Autopsie des pratiques de ceux qui nous accompagnent dans le deuil

ExpositionLes Pompes funèbres officielles de Lausanne proposent une exposition au Forum de l’Hôtel de Ville.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L’enterrement de Coco Chanel, c’était eux. Tout comme celui de milliers de Lausannois. Les Pompes funèbres officielles de Lausanne (PFO) accompagnent les morts et les vivants depuis 1948. Ces jours, elles sortent de leur base à l’avenue des Figuiers et prennent leurs quartiers à la place de la Palud.

Choisir sans être en situation de deuil

L’exposition «La mort dans tous ses états», à son premier jour d’ouverture, a attiré 150 curieux. Une preuve, pour celle qui dirige ce service depuis trois ans, Chantal Montandon, que la mort intéresse. Pas de façon glauque. Plutôt une curiosité qu’elle aimerait voir se répandre. «Le but de l’exposition est de rendre les pompes funèbres visibles, bien sûr. Mais elle vise aussi à pouvoir nous approcher l’esprit libre, sans être en plein dans un deuil. A pouvoir se renseigner, voir la palette de choses que nous proposons. Tout ça en terrain neutre.»

Premier a priori qui ne résiste pas au-delà de l’entrée de l’exposition: les PFO n’officient pas qu’à Lausanne. Les rapatriements de corps, mais aussi la tenue de services à l’étranger ne sont pas rares. «L’an passé, nous sommes allés cinq jours en Sicile pour accompagner quelqu’un de Pully qui souhaitait être enterré dans son village d’origine.» De la levée du corps au rite final en passant par le choix d’une urne, d’un cercueil, d’une tombe, les Pompes funèbres lausannoises doivent offrir une large palette de prestations.

Dispositif sobre

Au Forum de l’Hôtel de Ville, le visiteur découvre toutes les facettes du métier et ses évolutions. Les PFO ont choisi un dispositif sobre, sérieux. Pas question de basculer dans l’humour ou dans le choc. «Nous sommes une prestation de la Ville», rappelle Michel Gandillon, porte-parole du Service de protection et sauvetage de la Ville.

Mais les PFO ne sont pas seuls prestataires de ce domaine si particulier. Huit pompes funèbres principales se partagent le Grand-Lausanne

L’exposition montre les choix et les préférences des gens, aussi variés que dans la vie. Un cercueil ouvert trône aux côtés de mentonnières, qui servent à fermer la bouche du défunt le temps que sa rigidité soit complète. On passe machinalement la main dans le fond du cercueil… dur comme du bois, évidemment. On se sent bête à l’idée d’avoir toujours cru que c’était bien douillet.

95% de crémation

Symbole morbide par excellence, le cercueil disparaît peu à peu des funérailles. Il ne reste que 5% des défunts de Lausanne qui y reposent, 95% des gens optent pour la crémation. Corollaire, les volontés de répandre les cendres dans la nature augmentent. «Il est toujours mieux de voir ça avec nous. Et pour le lac, il y a une urne spéciale, biodégradable, au besoin.»

Un changement des pratiques qui en accompagne d’autres. «Nous avons de plus en plus de monde qui règle tout avant, pour ne pas laisser ce poids à leurs proches.» La facture de base se monte à 3000 fr. «Mais de nombreux frais viennent souvent s’ajouter: l’annonce, la tombe, la collation…»

Beaucoup de rites différents

Les croyances influencent aussi les pratiques des pompes funèbres. «Les religions demandent par exemple des toilettes mortuaires très différentes. Nous nous adaptons.» La tendance est toutefois à moins de pratiquants «mais pas moins de croyants». Elle fait dès lors pencher les cérémonies vers le laïc, le personnalisé.

Chantal Montandon et son équipe de dix personnes guident, ouvrent à tous les possibles. «Je dois très souvent répéter aux gens qu’il n’y a pas d’enterrement ou de façon de faire qui sont normaux. Que c’est à eux de comprendre de quoi ils ont besoin.» Elle aide à trouver une fin même quand ceux qui sont face au deuil ne veulent rien, ont le sentiment d’avoir déjà rompu le lien. (24 heures)

Créé: 07.10.2016, 22h06

La mort en contes

L’exposition du Forum de l’Hôtel de Ville est ouverte au public jusqu’au 15 octobre, du mardi au samedi. Mardi, jeudi et vendredi de 10 h à 18 h, mercredi et samedi de 9 h à 18 h. Des employés des Pompes funèbres seront présents pour répondre aux questions du public. La documentation pour organiser ses dernières volontés est aussi à disposition.

Mardi, la pause de midi sera animée par la thanatologue et conteuse Alix Noble-Burnand: «Je raconterai des contes sur les représentations de la mort dans différentes cultures.» Entre rites et croyances populaire, les visiteurs pourront ainsi voir comment on dit adieu ailleurs. «Il y a du touchant, du macabre, du rigolo.»

Les différentes communautés religieuses de Lausanne ont été sollicitées pour organiser des repas funéraires typiques en marge des contes. Mais elles n’ont pas répondu à l’appel lancé par les Pompes funèbres.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Ignazio Cassis semble avoir une longueur d'avance sur Isabelle Moret et Pierre Maudet dans la course au siège vacant au Conseil fédéral.
(Image: Bénédicte) Plus...