Christophe Rod part cuisiner sur les pistes à Leysin

La ConversionAprès cinq ans à l’Auberge de Lavaux, le chef a eu envie de grand air. Il reprend le Restaurant des Fers, à Leysin.

Christophe et Nadine Rod seront restés cinq ans à La Conversion avant de retrouver leur Chablais.

Christophe et Nadine Rod seront restés cinq ans à La Conversion avant de retrouver leur Chablais. Image: FLORIAN CELLA

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«Cela fait un moment que je dis aux potes avec qui je skie que je tiendrai un restaurant sur les pistes à ma retraite.» Christophe Rod n’a que 50 ans, sa retraite est encore loin, mais il a eu le courage de suivre ses rêves. «Depuis deux ans, on loue un appartement à Leysin avec ma femme Nadine et, en passant devant le Restaurant des Fers, je lui trouvais jolie allure. Alors, quand le syndic de Leysin est venu manger chez nous et nous a dit qu’il était à reprendre, l’idée a germé et ne m’a plus quitté. D’autant que nous avions été approchés pour reprendre l’Auberge de Lavaux.» L’histoire a davantage inquiété Nadine: «Depuis, il a des étoiles dans les yeux. Alors je mets mes lunettes de soleil», sourit-elle avec cette gentillesse qui est la sienne.

Sacré changement de vie pour ce cuisinier jovial et généreux, qui a fait son apprentissage chez Denis Martin avant de parfaire son talent chez Fredy Girardet, puis Gérard Rabaey, excusez du peu. Pendant treize ans, les Rod ont tenu la Roseraie, à Yvorne, ce restaurant un peu excentré dont ils avaient fait une adresse chaleureuse mais parfois oubliée par une clientèle toujours plus urbaine. En 2015, ils font un premier pari en reprenant cette Auberge de Lavaux qu’avait tenue Jacky Vuillet pendant plus de trente ans (et dont il est toujours propriétaire des murs).

«Mais on est toujours Chablaisiens dans l’âme, explique Nadine. Regardez, on écoute toujours Radio Chablais.» Même si les affaires sont bonnes à La Conversion, les Rod ont laissé au bout du lac leurs amis, leurs copains. Quand Michaël Rochat, le cuisinier du Cinq, à Lausanne, leur a dit qu’il reprendrait bien l’Auberge, cela n’est pas tombé dans l’oreille de deux sourds (lire ci-dessous). «Mais on n’avait rien en vue, à l’époque, jusqu’à ce que Les Fers viennent débloquer la situation.»

Les joies de la chasse

Passer d’un restaurant gastronomique coté dans les guides à une table sur les pistes, c’est une nouvelle vie. «On va faire des choses plus simples, forcément, mais ce sera toujours très bon, assure le chef. Bien sûr, il y aura des classiques d’altitude, mais pourquoi ne pas changer les rösti en pommes Darphin, faire des bouchées à la reine, des plats mijotés? On a très envie de faire de la chasse en automne. Tu peux faire la plus belle chasse du monde ici, tu ne pourras jamais rivaliser avec une chasse dégustée dans un chalet de montagne.»

«Ça va me faire bizarre, admet la patronne. Pendant des années, j’ai descendu dix marches depuis mon appartement pour venir travailler. Là, je vais devoir prendre la motoneige.» Oui, le Restaurant des Fers, à 1675 m d’altitude, n’est accessible qu’à skis ou à motoneige en hiver, et ça complique un peu les choses. «Je suis en train d’étudier l’approvisionnement et les plats qu’on pourra faire avec», sourit le colosse. Qui sait déjà que la carte d’été, où le restaurant est plus facile d’accès, et celle d’hiver seront assez différentes. «Ce sera toujours des belles périodes de rush en cuisine, mais sur des périodes plus restreintes.»

Les Rod déménagent aussi leur cave, même s’ils réfléchissent à offrir une belle carte des vins à la montagne, à des prix attractifs. «On ne veut pas faire peur aux habitués qui s’imagineraient qu’on va toujours faire du gastro, explique le cuisinier. Maintenant, si un client nous en demande, on saura toujours le faire.»

La vie devant soi

Entre les fermetures d’entre-saison et celles du soir, les Rod vont avoir des loisirs. «En hiver, quand la télécabine aura fermé à 17 h, on va se retrouver tous les deux un peu déphasés, dit Nadine. Mais on va vite trouver de quoi occuper nos soirées.» Les Rod vont rester à La Conversion jusqu’à mi-mai, avant de reprendre Les Fers le 1er juin. Ils peuvent surtout compter sur toute leur équipe qui a bien l’intention de les suivre à la montagne. Les Rod ont signé à Leysin pour une année… pour le moment.

Créé: 23.01.2020, 16h00

Le partage selon Michaël Rochat

«Le Cinq était une superplace pour démarrer quand on est jeune. Aujourd’hui, j’ai envie de faire autre chose.» Michaël Rochat aura fait dix ans dans ce restaurant perché au cinquième étage de la rue Centrale, à Lausanne, d’abord en compagnie de Théotime Bioret, puis seul depuis que ce dernier a déménagé à la Grappe d’Or.

A 40 ans, donc, Michaël Rochat avait envie de retrouver un truc sympa, un peu plus visible que ce restaurant trop caché. «J’ai surtout envie de retrouver l’âme qu’y avait insufflée Jacky.» Comprenez Vuillet, un ancien de Girardet qui a tenu la belle maison de La Conversion pendant trente ans. L’ancien cuisinier se partageait avec bonheur entre ses fourneaux et la salle, où il venait s’enquérir des envies du client et discuter le bout de gras.

«J’aimerais retrouver ce côté sympa, bonnard, en salle, ouvrir aussi en dehors des heures de repas pour que l’endroit reste convivial et animé. Je suis encore en pleine phase de réflexion mais je sais déjà pas mal de choses.» D’abord sur la carte. «Elle sera courte mais avec plein de suggestions du jour. On va cuisinier ce qu’on reçoit le matin. Et surtout, on va miser sur le partage. C’est chouette d’avoir un filet de boeuf dans son assiette, mais c’est encore plus chouette de voir la pièce entière à partager avec ses convives. J’adore aussi les plats cuisinés, l’échange plutôt que la succession individuelle d’assiettes à table.»

En reprenant l’auberge au 1er juin, le nouveau locataire va d’abord faire des travaux dans la véranda, le bar et sur la terrasse, rajeunir un peu l’endroit et mettre en valeur la vue exceptionnelle depuis le restaurant. Il n’y a pas encore de date exacte pour l’ouverture, mais ce sera «cet été». Quant au Cinq, Michaël Rochat cherche soit un repreneur, soit un cuisinier à mettre aux fourneaux.

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