David Payot défendu par ses collègues

PolitiqueLe syndic de Lausanne, Grégoire Junod, estime que son collègue popiste a usé de sa liberté d'expression.

Le municipal David Payot (à g.) a été soutenu par le syndic, Grégoire Junod.

Le municipal David Payot (à g.) a été soutenu par le syndic, Grégoire Junod. Image: DR

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En déposant une interpellation urgente visant directement les actions d'un municipal, le PLR a mis le feu aux débats du Conseil de Lausanne. Il a même abouti à la demande de suspension temporaire de David Payot, via une résolution. Elle a été refusée.

La question de base touchait à l'implication de l'élu popiste à la Municipalité dans le collectif R, qui défend les migrants. Il avait déclaré lors d'une conférence de presse, le 21 septembre dernier, qu'il était prêt à cacher un clandestin chez lui. Ce, en référence au système de parrainage mis en place par le collectif. Et dans le sillage de perquisitions effectuées aux domiciles d'autres parrains du collectif.

Le PLR avait, lundi, déposé un texte qui demandait en substance de déterminer si David Payot était hors la loi ou non.

Pour répondre au PLR, emmené par Xavier De Haller, c'est le syndic, Grégoire Junod, qui a pris la parole. Le principal intéressé est lui resté presque muet. Le syndic socialiste a déclaré que son collègue n'avait commis «aucune infraction pénale». Rejetant ainsi le qualificatif de hors la loi.

Il a insité: c'est sa liberté d'expression que David Payot a utilisée pour émettre les propos tenus dans le cadre de son soutien au collectif R. En aucun cas, la collégialité qui incombe à la Municipalité de Lausanne n'a par ailleurs été rompue, a déclaré le patron du collège municipal.

Un des angles d'attaque du PLR a été l'appel à la désobéissance supposément émis par David Payot. Il a été défendu par des membres de la gauche, notamment Pierre Conscience, élu de SolidaritéS et membre du collectif R. Celui-ci a martelé que la désobéissance civile était «un devoir moral», imposé par «la machine à broyer des vies» qu'est devenu à son sens la politique de renvoi, «puisqu'il n'y a plus de politique d'asile en Suisse».

Des arguments qui n'ont pas convaincu Xavier De Haller, tout comme la grande majorité de la droite. Pour lui, «la question n'est pas de savoir si on doit faire preuve d'humanité mais quand». Le statut de membre d'un exécutif de David Payot n'est à son sens pas compatible avec le fait de dire si «la loi est juste mais il doit l'appliquer».

Le PDC Manuel Donzé, lui aussi parrain pour le collectif R, estime de son côté que «certains n'accepteront jamais l'élection de David Payot. Or il est légitime et il faut cesser de lui faire un procès en légitimité.»

Le procès, s'il a eu lieu par moments durant ce long débat, a penché en faveur de l'élu popiste, qui s'est vu affirmer le soutien de la gauche lorsque le Conseil communal s'est prononcé sur son éventuelle suspension de sa fonction. En la rejetant. (24 heures)

Créé: 05.10.2016, 06h44

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