Passer au contenu principal

En 20 ans, le Point d’Eau Lausanne a vu la précarité s’étendre

La «clientèle» de la fondation créée en 1999 a changé au fil du temps. Les prestations ont été multipliées par sept.

La structure propose des prestations d’hygiène et de soins, comme ici de l’ostéopathie avec Anne Balmer et Caroline Christe.
La structure propose des prestations d’hygiène et de soins, comme ici de l’ostéopathie avec Anne Balmer et Caroline Christe.
Patrick Martin

Le Point d’Eau, c’est ce centre d’accueil à l’avenue de Morges, ouvert aux plus précaires pour une douche, une lessive ou des soins à prix très réduits. Devenu une institution, il fête ses 20 ans cette année. Et la demande croît toujours: de 4000 prestations en 1999 à près de 30'000 à l’heure actuelle.

En deux décennies, le Point d’Eau a donc vu sa «clientèle» s’élargir et se transformer. Au début, il était pensé principalement pour les migrants et les marginaux lausannois, mais aussi pour les étudiants, les personnes âgées et d’autres publics. «Nous avons créé cet endroit sur le modèle du Point d’Eau genevois, se souvient sa fondatrice, Christine Landolt. Nous avions pensé en premier lieu aux prestations d’hygiène, mais la demande en prestations de soins a rapidement augmenté.»

À l’ouverture du Point d’Eau, les bénéficiaires venaient principalement d’Amérique du Sud. Ils travaillaient dans l’économie domestique, l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment et l’agriculture. «Puis de toutes les provenances en fonction de ce qui se passe dans le monde», explique Christine Landolt.

Beaucoup d’autochtones

Depuis quelques années, de plus en plus d’«autochtones» passent la porte du Point d’Eau. «Derrière le mot précarité, il y a de nombreuses situations différentes: des migrants, des familles monoparentales, des étudiants, des patrons de petits commerces, ajoute Christine Landolt. L’une des grandes causes de la précarité, c’est le divorce.»

Désormais le Point d’Eau recherche de nouveaux locaux. Son but: séparer le côté hygiène (douches, buanderie, etc.) du côté soins. L’idée est aussi d’augmenter le nombre de cabinets.

Pas à l’aide sociale

Si la plupart des gens qui passent ici habitent en périphérie et dans le Grand Lausanne, leur profil est souvent le même: des personnes qui gagnent trop pour pouvoir bénéficier des aides sociales et du revenu d’insertion, «mais pas suffisamment pour sortir de la précarité», selon les mots de François Chéraz, le directeur du Point d’Eau.

«C'est une histoire de seuils, ajoute-t-il. Ces gens mettent alors en place des stratégies d'urgence, en remettant leurs soins préventifs à plus tard, en croyant faire des économies. Beaucoup viennent ensuite nous voir en urgence, alors que ce n’est pas notre vocation et que nous n’avons pas de place pour des urgences.»

40 francs pour le dentiste

Ici, la douche et la lessive coûtent 1 franc. L’ostéopathe, la coiffure, les massages thérapeutiques, la podologie et la médecine chinoise: 5 francs. Le détartrage, c'est 20 francs et les soins dentaires coûtent 40 francs par séance. La Fondation ne compte que 15 employés, qui se partagent 6 équivalents temps plein, 160 bénévoles, dont 100 thérapeutes. «À l’époque, nos prestations étaient gratuites, explique Christine Landolt. C’était une erreur. Les faire payer a permis d’y mettre une valeur et de changer le statut de nos visiteurs. Au lieu d’assistés, ils étaient des patients comme les autres.»

Si le divorce est l’une des principales causes de précarité, les frais de santé y participent également beaucoup, selon les responsables du Point d’Eau. François Chéraz estime à environ 30% la hausse des salaires depuis la création du Point d’Eau. «Mais les primes maladie ont pris 160%. Avec cela, la présence de personnes autochtones a augmenté parmi nos utilisateurs.»

L’État soutient le Point d'Eau avec une subvention de 680'000 francs par an, qui représente les trois quarts du budget. Le reste provient des recherches de dons. Un concert caritatif sera d'ailleurs organisé le 18 décembre à la salle Métropole, précédant un gala au Lausanne Palace le même soir.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.