Les 4,4 millions pour rendre la rue «vivante» passent mal

LausanneLa droite du Conseil communal se rebiffe contre un crédit global de financement d'aménagements urbains. Dans une ambiance crispée.

Un exemple des aménagements proposé dans le préavis discuté mardi au Conseil communal: les abords de l'école de Prélaz, au chemin de Renens, qui seront adaptés pour la sécurité des écoliers.

Un exemple des aménagements proposé dans le préavis discuté mardi au Conseil communal: les abords de l'école de Prélaz, au chemin de Renens, qui seront adaptés pour la sécurité des écoliers. Image: PHILIPPE MAEDER/A

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L'opposition lausannoise a passé un mauvais quart d'heure, mardi soir, au Conseil communal. Elle voulait se battre sur la forme contre un préavis de la Municipalité demandant 4,4 millions pour rendre les rues «vivantes». Craignant de voter un chèque en blanc qui laisserait toute liberté à l'exécutif, la minorité bourgeoise a proposé de rejeter un «préavis cache-misère» n'exprimant, à ses yeux, aucune vision précise. La majorité de gauche s'est fâchée, reprochant à ses adversaires de prêcher pour une ville du «tout à la bagnole» dont le piéton finit par être «expulsé». Dans une ambiance électrique, la copie municipale a finalement été votée à 50 contre 25, avec trois abstentions.

Avec son préavis, la municipale Florence Germond plaide pour une politique de proximité avec les habitants, dans l'optique de leur rendre la ville agréable, voire ludique. Des aménagements de rues sont envisagés, pour les enfants sur le chemin de l'école comme pour les piétons ou les riverains en général, de même que pour les personnes à mobilité réduite et les séniors. Cela va des signalétiques conviviales aux modérations de trafic, en passant par les bancs publics et les marquages au sol, ou encore la création de zones de rencontre.

Une étude spécialisée des espaces publics du centre-ville sera en outre commandée, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres cités d'Europe. Des endroits comme la place Arlaud ou la terrasse surplombant la promenade Derrière-Bourg pourraient, par exemple, être améliorés. Mais pas de programme précis sur les zones où la circulation devrait être ralentie, voire interdite.

Le PLR Mathieu Maillard a commencé fort en accusant la Municipalité de «se faire de la publicité à bon compte». Le prélèvement de 1,3 million (faisant partie du crédit global) dans le fonds pour le développement durable n'est en outre pas correcte, enfoui ainsi à l'intérieur du préavis. Pour le conseiller communal, cela revient à faire de ce fonds «une cagnotte privée pour la Municipalité».

Défendant sa municipale, le socialiste Romain Felli a répondu à l'attaque en accusant la droite de combattre pour des questions de fond et non, simplement, sur la forme: «Le préavis municipal est très clair, a-t-il embrayé. Il prône le retour d'une utilisation multi-modale de la rue et répond en cela aux demandes de la population. La droite, elle, ne veut pas de ça.» L'élu soupçonne le clan bourgeois de rêver encore à l'époque où les voitures étaient reines sur le bitume. Grondements dans la salle...

Plusieurs élus de l'UDC, du PLR et du PLC, formant le groupe de la droite, ont protesté qu'ils étaient favorables à l'ouverture des chaussées aux piétons, mais qu'ils ne supportaient pas qu'on leur fasse un tel procès d'intention. Ce qu'ils n'admettent pas dans cette affaire, disent-ils, c'est «l'aspect fourre-tout» du préavis (Valentin Christe, PLC), où «seuls les 4,4 millions à dépenser sont concrets». La présidente socialiste de la commission, Anne-Françoise Decollogny, très favorable au projet, a énuméré les avantages à faire confiance à la Municipalité. «Les abords des écoles sont souvent dangereux, dit-elle. Il faut les sécuriser, comme à Villamont, par exemple. On voit aussi que des quartiers se transforment, lorsqu'on permet aux habitants de les investir. C'est le cas à Montelly, un quartier autrefois mal aimé, où les gens se sont mis à jardiner.»

Florence Germond a clos le débat en rappelant que son préavis comprenait une somme de 1,5 million destinée à étudier les aménagements au centre-ville de manière, aussi, à favoriser la «vitalité des commerces». Elle y travaille d'ailleurs avec son collègue PLR Pierre-Antoine Hildbrand, responsable de l'économie lausannoise. L'objet a passé la rampe dans un traditionnel schéma gauche-droite, mais avec l'appui du Centre qui s'est déclaré «enthousiaste» pour le programme municipal. (24 heures)

Créé: 11.09.2018, 21h39

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