A Lausanne, le sort du Café du Tramway reste incertain

Patrimoine bâtiLa Municipalité avait refusé la démolition de cette pinte emblématique. Le Tribunal cantonal l’a désavouée, mais elle fera recours.

La Municipalité de Lausanne ira jusqu'au Tribunal fédéral pour sauver le Café du Tramway, menacé de démolition.

La Municipalité de Lausanne ira jusqu'au Tribunal fédéral pour sauver le Café du Tramway, menacé de démolition. Image: PATRICK MARTIN

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Le Café du Tramway a beau avoir mis la clef sous la porte l’été passé, la Ville de Lausanne compte bien ne pas le voir disparaître dans les gravats. Ouverte en 1896 au n° 6 de la rue de la Pontaise, la petite pinte est l’une des plus anciennes de la capitale vaudoise. Aujourd’hui, elle voit son destin suspendu à celui d’un ensemble de bâtiments que son propriétaire a bien l’intention de détruire pour ériger un immeuble de 25 appartements.

En juin 2016, la Municipalité avait mis les pieds au mur, refusant le permis de construire en vue de la démolition. Elle vient d’être désavouée par le Tribunal cantonal, saisi par le propriétaire, mais ne prévoit pas encore de rendre les armes: «Nous allons faire recours auprès du Tribunal fédéral», annonce d’ores et déjà le syndic de la Ville, Grégoire Junod.

Bâtiment classé
Pour refuser cette démolition, la Municipalité avait notamment avancé que le projet de nouvel immeuble ne s’intégrait pas dans son environnement et compromettait son aspect et sa qualité. Pour la Ville, l’immeuble qui abrite le Café du Tramway a en outre une valeur patrimoniale notable puisqu’il a reçu la note 4 au recensement architectural du canton de Vaud.

Des arguments balayés par le Tribunal cantonal, qui met en doute l’homogénéité architecturale de l’ensemble et relève que le souci de préserver le patrimoine se heurte à l’intérêt du propriétaire. Selon une expertise citée dans le jugement, impossible en effet de rentabiliser une rénovation ou une transformation des immeubles.

«Nous restons convaincus de la qualité architecturale du café et des bâtiments. Ils sont chargés d’histoire!»

Grégoire Junod n’en démord pas: «Nous restons convaincus de la qualité architecturale du Café et des bâtiments. Ils sont chargés d’histoire!» Auprès de la Cour suprême, la Ville compte mettre en avant l’argument de l’autonomie communale, explique-t-il: «Nous pensons avoir des chances de gagner, car les questions d’esthétique sont précisément des points qui relèvent de cette prérogative, et le Tribunal fédéral y a souvent été sensible.»

Fermé faute d’être suffisamment rentable, comme le relève le jugement du Tribunal cantonal, le Café du Tramway pourrait toutefois rester vide encore un moment. Au-delà de la décision du Tribunal fédéral, son sort reste en effet entre les mains du propriétaire. (24 heures)

Créé: 24.05.2017, 19h00

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