. Les débuts seront modestes, avec une centaine de places seulement. Mais ce départ semble prometteur, puisque les stratèges de l’EHL songent déjà à l’ouverture d’une autre antenne en Afrique, «la première de l’hémisphère Sud», précise Michel Rochat.

Ces perspectives se présentent alors même que le campus du Chalet-à-Gobet est en pleine transformation. Plus de 220 millions de francs sont en cours d’investissement. Des logements, un centre de l’innovation ou encore un nouveau giratoire d’accès suivront le développement des salles de cours. De quoi accueillir plus de 3000 étudiants à l’horizon 2020.

Il parait loin, le début de cette école dont l’excellente réputation se maintient au gré des années, attirant des étudiants de 120 nationalités. Si aujourd’hui l’EHL compte 40% d’étudiants suisses, ils étaient à peine plus nombreux en 1970. Elle est née à Ouchy, en 1893, à l’Hôtel d’Angleterre, avec une volée de 27 élèves. L’hôtelier Jean-Jacques Gauer, qui a longtemps incarné le Lausanne Palace, se souvient de son passage dans cette école, installée de 1903 à 1974 à l’avenue de Cour: «À l’époque on était 250 dans un esprit familial, raconte-t-il en mesurant le pas franchi par cette institution. L’EHL est devenue une référence mondiale lors de ces trente dernières années.»

Désormais, seul un étudiant sur trois fait carrière dans le domaine strictement hôtelier. Sa dénomination anglaise de «Hospitality Management School» précise mieux son profil d’école formant des managers qui évoluent dans des secteurs très divers. (24 heures)

Créé: 12.02.2018, 20h30

Conserver l’esprit de l’école

Pour célébrer ses 125 ans, l’École hôtelière de Lausanne se tourne vers ses anciens étudiants, de New York à Pékin. Le premier grand raout a eu lieu au début du mois, à Paris, où 1700 personnes ont accouru pour célébrer leur école. Les alumni forment d’ailleurs une vaste communauté structurée en 70 «stamms» répartis dans le monde, qui participe à la légende de cette institution.
Directeur de Swiss pour la Suisse romande, Lorenzo Stoll s’est formé à l’EHL. «J’en suis sorti avec plein de choses, dont le goût du travail bien fait, confie-t-il. Mais ce n’est pas le réseau des anciens qui a fait ma carrière, je l’utilise plutôt pour cultiver mon ouverture au monde et partager des expériences.»

Pour lui, l’évolution qu’a connue l’EHL – qui tend à se rapprocher d’un campus universitaire – est «nécessaire et reflète le développement de l’industrie d’accueil dans le monde». Mais il exprime des craintes pour ce qu’on peut appeler «l’esprit» de l’école. «Peut-on pérenniser l’excellence, le contact humain et le goût d’être ensemble sur un campus de 3000 étudiants?» questionne-t-il.
Pour l’actuel directeur, cela ne fait pas de doute. «Les liens véritables entre étudiants se créent dès la première année, alors qu’ils sont réunis en petits groupes qui resteront soudés pendant leur cursus», dit Michel Rochat. Pour lui, l’esprit de l’école se mesure au moment des vacances d’été: «Pour certains étudiants, c’est un réel déchirement, des larmes coulent.»

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