A Ecublens, le Motty tient à ses traditions

La place du Motty, avec l’Hôtel de Ville, l’Auberge, l’église et la cure.

La place du Motty, avec l’Hôtel de Ville, l’Auberge, l’église et la cure. Image: ODILE MEYLAN

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Pour beaucoup, Écublens est connu pour abriter les campus universitaires, ainsi que le SwissTech Convention Center, moderne site de congrès. Pourtant, sa devise «Écublens, ville et campagne» n’est pas anodine.

Bien que la localité se soit beaucoup développée ces dernières années, il y règne toujours un esprit rural, incarné par le Motty. Petite colline nichée entre les hameaux de Bassenges, de Villars et de Renges, son accès pentu demande quelques efforts. Mais le détour en vaut la peine: les parcelles de vignes surplombant l’Ouest lausannois rendent le paysage spectaculaire. Ces vignobles, Pierre Jacquenoud les connaît bien. «Ils appartenaient d’abord à mon grand-père, puis à mon père. Quand j’étais enfant, j’allais presser le vin à la cave. J’ai versé une petite larme quand la Commune se les est appropriés suite à un échange de terrains», raconte le petit-fils du premier buraliste postal d’Écublens.

Si les anciennes maisons, avec leurs volets vert et blanc et leurs bacs de fleurs, soulignent l’aspect champêtre du centre historique, le Motty n’a pas été épargné par l’urbanisation. «Autrefois, il n’y avait que des vignes ici. Elles ont été remplacées par des appartements», explique Michel Masson, autre retraité à l’accent d’ici bien trempé. Résidant dans la maison bâtie par son père, il connaît le quartier comme sa poche. «J’ai vu toutes les évolutions. Quand j’étais gamin, il y avait environ 800 habitants à Écublens, maintenant il y en a 12 000. À l’école, qui est actuellement le bâtiment de la commune, il y avait deux classes, une à chaque étage. Et à l’époque, il n’y avait qu’un seul policier!» s’amuse-t-il.

Le Motty héberge non seulement les institutions administratives, mais aussi l’église, véritable point de retrouvailles des Écublanais. Érigée à l’époque médiévale, elle conserve encore une fenêtre du XVIe siècle. «Le Motty s’est un peu vidé, mais le temple est souvent plein», annonce Vincent Guyaz, pasteur de la paroisse depuis onze ans. «Après le culte, tout le monde est convié à un café.» La cérémonie terminée, il n’y a plus qu’à faire quelques pas pour se rendre dans l’un des lieux les plus emblématiques du quartier: l’auberge communale. Dans cet établissement traditionnel, le service bat son plein à chaque midi. «Ce sont majoritairement des habitués qui viennent ici, notamment de l’EPFL», constate José Alvarez, l’un des trois associés.

Si tous considèrent que l’esprit de village s’estompe, le Motty reste le lieu qui rythme la vie d’Écublens en accueillant le repas des aînés, la Fête nationale ainsi que les soirées de l’Écho des Campagnes, l’un des derniers chœurs d’hommes vaudois. L’Église tient également à perpétuer les traditions avec sa Fête de l’Abbaye, vieille de plus de 170 ans. «Ce sont trois jours de fête. Il y a un culte en plein air, mais aussi des animations pour les enfants, plusieurs stands de nourriture, une brocante. Tout le monde est là!» s’enthousiasme Vincent Guyaz. «Pour Noël, nous organisons un calendrier de l’Avent avec une crèche animée. Il y a quelques concerts et des habitants ouvrent leurs portes pour offrir de quoi boire et manger.»

Selon lui, les habitants du Motty ont un grand sens de l’accueil. Les Tricoteuzes illustrent bien cet élan de générosité. Depuis trois ans, cette poignée de femmes se réunit chaque mardi pour la bonne cause. «Nous tricotons plusieurs habits, comme des écharpes, des bonnets ou des châles. On en a par exemple donné aux nouveau-nés du CHUV, aux mères célibataires, aux enfants du Tibet ou à l’EVAM», raconte l’une des membres de ce club de tricot. «Dès qu’il y a une bonne cause à servir, on tricote.»

Dans tous les cas, les habitants sont attachés au quartier. «Pour moi, ce quartier restera toujours le cœur d’Écublens. Tant que je serai vivant, les fêtes traditionnelles resteront ici», assure Pierre Jacquenoud, tout comme son ami Michel Masson. «Moi, je tiens au Motty. On y est bien.» Et ce n’est pas Lénine qui dira le contraire: entre 1910 et 1915, le révolutionnaire en exil fit plusieurs courts séjours dans une maison vigneronne du Motty. (24 heures)

Créé: 31.12.2017, 13h53



Vincent Guyaz, pasteur depuis onze ans, dans le jardin de la cure.



Pierre Jacquenoud est le petit-fils du premier buraliste postal d’Écublens.



Munies d’aiguilles et de laine, les Tricoteuzes se réunissent tous les mardis pour la bonne cause.

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